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Sans les sens pourrions-nous connaître ?

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Les sens sont les fonctions qui nous relient au monde qui nous entoure. Ce sont les sens qui réceptionnent toutes les données, toutes les informations dont nous pouvons ensuite faire usage. Nous allons donc nous demander si les sens sont suffisants pour nous fournir toutes nos connaissances, ou si certaines ne semblent pas venir d'autres sources. Et même dans les connaissances provenant de nos sens, les sens sont-ils suffisants pour nous apporter la connaissance ou a-t-on besoin d'autre chose pour acquérir le savoir ? Pour répondre à ces questions, nous allons tout d'abord étudier quel sens donner aux termes « sens » et « connaissances ».

« Sans les sens pourrions-nous connaître ? Les sens sont les fonctions qui nous relient au monde qui nous entoure.

Ce sont les sens qui réceptionnent toutes les données, toutes les informations dont nous pouvons ensuite faire usage.

Nous allons donc nous demander si les sens sont suffisants pour nous fournir toutes nos connaissances, ou si certaines ne semblent pas venir d'autres sources.

Et même dans les connaissances provenant de nos sens, les sens sont-ils suffisants pour nous apporter la connaissance ou a-t-on besoin d'autre chose pour acquérir le savoir ? Pour répondre à ces questions, nous allons tout d'abord étudier quel sens donner aux termes « sens » et « connaissances ». En effet, si l'on prend le terme « sens » au premier degré, on se rend rapidement que les sens sont indispensables. Toute connaissance passe par les sens, par le canal des sens, que ce soit par l'expérience sensible que l'on en fait, ou par la description que l'on nous en fait.

Si on m'enseigne quelquechose à voix haute, cette connaissance passe par mon oreille, donc par l'ouïe.

Si je lis un livre, cette connaissance passe par mes yeux, donc la vue.

Nous voyons donc que nos sens sont necessaires, et même indispensables pour nous fournir toutes nos connaissances.

Mais sont-ils suffisants ? Il nous faut alors nous pencher les sens, entendus comme l'expérience sensible, c'est à dire ce que nous apprenons par nos sens, ce dont nous avons fait l'expérience, et non ce qu'on nous a dit ou expliqué.

On peut alors se demander si l'expèrience sensible nous est suffisante à nous fournir toutes nos connaissances. Mais il apparaît comme évident que si l'on considère la connaissance comme la connaissance en général, ce dont nous avons « pris connaissance », alors il y a beaucoup de choses qui nous sont inaccessibles par l'expérience sensible, en effet on ne peut prétendre tout connaître, tout savoir ou tout avoir vu.

Il y a beaucoup de choses que nous connaissons par ouï-dire, par ce qu'on nous a appris, par ce qu'on nous a dit comme vrai, que nous tenons pour vrai car nous pensons que celui qui nous les a enseignées dit la vérité, que ces choses ont été connues par une expérience sensible et non par le fruit de l'imagination.

Dès lors, même cette connaissance par ouï-dire, si elle est exacte, provient aussi de l'expérience sensible et les sens, même si ce ne sont pas les notres semblent être la source de toutes connaissances pouvant exister dans le monde.

Nous voyons donc qu'il nous faut parler de toute connaissance authentique, objective, scientifique pour poser un problème philosophique véritable.

De plus, il nous faut parler des sens de l'être humain en général, de l'expérience sensible réalisée par le scientifique, et non des propres sens de chacun d'entre nous.

Allors l'expérience sensible est-elle suffisante pour nous fournir toutes nos connaissances ? On pourrait rapidement objecter que certaines connaissances ne nécessitent aucune expérience sensible, en prenant pour exemple la métaphysique, portant par exemple sur l'origine de l'Univers, sur Dieu, sur l'âme, sur les phénomènes surnaturels ou sur un autre objet qui ne peut faire l'objet d'une expérience sensible.

Mais le discous métaphysique peut-il être qualifié de « connaissance » ? Dans le sens où nous avons précédemment décidé d'entendre le mot connaissance, c'est à dire comme la connaissance authentique, scientifique, la réponse est non.

Il peut, au mieux, être qualifié de pensée, de théorie (théorie qui ne pourra jamais être démontrée scientifiquement). La métaphysique est la connaissance du possible, de ce que l'on pense possible, mais la connaissance objective s'appuie sur du concret, en fait sur l'expérience sensible.

Les sens sont donc nécessaires à l'acquisition de toutes nos connaissances, connaissances objectives, scientifiques, mais maintenant il nous faut nous demander s'ils sont suffisants.

Voilà notre problème posé. Alors n'y a-t-il pas un domaine scientifique qui repose uniquement sur la cohérence interne du discours et non sur l'expérience sensible ? Il semble que ce soit le cas des mathématiques.

En effet, les mathématiques reposent sur l'harmonie interne du discours.

La démonstration mathématique vise à montrer que telle proposition est vraie, que telle autre en découle, mais pour cela elle se base sur des principes, des axiomes, des définitions mathématiques, des conventions de base.

Ces axiomes sont des théorèmes basiques, conventionnels, créés par la raison, tel le principe de contradiction (« il est impossible qu'un objet soit et ne soit pas en même temps »), qui paraissent évident à l'esprit, mais qui ne sont pas concret et dont l'expérience sensible n'a pas été réalisée.

En fait, les mathématiques sont aussi une science du possible et non du réel.

Mais puisque le réel est compris dans le possible, toutes les applications des mathématiques qui sont faites dans le réel n'infirment jamais la théorie mathématique.

En fait les mathématiques ne prennent pas le réel comme objet d'analyse, mais elles étudient le possible, dans lequel est compris le réel.

La limite entre le réel et le possible et franchie par l'expérience (sensible) et c'est le rôle des sciences physiques par exemple.

Les mathématiques sont donc la preuve qu'il y a des connaissances scientifiques qui ne reposent pas sur des réalités sensibles, mais sur des données définies, des décisions, des conventions données par la raison, l'entendement.

Mais par cela-même puisque le mathématicien se base uniquement sur un acte de l'esprit, et non sur un fait concret, on peut dire que les mathématiques ne sont pas une science au même sens que les autres. Considérons maintenant le domaine des connaissances qui portent sur des réalités sensibles, le domaine des autres sciences (physiques, biologiques...) et où l'expérience sensible est nécessaire à la connaissance objective pour nous demander si elle est suffisante, ou s'il faut autre chose pour compléter les impressions reçues par les sens.

En effet, les sens sont sujet à l'illusion, par exemple, et il nous faut un moyen de discerner lorsque les sens sont sujet une illusion et lorsqu'ils fournissent une connaissance objective et exacte.

Mais il y a des situations où les sens ne. »

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