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Sciences & Techniques: Darwin et Lamarck : deux voix pour la théorie de l'évolution

Publié le 22/02/2012

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Voici comment fut énoncée la nouvelle histoire de la vie. Lamarck avait écrit que la Terre est ancienne, que les espèces dérivent les unes des autres et changent avec le temps et les contraintes du milieu. Darwin y ajouta des faits de variation chez les espèces vivantes, leur attribua des causes diverses mais un effet unique, conçut le grand principe de la sélection naturelle et finit par énoncer une théorie... de l'hérédité des caractères acquis. Les théories de l'évolution ont toutes pour point de départ l'idée que les formes vivantes, les espèces animales et végétales, se transforment au cours du temps. Au XVIIIe siècle des naturalistes et des philosophes comme Buffon, Maupertuis, Bonnet, Maillet, Goethe et Erasme Darwin, grand-père de Charles, avaient déjà émis cette proposition. Mais Jean-Baptiste Lamarck , puis Charles Darwin firent de cette idée un système général, en cherchèrent les preuves dans la nature et tentèrent d'en décrire les mécanismes. L'un et l'autre pensaient et écrivaient avec les connaissances et les mots de leur temps. Or, en ces temps-là, la génétique n'existait pas. L'"hérédité " avait un sens large, qui recouvrait aussi bien l'héritage de la fortune, de la qualité sociale ou du sang bleu, que la transmission de caractères biologiques. Ce que l'on appelait un "caractère" comprenait un vaste répertoire de propriétés de l'individu. C'est pourquoi il est difficile aujourd'hui de lire ces auteurs sans se tromper sur le sens des mots : quantité d'erreurs et de naïvetés leur sont attribuées pour la simple raison que leur vocabulaire était moins précis que le nôtre. Il nous faudra donc, sur certains points, traduire leur pensée dans la nôtre, avec des mots qu'ils ne connaissaient pas.
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« des corps vivants, ainsi que des causes du développement et du perfectionnement graduels de ces corps, et surtout lorsqu'il concevraque, le temps et les circonstances ayant été nécessaires pour donner l'existence à toutes les espèces vivantes telles que nous lesvoyons actuellement, il est lui-même le dernier résultat et le maximum actuel de ce perfectionnement ! " (J.B.

Lamarck, 1802). Selon Lamarck, la vie a une longue histoire, qui commence avec " ...les animaux les plus imparfaits, les plus simplement organisés, ceux en un mot qu'on soupçonne à peine doués de l'animalité, ceux peut-être par lesquels la nature a commencé, lorsqu'à l'aide debeaucoup de temps et de circonstances favorables, elle a formé tous les autres ." "(...) Il paraît, comme je l'ai déjà dit, que du temps et des circonstances favorables sont les deux principaux moyens que la natureemploie pour donner l'existence à toutes ses productions.

On sait que le temps n'a point de limite pour elle, et qu'en conséquence ellel'a toujours à sa disposition. Quant aux circonstances dont elle a eu besoin et dont elle se sert encore chaque jour pour varier ses productions, on peut direqu'elles sont en quelque sorte inépuisables. Les principales naissent de l'influence des climats, des variations de température de l' atmosphère et de tous les milieux environnants, de la diversité des lieux, de celle des habitudes, des mouvements, des actions, enfin de celle des moyens de vivre, de se conserver,de se multiplier, etc.

Or par suite de ces influences diverses, les facultés s'étendent et se fortifient par l'usage, se diversifient par lesnouvelles habitudes longtemps conservées ; et insensiblement la conformation, la consistance, en un mot la nature et l'état desparties ainsi que des organes participant de toutes ces influences, se conservent et se propagent par la génération. " " (...) Je pourrais ici passer en revue toutes les classes, tous les ordres, tous les genres et les espèces des animaux qui existent, etfaire valoir que la conformation des individus et de leurs parties, que leurs organes, leurs facultés, etc., sont entièrement le résultatdes circonstances dans lesquelles la race de chaque espèce s'est trouvée assujettie par la nature. Je pourrais prouver que ce n'est point la forme soit du corps, soit de ses parties, qui donne lieu aux habitudes, à la manière de vivredes animaux ; mais que ce sont au contraire les habitudes, la manière de vivre et toutes les circonstances influentes qui ont, avec letemps constitué la forme du corps et des parties des animaux.

Avec de nouvelles formes, de nouvelles facultés ont été acquises etpeu à peu la nature est parvenue à l'état où nous la voyons actuellement " (J.B.

Lamarck,1800). Les Grandes Lignes de l'évolution. Lamarck ayant admis que, par génération spontanée , des formes de vie simples continuent d'être produites actuellement, on en a parfois déduit qu'il concevait l'évolution comme s'appliquant à autant de "lignées" séparées qu'il y a d'espèces.

On lui a reproché ausside se figurer une échelle continue des êtres, certes projetée dans le temps, mais telle qu'elle existe dans Aristote et dans lescosmologies classiques.

En fait, les textes montrent que, pour Lamarck, premièrement les espèces dérivent bien les unes des autres,et que, deuxièmement, leur transformation est allée du plus simple au plus complexe.

Il ne parle de progression linéaire que dans lacroissance de l'organisation des "grandes masses", c'est-à-dire des grands groupes de la classification (classes, familles).

Pour lesordres, genres et espèces, Lamarck conçoit, comme le fera Darwin, une évolution "arborescente", avec des "ramifications". " (...) en un mot, ( la nature), en formant les différents animaux, a exécuté une composition toujours croissante dans les diversesorganisations qu'elle leur a données " (J.B.Lamarck, 1815-22). "En effet, en considérant d'abord l'organisation animale la plus simple, pour s'élever ensuite graduellement jusqu'à celle qui est la pluscomposée, comme depuis la monade qui, pour ainsi dire n'est qu'un point animé, jusqu'aux animaux à mamelles, et parmi eux jusqu'àl'homme, il y a évidemment une gradation nuancée dans la composition de l'organisation de tous les animaux et dans la nature de sesrésultats, qu'on ne saurait trop admirer et qu'on doit s'efforcer d'étudier, de déterminer et de bien connaître. De même, parmi les végétaux, (...) il y a évidemment une gradation nuancée, en quelque sorte analogue à celle qu'on remarque dansles animaux. Par cette gradation nuancée dans la complication de l'organisation, je n'entends point parler de l'existence d'une série linéaire,régulière dans les intervalles des espèces et des genres : une pareille série n'existe pas ; mais je parle d'une série presquerégulièrement graduée dans les masses principales, telles que les grandes familles ; série bien assurément existante, soit parmi lesanimaux, soit parmi les végétaux ; mais qui dans la considération des genres et surtout des espèces, forme en beaucoup d'endroitsdes ramifications latérales, dont les extrémités offrent des points véritablement isolés " (J.B.

Lamarck ,1800). Il faut remarquer la liberté avec laquelle, en 1800, Lamarck décrit l'Homme comme le résultat de cette histoire animale.

Dans le dernierchapitre de la Philosophie Zoologique, où il proposera un scénario fort actuel de l'hominisation du "bimane", il sera obligé de conclurepar une remarque très "buffonienne", selon laquelle tout le monde sait bien que les choses se sont passées autrement qu'il les adécrites.

En 1809, l'esprit de la Révolution est loin et le retour de la religion l'oblige à la prudence .. »

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