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Sans les échanges, le travail aurait-il une valeur ?

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Un travailleur même s?il ne perçoit pas la finalité de sa fonction ni de ce qu?il produit est néanmoins payé et cet échange minimal justifie à ses yeux le labeur qu?il fournit.             Pour l?individu coupé d?échanges humains et désintéressé par son travail, la valeur de ce dernier tient donc à sa valeur monnayable. Le salaire de l?individu dessine pour celui-ci la valeur de son travail. Ce n?est pas un hasard si l?on parle de valeurs aussi bien en morale qu?en économie, dans le manuscrit de 1844 Marx décrit le pouvoir de l?argent, « mon prochain c?est l?argent », tout s?achète et se transforme au moyen de l?argent. La valeur de l?argent n?est pas abstraite ni purement économique, elle peut soutenir la valeur du travail si ce dernier est coupé de toute sphère sociale. Toutefois lorsque l?individu est exploité au point que son salaire ne lui offre pas une motivation suffisante le travail ne perd t-il pas toute valeur ?             Dans l?esclavage par exemple le sujet fournit un travail qui a ses yeux n?a aucune valeur : on ne peut même pas argumenter que le sujet, s?absorbant dans son travail accèderait à une forme hégélienne de la conscience de soi. En effet le sujet n?est pas libre d?aller à son propre rythme et il est considéré lui-même comme une machine, ce rapport faussé et contraint au travail semble rendre impossible que le sujet puisse en dégager une valeur.   III-De l?absence d?échange naît l?aliénation.               Le travail est isolé de toute dimension d?échange lorsque l?individu s?absorbe dans son ?uvre, au point, non de s?y reconnaître mais de s?y aliéner.

« Le travail est motivé par le lien social sur lequel il repose : le sujet travaille pour la société et profite du travail des autres individus pour sa propre vie et son confort.

Même si l'homme n'habite pas son travail comme une vocation ce dernier a tout de même une valeur pour lui : en travaillant l'homme a une place définie dans la société et se sent légitimé au sein de celle-ci.

Mais quelle serait la valeur d'un travail coupé de tout échange ? Si l'homme ne perçoit pas la dimension d'échange de son travail celui-ci perd t-il pour autant toute valeur ? I-Le travail est lié aux échanges. De nombreux philosophes, dont Hegel peut-être de la manière la plus aiguë, ont montré que l'homme se réalisait à travers son travail : son œuvre est l'occasion par laquelle il prend conscience de lui-même, c'est-à-dire comme sujet mondain capable de modifier le monde.

La trace de son action lui reflète sa propre subjectivité.

Le travail n'est-il pas d'emblée un échange, en l'occurrence une discussion, un rapport, de soi avec le monde, avec la matière ? J'apporte quelque chose à la matière, celle-ci me rapporte en retour une image de moi-même.

Cette dialectique semble être réelle, que mon travail concerne la terre ou l'interprétation d'un texte philosophique. Mais les échanges ne s'épuisent évidemment pas dans la relation du sujet avec lui-même.

Le travail est, selon Rousseau, corrélatif des échanges sociaux et reste inséparable de ceux-ci (cf.

par exemple L'Emile livre III).

En effet, en sortant de l'état de nature les hommes s'organisent de manière pratique et se distribuent les travaux selon les facultés et aptitudes de chacun : au lieu que chacun s'échine à faire de son côté tout les travaux dont il a besoin, une communauté est fondée où chacun ne fait que ce qu'il connaît le mieux mais en nombre suffisant pour tous.

Le travail est donc motivé par une logique d'échanges. Le travail est donc suspendu à la possibilité de l'échange et d'ailleurs on voir mal comment abstraire le travail de tout échange. Même dans la société moderne le travail à la chaîne, qui ne repose sur aucune aptitude particulière, n'isole pas le travailleur de tout échange.

Des sociologues du travail ont montré que les ouvriers à la chaîne étaient capables (même dans des productions en série) de reconnaître le travail les uns des autres selon tel pli ou telle marque sur l'objet, les travailleurs comparent leurs techniques et rivalisent d'efficacité au sein même du monde le plus impersonnel et mécanique qu'est l'usine.

