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Tout ordre institué est-il une violence ?

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De plus, à partir d'une conception de l'état premier de l'humanité radicalement opposée, c'est-à-dire de premiers hommes paisibles et non-violents, nous arrivons à la même conclusion de la nécessité d'un ordre institué : Rousseau se figure quant à lui que ce n'est qu'avec l'apparition de la propriété qu'il a été nécessaire de conclure un pacte social. Ce n'est que lorsque les hommes ne purent s'empêcher de dire « ceci est à moi » qu'il a fallu réguler les tensions en présence. A l'échelle individuelle, on peut remarquer que tout homme est marqué dès son enfance par l'autorité et les préjugés de ceux qui l'élèvent (voir les premières lignes du Discours de la Méthode). Descartes entreprend ainsi de procéder à la critique radicale de ce qui lui a été appris. Par là, il conquiert une réelle autonomie de pensée, laquelle n'a pu se mettre en place qu'en réaction contre les arguments non fondés qui l'ont pourtant aidé un temps à diriger sa conduite. Ainsi l'ordre institué ne constitue-t-il une violence que lorsqu'il est décidé de réagir contre lui : nombre d'hommes n'entreprennent pas sa remise en cause.   L'ordre institué ne constitue une violence que pour les faibles L'ordre institué ne constitue une violence que pour qui veut bien lui laisser prise. Ainsi les Gnostiques n'eurent-ils de cesse de renier cet ordre en vivant selon les règles de leur communauté, à l'encontre du christianisme émergeant. La raison principale de leur refus des règles communes étant une vision que nous qualifierons aujourd'hui de pessimiste : l'homme et la création en général ne sont que des copies ratées d'un original, dont il est possible d'avoir des visions par des danses conduisant à l'extase. Si les Gnostiques vont par delà les tabous et conduites traditionnels, c'est par le peu de considération qu'ils ont pour des règles nécessairement vaines, ne faisant aucun sens dans cette création ratée.

La violence est l'instrument de l'ordre. tant que l'ordre n'est pas troublé, la violence demeure dissimulé. Dès qu'il l'est, elle devient un moyen efficace pour faire cesser les désordres.

MAIS...

Dès lors que l'homme suit sa raison morale, il peut comprendre que l'ordre institué n'implique pas nécessairement la menace. Mon intérêt étant aussi celui de tous, c'est sans contrainte que je désire l'ordre.

« L'homme vivant en société se voit imposer un certain nombres de règles, qu'il s'agisse de celles du droit, ou celles plus implicites de la communauté.

Cet ordre peut être dit « institué » dans la mesure où il apparaît que nous avons très peu de prise directe à l'établissement de telle règles. Pourtant, il existe un certain nombre de pouvoirs qui reflètent la volonté des citoyens à la mise en place de cet ordre.

Dès lors, de quelle violence parle-t-on ? Est-ce une contrainte absolue, presque tyrannique, voulue par un petit nombre, ou une violence « molle » que seuls certains êtres entrevoient comme une pression ? Les enjeux relèvent principalement du politique, dans la mesure où évoquant « ordre institué » on se réfère aux instituions et règles en présence, mais aussi à une échelle individuelle, puisque cette « violence » trouve son existence dans la manière dont elle est perçue et assimilée. De sa nécessaire remise en cause C'est précisément lorsque l'ordre institué se veut le plus naturel qu'il apparaît le plus violent.

Que l'on pense à la Cité idéale imaginée par Platon dans La République : en reprenant le mythe des trois ordres, Platon fonde en fait une Cité qui ne permet pas aux individus de dépasser leur condition.

Il ne revient qu'aux philosophes-rois de gouverner, excluant par là tous ceux qui la peuplent et la font vivre.

Si Platon a choisi de construire une Cité à l'image d'une âme bien gouvernée, c'est une autorité extérieure qui conduit la monture, et non chaque citoyen qui pourrait être engagé dans ce processus.

Ainsi l'ordre établi ne peut qu'appeler à sa critique. On retrouve dans la critique marxiste de la société capitaliste ce souci de critique de l'ordre institué, laquelle appelle à sa destruction.

