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Suis-je vraiment ce que j'ai conscience d'être ?

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Ma subjectivité n'est-elle pas un obstacle à une connaissance objective de moi-même ? Quand je prétends me connaître, ne suis-je pas, au fond, de mauvaise foi ? Et s'il m'arrive de reconnaître en moi tel ou tel défaut, n'est-ce pas par complaisance ou pour le nier par cet acte même de sincérité ?

I.                   Je ne suis que ce que j’ai conscience d’être : une substance pensante. La conscience de soi est uniquement connaissance de mon essence

II.                Je ne peux avoir une conscience de tout ce que  je suis : mon individualité m’échappe dans la conscience que j’ai de moi

III.             Je suis autre que ce que j’ai conscience d’être

« Analyse du sujet · Le mot « conscience » vient du latin cum scientia qui signifie « accompagné de savoir ».

Être conscient, c'est en effet agir, sentir ou penser et savoir qu'on agit, qu'on sent et qu'on pense.

Le fait d'être conscient constitue donc pour l'homme un événement décisif qui l'installe au monde et lui commande d'y prendre position.

Car l'homme, dans la mesure où il est conscient, n'est plus simplement dans le monde, chose parmi les choses, vivant parmi les vivants.

Il est au contraire devant le monde et, dans ce vis-à-vis, le monde se constitue pour lui comme monde à connaître, à comprendre, à juger ou à transformer.

Le monde est ainsi mis à distance et tout l'effort de penser ou d'agir naît de cette expérience originelle de la séparation de l'homme et du monde, instaurée par la conscience. Mais ce n'est pas seulement du monde que l'homme se trouve ainsi exilé.

La proximité de l'homme à luimême est tout aussi problématique.

Car, d'une part, la conscience qu'il a de lui-même à travers ses actes, sentiments ou pensées, ne lui en livre pour autant pas nécessairement l'intelligibilité.

D'autre part, l'expérience du remords, du regret ou de la souffrance en général met à jour les contradictions qui l'habitent, dont la moindre n'est pas d'avoir à admettre comme siens des actes, sentiments, ou pensées sans pourtant s'y reconnaître. Si la conscience est ce grâce à quoi je me connais, ou je crois me connaître moi-même, mais également mes idées, mes actes, mes sentiments, il se pose alors le problème de la coïncidence entre mon être et l'image que j'en ai dans ma conscience.

Il ne s'agit pas tant de savoir si je peux me connaître que de savoir si la représentation que je me fais de moi-même par la conscience est adéquate à ma propre essence. · · Problématique Y a-t-il conformité entre ce que j'ai conscience d'être et ce que je suis réellement ? C'est donc la question de la connaissance de ma propre essence qui est ici en jeu. Est-ce que la conscience me permet d'accéder à une connaissance authentique de mon être ? Plan détaillé I. Je ne suis que ce que j'ai conscience d'être : une substance pensante.

La conscience de soi est uniquement connaissance de mon essence Descartes recherche une vérité absolue, et ce qui résiste au doute hyperbolique qu'il a mené dans la première méditation, c'est la conscience de soi, dans laquelle m'est révélée, avec la certitude absolue que confère l'évidence, mon existence.

« Je suis, j'existe » est la première certitude absolue que je peux atteindre.

De sorte que j'ai conscience que je suis. A partir de cette conscience de soi, je puis savoir ce que je suis.

La conscience est en fait condition d'une connaissance.

De la première certitude, se déduit une seconde vérité, la connaissance de ma nature.

En effet, ma nature n'est pas autre chose que pure pensée et pure intelligence, exclusive de tout élément corporel.

La conscience que le sujet prend de lui-même, de sa nature est une aperception immédiate de ce qui est en lui, et ne se distingue donc pas de l'acte de penser.

Je suis une chose qui pense. Deuxièmement, puisqu'en effet j'ai acquis la certitude que je suis, alors que je doute encore de l'existence de mon propre corps, le malin génie agissant toujours par ailleurs, c'est qu'il n'est nullement nécessairement à mon essence, c'est-à-dire que mon essence ne tient pas dans une nature corporelle, au contraire, je ne suis qu'une chose qui pense. Il suit alors que le sujet connu dans le cogito, dans la conscience de soi, n'est pas un moi empirique, qui engage l'existence d'un corps, mais un sujet transcendantal, un sujet de raison, qui n'a pas d'autre contenu que ceci qu'il parle.

Le moi que la conscience me permet d'atteindre n'est pas un moi individuel, personnel, concret mais un moi pur. Ce que j'ai conscience d'être est ce que je suis, je m'aperçois simplement comme nature intellectuelle, c'est-à-dire comme raison ou pensée, à part tous les accidents que l'on a l'habitude de reconnaître à un sujet. Il suit que ce que je suis ne me différencie nullement de tout autre homme, mais au contraire, je découvre dans la conscience ce que j'ai de commun avec tout autre homme. Par conséquent, je suis ce que tout autre homme a conscience d'être. Si maintenant par être, on n'entend, non plus l'essence, mais tout ce qui me constitue, il faut dire que je ne puis avoir conscience de tout ce que je suis. En effet, la véracité divine me garantit que mon invincible inclination à croire que j'ai un corps n'est pas. »

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