Simondon parle d'appropriation de la technique par l'individu, sur le mode du détournement.

Notre sujet présupposerait-il l'impensable, à savoir un travail indépendant de tout échanges ? II-Un travail sans échanges est dépourvu de valeur. Mais le lien entre le travail et l'échange n'est pas seulement un lien philosophique de soi avec soi même par la médiation de la matière, ni un lien social avec les autres hommes ou un lien par lequel le travail répétitif est rendu moins pénible parce que détourné au travers d'échanges humains.

Bien plus l'échange est la garantie même du travail sous la forme du salaire.

Un travailleur même s'il ne perçoit pas la finalité de sa fonction ni de ce qu'il produit est néanmoins payé et cet échange minimal justifie à ses yeux le labeur qu'il fournit. Pour l'individu coupé d'échanges humains et désintéressé par son travail, la valeur de ce dernier tient donc à sa valeur monnayable.

Le salaire de l'individu dessine pour celui-ci la valeur de son travail.

Ce n'est pas un hasard si l'on parle de valeurs aussi bien en morale qu'en économie, dans le manuscrit de 1844 Marx décrit le pouvoir de l'argent, « mon prochain c'est l'argent », tout s'achète et se transforme au moyen de l'argent.

La valeur de l'argent n'est pas abstraite ni purement économique, elle peut soutenir la valeur du travail si ce dernier est coupé de toute sphère sociale.

Toutefois lorsque l'individu est exploité au point que son salaire ne lui offre pas une motivation suffisante le travail ne perd t-il pas toute valeur ? Dans l'esclavage par exemple le sujet fournit un travail qui a ses yeux n'a aucune valeur : on ne peut même pas argumenter que le sujet, s'absorbant dans son travail accèderait à une forme hégélienne de la conscience de soi.

En effet le sujet n'est pas libre d'aller à son propre rythme et il est considéré lui-même comme une machine, ce rapport faussé et contraint au travail semble rendre impossible que le sujet puisse en dégager une valeur. III-De l'absence d'échange naît l'aliénation. Le travail est isolé de toute dimension d'échange lorsque l'individu s'absorbe dans son œuvre, au point, non de s'y reconnaître mais de s'y aliéner.

L'homme ne se reconnaît plus dans sa production mais au contraire ressent le résultat de son labeur comme étranger à lui-même.

Le lien dialectique par lequel je prends conscience de moi à travers mon travail peut donc être rompu, les circularités des échanges du sujet avec lui-même et avec les autres sont brisées. La raison est que l'homme est pris comme un moyen là où même en tant qu'investi d'une fonction productrice il devrait demeurer une fin en soi.

En le condamnant au rôle de moyen mécanique on lui retire la positivité de son travail.

Le travail ne devient qu'un geste impersonnel que l'imagination ni la stimulation du travail en groupe ne sauraient évidemment vaincre, sauf ponctuellement. A partir du moment où la tâche est indifférente à celui qui l'exerce, où l'individu n'est plus libre d'y inscrire sa marque et de s'approprier son travail, la cassure est consommée : l'agir de l'individu est rationalisé au point que celui-ci se perde dans sa tâche, comme Marx l'a soutenu.

Il faut maintenir un échange minimal entre l'homme et son travail, en d'autre mot une liberté, un écart minimal par lequel l'homme puisse saisir d'une façon a minima personnelle, la tâche qu'il a à accomplir. Conclusion : Les échanges paraissent structurer toutes les dimensions du travail : la relation personnelle du sujet à son propre travail, celle du sujet à la société en général et celle qu'il entretient avec ses collègues.

Fondamentalement même si le travail paraît coupé de toute dimension d'échange, le fait qu'il soit payé suffise à entretenir une valeur minimale ; cependant l'argent parfois ne justifie plus aux yeux du sujet son propre travail.

Les échanges sont désormais seconds et le sujet n'est plus à même de les appréhender, il est aliéné par sa tâche parce qu'employé au titre de moyen en vue d'une fin sur laquelle on ne lui autorise aucune prise.. »

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