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Sens et valeur de la question « pourquoi ?

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Peut-on éluder, au niveau moral, la question « Pourquoi ? » au sens de la recherche des fins ? Ce sens est-il différent de celui de la recherche des intentions ? ? Au niveau « philosophique » voire « métaphysique ». Peut-on et doit-on s'interroger sur sens et valeur de la question pourquoi ? Ainsi la question « pourquoi y a-t-il du pourquoi pour l'homme ? » ne donnerait-elle pas sens et valeur particuliers à la question (et à la réponse) envisagée ? Par exemple : L'homme n'aurait pas besoin de comprendre la réalité ou ? autrement dit ? la réalité ne serait pas pour lui, en plus, question, si l'homme n'était pas une réalité particulière à l'intérieur de la réalité du monde. Il apparaît ainsi qu'il ne suffit pas de se poser des questions sur le monde mais qu'on doit s'interroger sur l'interrogation elle-même : ce qui peut faire question, en dernière analyse, c'est le fait même qu'il y ait des questions. Ce qui est remarquable ? entre autres ? c'est que l'homme non seulement se trouve confronté à la réalité mais ? plus encore -? qu'il y arrive toujours par « le possible ».

« Sens et valeur de la question « pourquoi ? » THÈMES DE RÉFLEXION • Au niveau de l'investigation scientifique. La mise en cause totale du sens et de la valeur de la question « pourquoi » a été développée en premier par Auguste Comte.

Pour lui, schématiquement, la recherche des lois (expression du « comment ? » des phénomènes doit se substituer entièrement à la recherche des causes (c'est-à-dire à l'expression du « pourquoi ? »). — Si « Pourquoi ? » signifie « pour quoi ? » c'est-à-dire est recherche de fin(s), de « causes finales », on doit admettre qu'elle n'a aucune valeur dans les sciences physico-chimiques.

Peut-elle en avoir une dans les sciences biologiques et, si oui, le chercheur peut-il l'introduire comme fil directeur de sa recherche ? — Si « Pourquoi ? » signifie à « cause de quoi ? » Cela peut avoir le sens de la recherche de « cause » au sens d'antécédent constant.

Par exemple l'expérience commune peut nous enseigner que la chaleur « cause » la dilatation des métaux et nous apporter une connaissance pratique.

Mais sommes-nous alors au niveau d'une connaissance scientifique ? La question à « cause de quoi » peut avoir aussi le sens non pas de la « cause » qui est pratiquement connue, mais du mécanisme causal.

Ainsi le chercheur peut s'interroger pour savoir pourquoi la chaleur dilate le métal.

Il est alors amené à tenter d'appréhender la nature de la chaleur et de la transformation du métal pour en comprendre l'identité cachée.

Sommes-nous là au niveau d'une interrogation proprement scientifique et la question « pourquoi ? » auraitelle — en un certain sens — une valeur pour elle ? Auguste Comte considérant que l'idée de cause est parasitée de considérations métaphysiques et subjectives se refusait entièrement à questionner le réel sous la forme de l'interrogation du « pourquoi ? » et substituait — comme on l'a vu — à la recherche de la cause, la loi (concept répondant exclusivement à la question « comment ? »). Toutefois n'y aurait-il pas difficulté à tenir cette position ? On comprend difficilement comment en l'absence de toute référence à une connaissance causale l'homme pourrait agir sur la nature et la maîtriser : il faut bien que l'expérimentateur sache quel est celui des paramètres de la loi qui a valeur de cause pour intervenir et agir afin de produire l'effet envisagé.

Ne vaut-il pas mieux alors rendre explicite (et se référer à l'idée de cause) si effectivement et implicitement l'idée de cause est à l'oeuvre dans tel ou tel moment de la démarche scientifique ? D'autre part le mouvement de la science, dans sa réalité, ne dépasse-t-il pas le simple enregistrement du « comment » ? Les sciences ne cherchent-elles pas à « expliquer », à établir des réseaux de relations à tel ou tel niveau d'approfondissement ? Ne cherchent-elles pas — par la construction inlassable de nouvelles « théories » — à une intelligibilité de plus en plus vaste en « compréhension » et en « extension »? En ce cas, ne pourrait-on dire — en un sens qu'il faudrait préciser davantage — que la question « pourquoi » a sens et valeur pour le scientifique ? • Au niveau « moral ». Le sens et la valeur du « pourquoi » peut être ceux de la recherche des moyens et des déterminations du comportement des hommes.

Ce sens et cette valeur sont-elles différentes des sens retenus au niveau scientifique ? Si oui, en quoi ? Peut-on éluder, au niveau moral, la question « Pourquoi ? » au sens de la recherche des fins ? Ce sens est-il différent de celui de la recherche des intentions ? • Au niveau « philosophique » voire « métaphysique ». Peut-on et doit-on s'interroger sur sens et valeur de la question pourquoi ? Ainsi la question « pourquoi y a-t-il du pourquoi pour l'homme ? » ne donnerait-elle pas sens et valeur particuliers à la question (et à la réponse) envisagée ? Par exemple : L'homme n'aurait pas besoin de comprendre la réalité ou — autrement dit — la réalité ne serait pas pour lui, en plus, question, si l'homme n'était pas une réalité particulière à l'intérieur de la réalité du monde. Il apparaît ainsi qu'il ne suffit pas de se poser des questions sur le monde mais qu'on doit s'interroger sur l'interrogation elle-même : ce qui peut faire question, en dernière analyse, c'est le fait même qu'il y ait des questions. Ce qui est remarquable — entre autres — c'est que l'homme non seulement se trouve confronté à la réalité mais — plus encore -— qu'il y arrive toujours par « le possible ». Par exemple nous pensons qu'il pourrait y avoir un monde réel différent de celui qui existe.

Nous pouvons penser même qu'il pourrait très bien n'y avoir aucune réalité.

Sur le fond de toutes ces possibilités, la réalité du monde devient une question. La question du « sens et valeur de la question pourquoi » ne prend-elle pas alors un autre « appui » et n'ouvre-telle pas alors un autre champ d'interrogations ? Quel sens et quelle valeur peut-elle alors « avoir » ? • En d'autres termes, la question « pourquoi ? » ne viendrait-elle pas fondamentalement non du fait que ce qui nous est extérieur nous est donné comme problématique mais de ce que nous « serions » « question » ?. »

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