Car la société capitaliste ne considère plus le travailleur comme un individu mais comme une simple force de travail, qui ne vaut que par le profit qu'il peut faire engendrer aux patrons.

L'ordre institué constitue une violence dès lors qu'il vise à écraser une strate d'individus par une autre strate, dès lors que le souci de l'homme n'est plus au centre de son fonctionnement. De la nécessité de l'ordre institué Il nous faut remonter à la genèse de la constitution de l'ordre ainsi qu'il est institué.

S'il est violence, n'a-t-il pas remplacé un autre état de violence bien plus féroce ? Hobbes, dans son Léviathan décrit un hypothétique état de nature au sein duquel « l'homme est un loup pour l'homme ».

Ce dernier se trouve dans un constant état d'insécurité, où il craint pour sa vie.

Afin de se protéger, c'est à l'Etat, au Léviathan, qu'est revenue la tâche de veiller à la conservation de tous.

L'ordre institué constitue une moindre violence, consentie par les citoyens. De plus, à partir d'une conception de l'état premier de l'humanité radicalement opposée, c'est-à-dire de premiers hommes paisibles et non-violents, nous arrivons à la même conclusion de la nécessité d'un ordre institué : Rousseau se figure quant à lui que ce n'est qu'avec l'apparition de la propriété qu'il a été nécessaire de conclure un pacte social.

Ce n'est que lorsque les hommes ne purent s'empêcher de dire « ceci est à moi » qu'il a fallu réguler les tensions en présence. A l'échelle individuelle, on peut remarquer que tout homme est marqué dès son enfance par l'autorité et les préjugés de ceux qui l'élèvent (voir les premières lignes du Discours de la Méthode).

Descartes entreprend ainsi de procéder à la critique radicale de ce qui lui a été appris.

Par là, il conquiert une réelle autonomie de pensée, laquelle n'a pu se mettre en place qu'en réaction contre les arguments non fondés qui l'ont pourtant aidé un temps à diriger sa conduite.

Ainsi l'ordre institué ne constitue-t-il une violence que lorsqu'il est décidé de réagir contre lui : nombre d'hommes n'entreprennent pas sa remise en cause. L'ordre institué ne constitue une violence que pour les faibles L'ordre institué ne constitue une violence que pour qui veut bien lui laisser prise.

Ainsi les Gnostiques n'eurent-ils de cesse de renier cet ordre en vivant selon les règles de leur communauté, à l'encontre du christianisme émergeant. La raison principale de leur refus des règles communes étant une vision que nous qualifierons aujourd'hui de pessimiste : l'homme et la création en général ne sont que des copies ratées d'un original, dont il est possible d'avoir des visions par des danses conduisant à l'extase.

Si les Gnostiques vont par delà les tabous et conduites traditionnels, c'est par le peu de considération qu'ils ont pour des règles nécessairement vaines, ne faisant aucun sens dans cette création ratée. On peut voir dans la lecture nietzschéenne une autre possibilité de passer outre l'ordre établi : ce dernier n'a été érigé que par des esclaves afin de garantir leur survie, les forts n'y voyant qu'une vaste farce, qui ne leurs fait pas violence puisque leur volonté de puissance leur permet de le dépasser.

Ce qui constitue bien plus une violence, ce sont les cris des faibles outragés dès lors qu'une limite, qu'elle soit morale, culturelle, etc.

est dépassée.

On voit dans cet ordre de repères une volonté de ne pas affirmer son identité propre, mais de se conformer aux lois du troupeau. En conclusion, il est utile de rappeler la genèse de l'institution de l'ordre : il apparut nécessaire dès lors que les hommes ne purent vivre en communauté sans exercer une violence les uns sur les autres.

Ce que nous « subissons » est donc un « moindre mal » face à la violence diffuse des rapports naturels. De plus, cette violence n'en devient vraiment une que lorsque l'individu trouve dans le seule mouvement de résistance –et non dans une affirmation pleine de soi – une raison de se sentir exister.

Ce qui nous revient au final est une légitime et nécessaire observance de ceux qui exercent le pouvoir qu'on leur a confié afin de nous préserver.. »

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