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Sens et langage.

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C'est d'abord aux mots, au langage, à la parole, que l'on songe lorsque l'on a à parler du sens. Vous qui lisez ces lignes, vous avez affaire en permanence à un sens. Il n'est pas étonnant, par conséquent, que les linguistes se proposent comme les spécialistes du sens,... et du sens du sens !  Les théories linguistiques sont nombreuses et divergentes. Nous nous contenterons de notions simplifiées, et avant tout de quatre paires de concepts : 1) le signifiant et le signifié ; 2) le signe et le sens ; 3) dénotation et connotation ; 4) langage et paralangage.    1 — Signifiant et signifié. Il semble que ce soit pour le plaisir de compliquer les choses que les linguistes ont appelé « signifiant » ce qui justement ne signifie rien. Il faut dire, à leur décharge, que ce rien est une instance de sens ; il ne signifie pas encore quelque chose. Le signifiant est un son (s'il s'agit du langage parlé), les couleurs (s'il s'agit d'un dessin en couleur), les caractères d'imprimerie et la mise en page (s'il s'agit d'un texte écrit). «Lan » est un signifiant, par exemple, et il deviendra « signifié » (il prendra un sens) selon sa position et son contexte, comme dans les phrases telles que « Il s'approche à pas lents », ou « L'envie lui vint de se balancer ».  En entendant un signifiant tout seul, vous avez une certaine quantité de signifiés possibles. Le signifié est donc le sens s'ajoutant au signifiant. Il n'y a pas de signifié sans signifiant. Les couleurs et le papier deviennent un signifié lorsqu'elles s'organisent et se disposent pour constituer un tableau ou un dessin, dans un ensemble de rapports spatiaux qui, lui, fait apparaître un sens.

« Sens et langage. C'est d'abord aux mots, au langage, à la parole, que l'on songe lorsque l'on a à parler du sens.

Vous qui lisez ces lignes, vous avez affaire en permanence à un sens.

Il n'est pas étonnant, par conséquent, que les linguistes se proposent comme les spécialistes du sens,...

et du sens du sens ! Les théories linguistiques sont nombreuses et divergentes.

Nous nous contenterons de notions simplifiées, et avant tout de quatre paires de concepts : 1) le signifiant et le signifié ; 2) le signe et le sens ; 3) dénotation et connotation ; 4) langage et paralangage. 1 — Signifiant et signifié.

Il semble que ce soit pour le plaisir de compliquer les choses que les linguistes ont appelé « signifiant » ce qui justement ne signifie rien.

Il faut dire, à leur décharge, que ce rien est une instance de sens ; il ne signifie pas encore quelque chose.

Le signifiant est un son (s'il s'agit du langage parlé), les couleurs (s'il s'agit d'un dessin en couleur), les caractères d'imprimerie et la mise en page (s'il s'agit d'un texte écrit).

«Lan » est un signifiant, par exemple, et il deviendra « signifié » (il prendra un sens) selon sa position et son contexte, comme dans les phrases telles que « Il s'approche à pas lents », ou « L'envie lui vint de se balancer ». En entendant un signifiant tout seul, vous avez une certaine quantité de signifiés possibles.

Le signifié est donc le sens s'ajoutant au signifiant.

Il n'y a pas de signifié sans signifiant.

Les couleurs et le papier deviennent un signifié lorsqu'elles s'organisent et se disposent pour constituer un tableau ou un dessin, dans un ensemble de rapports spatiaux qui, lui, fait apparaître un sens. Lorsque vous entendez parler quelqu'un dans une Langue que vous ignorez, vous ne recevez que des signifiants (des sons et non sonorités sans signification-pour-vous). Dans une langue donnée, les signifiants ne sont pas n'importe quoi, car, dans leurs plus petites unités, ce sont des phonèmes, On appelle phonème le plus petit élément dépourvu de sens dans une langue donnée.

