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Tout travail est-il forcé ?

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- L’homme ne désire pas travailler, il est obligé de travailler pour satisfaire ces besoins vitaux. Le travail représente un « asservissement à la nécessité » : l’homme est dépourvu de tout à l’état naturel et doit produire ses conditions d’existence, trouver les moyens de ses nourrir, de se protéger, etc. Il est donc soumis à des impératifs biologiques auxquels il ne peut se soustraire, et qui se transforme en nécessité sociale, tout aussi asservissante et nécessaire.

- Etymologiquement, travailler vient de « tripaliare », torturer : le travail est donc une tâche douloureuse, qui n’est pas spontanée mais imposée.

- Le travail est une contrainte, il est souvent pénible, demande des efforts, à l’inverse d’un désir vers lequel on va spontanément et d’où on attend du plaisir. Le travail est l’inverse du divertissement, du loisir. Plus l’homme doit travailler, moins il a de temps à consacrer à ces loisirs, et c’est pourquoi il n’aime pas le travail qui l’empêche d’être libre de faire ce qu’il veut.

« Introduction : « Je ne veux pas travailler », chantait Edith Piaf.

C es paroles populaires semblent refléter l'esprit de tous, car le travail est généralement perçu comme une activité contraignante.

Le travail est pénible, il nécessite un effort, et apparaît comme une obligation liée à la nécessité de satisfaire ses besoins.

Tout travail est-il donc forcé ? Le travail ne peut-il être une activité spontanée, désirée par les hommes qui s'y livrent ? En effet, contrairement au reste des êtres vivants, seuls les hommes travaillent, c'est-à-dire choisissent de transformer la nature pour produire une multitude de biens destinés à améliorer leur condition de vie.

Le travail est-il forcé, ou est-il naturel aux humains ? 1ère partie : Le travail est forcé car il est un besoin. - L'homme ne désire pas travailler, il est obligé de travailler pour satisfaire ces besoins vitaux.

Le travail représente un « asservissement à la nécessité » : l'homme est dépourvu de tout à l'état naturel et doit produire ses conditions d'existence, trouver les moyens de ses nourrir, de se protéger, etc.

Il est donc soumis à des impératifs biologiques auxquels il ne peut se soustraire, et qui se transforme en nécessité sociale, tout aussi asservissante et nécessaire. - Etymologiquement, travailler vient de « tripaliare », torturer : le travail est donc une tâche douloureuse, qui n'est pas spontanée mais imposée. - Le travail est une contrainte, il est souvent pénible, demande des efforts, à l'inverse d'un désir vers lequel on va spontanément et d'où on attend du plaisir. Le travail est l'inverse du divertissement, du loisir.

Plus l'homme doit travailler, moins il a de temps à consacrer à ces loisirs, et c'est pourquoi il n'aime pas le travail qui l'empêche d'être libre de faire ce qu'il veut. 2ème partie : Le travail est consenti car il procure des biens aux hommes. - Si les hommes travaillent, c'est parce qu'ils désirent vivre au-dessus de la condition animale.

Ils ne souhaitent pas seulement survivre et perpétuer l'espèce comme les animaux, qui ne travaillent pas mais satisfont seulement leurs besoins vitaux.

Les êtres humains désirent repousser les limites de leur condition naturelle, et pour cela ils travaillent à transformer la nature, à faire évoluer leurs conditions de vie, en innovant toujours, en créant des outils, en fabriquant des objets qui vont améliorer leur existence.

On travaille donc en vue d'un bien supérieur.

En ce sens, on peut admette que les hommes désirent travailler, car ils désirent ce que le travail va leur procurer : des richesses, du bonheur. - Non seulement le travail est désiré pour le confort matériel qu'il apporte, mais encore pour le statut social qu'il offre aux hommes.

En effet, le travail est le fondement de la société, car c'est parce que chacun a une fonction spécifique qui apporte quelque chose à l'ensemble de la communauté (c'est la division du travail, décrit par Platon dans La République) qu'il y a une cité possible.

Le travail crée donc du lien social. - Le travail apporte alors une reconnaissance à l'individu, qui acquiert un statut, et qui est considéré dans la société selon sa fonction.

Le travail plus généralement valorise l'être humain qui peut être fier de pouvoir créer, de pouvoir mettre sa force et son intelligence au service d'une œuvre pour sa propre utilité comme pour l'utilité commune. - Selon Karl Marx le travail résulte d'une représentation « idéale » que l'homme se fait, et qui le conduit à se mettre à l'œuvre.

Le travail est une finalité humaine.

L'homme qui travaille se représente ses fins de manière consciente et réfléchie.

S'il agit sur la nature, c'est de façon délibérée, en soumettant son libre vouloir à un dessein déterminé par lui.

Le travail témoigne donc de l'activité intellectuelle et consciente de l'homme, qui réfléchit à son action.

Pour Karl Marx, une vie sans travail n'est plus humaine, et l'homme ne peut donc s'abstenir de travailler.

