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Suis-je ce que j'ai conscience d'être ?

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La conscience est la connaissance qu'à l'homme de ses  pensées, de ses sentiments, de ses actes. Quiconque dit « je »  affirme et présuppose en même temps l'unité de sa pensé et  l'identité de sa personne. Le « Je » qui pense est un sujet  conscient d'exister. Mais le problème réside essentiellement  dans le fait de savoir si tout ce que je suis « pour de vrai »  correspond véritablement à l'image que j'ai de ma  personne. En d'autre termes, la conscience que j'ai  d'être ce que je suis, constitue-t-elle une vraie connaissance  de moi-même ? Spontanément, l'homme répondrait affirmativement  à cette question, car spontanément, nous avons l'impression de  savoir ce qu'on l'ont est, mais avec réflexion, nous  verrons qu'il existe une conscience réfléchie (ou  philosophique) de soi. Par la suite, nous verrons que la conscience  est en fait, source d'illusions.     

« Demande d'échange de corrigé de Bé Amélie ([email protected]). Sujet déposé : Suis-je ce que j'ai conscience d'être ? La conscience est la connaissance qu'à l'homme de ses pensées, de ses sentiments, de ses actes.

Quiconque dit « je » affirme et présuppose en même temps l'unité de sa pensé et l'identité de sa personne.

Le « Je » qui pense est un sujet conscient d'exister.

Mais le problème réside essentiellement dans le fait de savoir si tout ce que je suis « pour de vrai » correspond véritablement à l'image que j'ai de ma personne.

En d'autre termes, la conscience que j'ai d'être ce que je suis, constitue-t-elle une vraie connaissance de moi-même ? Spontanément, l'homme répondrait affirmativement à cette question, car spontanément, nous avons l'impression de savoir ce qu'on l'ont est, mais avec réflexion, nous verrons qu'il existe une conscience réfléchie (ou philosophique) de soi.

Par la suite, nous verrons que la conscience est en fait, source d'illusions. On distingue donc deux sortes de consciences : la conscience immédiate ou spontanée (qui renvoie à la simple présence de l'homme à lui même) et la conscience seconde ou réfléchie.

La conscience seconde ou réfléchie est la capacité de faire retour sur ses pensées, de les analyser, de les juger.

La conscience spontanée que j'ai de moimême par exemple, est celle de savoir que je possède des mains, un visage, des bras; bref, un corps qui est mien. On peut comparer l'homme à un animal pour authentifier cette certitude.

Quand un homme se regarde dans un miroir, il se voit, se reconnaît… il a conscience que c'est lui, qu'il existe, qu'il est présent, alors qu'un animal ne se reconnaît pas.

L'animal n'a pas cette conscience spontanée d'exister.

La conscience est donc toujours la conscience de soi.

Elle fait de l'homme un sujet capable de penser.

La conscience réfléchie, elle, permet d'établir comme un effet de miroir qui donne à l'homme la permission de quitter sa spontanéité animal (manger pour vivre) et de se prendre pour un objet.

Comme le dit Pascal « l'Homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais un roseau pensant ».

C'est donc en la conscience réfléchie que prennent racine les sentiments suivants : l'existence et la mort.

De fait, la conscience apparaît comme étant la condition nécessaire à toute recherche de sens et de vérité.

En effet, pour Descartes la première apparition de la vérité est celle du « cogito » (« je pense donc je suis »).

Il entame donc un travail, qui consiste à remettre en doute (volontairement) toutes idées reçues. C'est ainsi qu'il va remettre en doute toute son éducation.

Il met tous les savoirs, mis à sa disposition, à l'épreuve. Comme celui du fait d'exister.

Descartes prend pour exemple le rêve.

Quand on rêve, on est dans un autre monde, on est éveillé, habillé, en train de faire quelque chose alors qu'en réalité on est dans son lit en train de dormir. Qu'est-ce qui certifie à l'homme qu'il n'est pas en train rêver tout le temps ? C'est en substance ce que dit Descartes, car en effet, rien ne permet à l'homme de montrer qu'il n'est pas éveillé.

La seule et unique certitude qui résiste au travail de Descartes est celle du « cogito ergo sum ».

Le cogito est l'expérience de la pensée.

On ne peut pas la remettre en doute.

Le remettre en doute reviendrait à la confirmer, car quand je doute, je pense. Cette certitude fait connaître que j'existe, qui je suis… et selon Descartes « je » suis une chose pensante, une âme séparée du corps.

Malgré tout, cette certitude affirme la transparence du sujet.

Or une telle transparence peut-être contestée.

En effet, cette conscience philosophique de soi que Descartes met en avant ne peut-elle pas aussi être source d'illusions ? D'après Spinoza, on est conscient de nos désirs, l'homme sait pertinemment ce qu'il veut mais il ne sait pas l'expliquer.

Pour Spinoza on a simplement conscience de nos faits et gestes mais on en ignore les causes.

La conscience est donc une connaissance incomplète qui nous laisse dans l'ignorance.

Elle serait de fait, productrice d'illusions, et notamment d'illusions de la liberté.

On a l'impression d'être libre de nos actes, mais en fait on ne serait qu'un pion pour notre patron, l'état, etc...

qui peut faire presque ce qu'il veut de nous.

On peut prendre le même exemple avec une pomme et la loi de la gravité de Newton… Admettons, que la pomme soit consciente, et qu'elle tombe de l'arbre, elle va penser que c'est elle qui a voulu tomber alors qu'en fait elle est simplement soumise aux lois de la gravité.

Cet exemple montre que quand on ne connaît pas les causes d'un phénomène, la conscience donne l'illusion d'être la cause dudit phénomène.

De même que Nietzsche rejoint Spinoza en disant que la voix de la conscience est l'expression de sentiment mais que cela n'est en aucun cas moral.

Il reconnaît donc l'existence d'un inconscient.

Et c'est là qu'intervient Freud.

En effet, par le biais de l'inconscient Freud ruine encore plus radicalement l'idée d'une transparence du sujet lui-même. L'inconscient, selon Freud, obéit à des lois de fonctionnement qui lui sont propres (comme l'exemple de la pomme). L'inconscient serait une partie inconnue à l'homme, qu'il ne contrôle pas… Comme quand il désir quelque chose, un désir profond mais refoulé, s'il refoule ce désir, il va essayer de le refouler par le biais d'autres actions, ce qui le laisse croire une fois de plus, qu'il est libre de ses actes… En clair, l'inconscient serait comme une réalité physique qui possède des lois différentes de celles de la réalité consciente, et propres à chaque individu. Pour l'inconscient, l'idée que la pomme ait elle-même décider de tomber de la branche est tout a fait acceptable. L'inconscient serait donc alors le responsable des illusions de la conscience.

Il serait comme une force qui gouverne l'individu, la partie instinctive de l'homme.

En conclusion, la conscience serait en quelque sorte, une méconnaissance de soi car elle n'est que partielle et parfois même erronée.

L'individu serait victime d'une puissance trompeuse.

Du coup, cela contredit la thèse de Descartes qui avance que la conscience est source de vérité.

En effet, si la conscience n'est en fait qu'illusion, cela compromet l'idée selon laquelle la conscience est la recherche de toute vérité, et de fait, il n'y aurait pas de prétention au savoir.

Je ne suis donc pas vraiment ce que j'ai conscience d'être, (bien que si on ne parle de que la conscience spontanée l'individu a conscience de ce qu'il est : un Homme) mais je peux le reconnaître. Sujet désiré en échange : La science rend-elle la philosophie inutile ?. »

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