Une voyelle ou une consonne sont des phonèmes Une syllabe est un groupement de phonèmes.

La phonologie est la science de la constitution des phonèmes dans une langue donnée et de leurs lois de différenciation.

Il n'en faut pas beaucoup pour passer de da à ba ou à ta, mais ces différences suffisent pour ne pas confondre, par exemple dard, bar et tare. Les phonèmes s'organisent dans l'espace et le temps (la séquence de la langue parlée) pour former des mots (ou lexèmes).

Le sens est de plus en plus apparent quand on passe aux mots mais il n'arrive vraiment que lorsque les mots (qui peuvent avoir plusieurs sens possibles) se disposent dans une phrase, laquelle, pour porter un sens, doit aussi obéir à des règles (typiques de chaque langue) qui constituent la grammaire et la syntaxe. Deux remarques pour en terminer avec ce paragraphe : d'une part on constate que la linguistique en faisant la phonologie puis en décrivant les systèmes grammaticaux et syntaxiques d'une langue, arrive difficilement à découvrir le sens, car finalement c'est la pensée de celui qui parle qui est le sens de tout l'ensemble des moyens réglés qu'il utilise D'autre part la phrase permet des « effets » particuliers : effets de style, double-sens (sans compter tous les malentendus, les contre-sens et les interprétations de celui qui est le « récepteur »).

Le double-sens peut être voulu et c'est alors un des procédés du comique, de même que les « sous-entendus » sont des sens voilés.

Le double-sens non-voulu par l'émetteur peut avoir aussi un effet comique (pour un tiers auditeur), exemple : le médecin écrit sur l'ordonnance au-dessous de la prescription d'une potion : « Prendre 3 cuillerées par jour jusqu'à épuisement »...

Mais d'ordinaire le double-sens involontaire crée les méprises et les incompréhensions. 2 — Le signe et le sens.

Le mot «signe » a plusieurs acceptions.

Il peut signifier indice (ainsi « le ciel sombre est signe d'orage imminent ») ; il peut signifier signal (« faire des signes à quelqu'un ») et suppose alors un code, soit spontané et naturel comme lorsqu'on cherche à attirer de loin l'attention de quelqu'un, soit très élaboré comme dans le code des signaux optiques de la Marine ; signe signifie aussi forme graphique (les lettres de l'alphabet sont des signes, de même que toutes les conventions du calcul) ; signe équivaut a symbole (comme dans « les signes du Zodiaque »). Selon F.

de Saussure (le fondateur de la Linguistique générale, en 1915), le signe linguistique est l'unité minimale de langage, disons pratiquement le mot, et son sens vient de l'association arbitraire entre ce signe et un concept. Les signes linguistiques ont aussi la propriété de se dérouler dans le temps, formant « la chaîne parlée » dont la structure linéaire est analysable (et ce sera « le système de la langue », définissable en dehors de tout sujet parlant et de toute intention de dire Quelque chose). Dans cette perspective les associations signes-sens constituent le lexique d'une largue. Évidemment le langage comme code de communication socioculturel est un lexique, mais il faut distinguer le sens des mots dans le dictionnaire et le sens d'une phrase ou d'un discours (autrement dit, selon de Saussure, il faut distinguer la langue et la parole). La linguistique classique ne s'intéresse pas à la « parole » (utilisation de la langue par un locuteur), et pourtant tous les sens de chaque mot lexical s'organisent pour donner un seul sens, qui est l'intention communiquée de celui qui parle.

La preuve en est que dans diverses « figures de style », le sens communiqué est au-delà de l'addition des sens de chaque mot.

Dans la phrase bien connue « Le char de l'État navigue sur un volcan » (qui est une métaphore), le sens est introuvable par addition des sens lexicaux.

A fortiori dans le sens poétique, lorsque l'auteur malaxe à sa manière la langue pour lui faire exprimer une pensée ou un sentiment obscurs : « Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme » (Albert Samain).. »

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