Il explique que la vie hors travail serait aliénée, car elle ne serait plus que temps de repos, temps pendant lequel le travailleur que chaque homme est en puissance reproduit sa force de travail, mais qu'il n'utiliserait jamais.

L'homme serait alors dans un rapport d'inutilité vis-à-vis de lui-même et des autres, qui serait proprement destructeur.

Réduit à ne s'occuper plus qu'à ses fonctions vitales (manger, boire, procréer), il n'affirmerait plus son humanité et ses activités primaires, devenues la fin ultime de l'homme, n'auraient qu'une valeur bestiale.

Par conséquent, l'homme par nature désire travailler, pour se soustraire à une condition animale. 3ème partie : Le travail peut être désiré spontanément car l'être humain se construit par le travail. - Le travail n'est pas qu'une tâche pénible et servile, il est aussi formateur pour l'être humain.

Le travail éduque l'homme, dans la mesure où il lui apprend à discipliner ses penchants et à vaincre ses passions.

L'être humain n'est pas entièrement formé dès sa naissance comme le son les animaux, il a besoin d'éducation, et il fait son apprentissage en travaillant.

Le travail scolaire par exemple est une étape indispensable pour développer nos capacité intellectuelles et nos qualités rationnelles. - Dans le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes , Rousseau souligne le dénuement originel de l'homme, et insiste sur la capacité essentielle de l'homme à se perfectionner.

C ette « perfectibilité » ne se développe que dans l'œuvre des hommes, dans leur travail, leurs efforts à transformer le monde, à le construire, à exploiter la nature à leur profit.

L'action pratique de l'homme apparaît ainsi comme essentielle à l‘homme, qui doit travailler pour réaliser sa nature même d'être humain. • Le travail est l'activité par laquelle l'homme transforme la nature pour la plier à ses besoins.

La technique est l'ensemble des moyens qu'il met en oeuvre pour cela.

D'un côté, l'homme invente des outils pour mieux exploiter les ressources naturelles, de l'autre, ces outils deviennent eux-mêmes l'objet d'un travail.

Ce cycle voue l'homme à transformer indéfiniment la nature. • On peut y voir un cercle vertueux permettant à l'homme de progresser, non seulement matériellement, mais aussi moralement.

C'est le cas par exemple de Kant, pour qui le travail ne doit pas être vu comme une malédiction (A dam chassé du Paradis et voué à «manger son pain à la sueur de son front»), mais, d'une part, comme un moyen pour l'homme de ne pas s'ennuyer, et d'autre part, comme une ruse de la nature qui pousse l'homme à développer ses facultés. - Par sa nature perfectible l'homme a besoin de transformer les choses, de progresser, et ne se réalise dans l'action.

L'homme est un être d'action, pour A ristote.

L'éthique aristotélicienne nous enseigne en effet que toute action de l'homme vise un bien, et que l'homme, qui recherche naturellement le bien est par conséquent porté à l'action.

L'homme par excellence pour Aristote n'est pas le stoïcien qui adopterait l'attitude du « sage cosmopolite », c'est-à-dire conforme à la nature, ne cherchant pas agir sur elle mais s'y soumettant paresseusement sans bouger.

A u contraire, l'homme ne se découvre bon, ne se réalise pleinement que dans sa capacité à faire un bon usage de la nature, à travailler pour le bien, en agissant en vue du bien pour toutes choses.

Le travail pensé comme l'action spécifiquement humaine est donc essentiel à l'homme car il qui lui permet de s'accomplir pleinement et d'atteindre au bien.

L'homme peut donc désirer travailler, car il désire sa pleine réalisation. - Le travail est une activité consciente, car volontaire et décidée par l'homme.

L'homme n'obéit pas à un déterminisme, il s'affirme donc dans le travail, et témoigne de sa volonté délibérée à agir, de son désir de travailler.

Hegel, dans Phénoménologie de l'esprit, montre que le travail libère l'esclave, qu'il est formateur, qu'il correspond à une extériorisation du pour-soi, de la conscience, dans les choses.

L'homme désire travailler car il désire se dépasser.

Par le travail, l'homme tend vers un désir de dépassement et de réalisation. Conclusion : Le travail est une contrainte mais cela ne signifie pas pour autant qu'il soit forcé.

Le travail est librement consenti par les hommes car il est un moyen qui leur permet d'accéder à une multitude de biens, il leur permet donc de vivre et in fine, d'améliorer le confort de leur vie.

Le travail est un besoin humain car l'homme ne peut se satisfaire de ce qui lui est donné, et il a une tendance à transformer la nature, à créer et à inventer pour améliorer ses conditions d'existence.

En outre, l'homme ne se réalise pleinement que dans le travail, qui développe ses capacités intellectuelles et son épanouissement au sein de la société.

L'homme n'est donc pas forcé de travailler comme un esclave, car en tant que maître de son travail, il se valorise par son travail et s'affirme comme proprement humain.. »

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