Aide en Philo

Qu'est-ce que prendre conscience ?

Extrait du document

D'après Descartes, si on peut distinguer conscience spontanée et réflexive, on ne peut toutefois les séparer. Descartes rassemble tous les contenus de conscience et les inclut sous le terme de « penser ». Ainsi, dès que nous avons une pensée, nous en avons une aperception immédiate, c'est-à-dire que nous savons que nous y pensons. « Ce que c'est que penser. Par le mot de penser, j'entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes ; c?est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais aussi sentir est la même chose ici que penser.  Article 9 des Principes de la philosophie. » Cette thèse d?une prise de conscience impliquée par les contenus de conscience repose sur une évidence psychologique. Ayant des pensées, si je ne sais pas immédiatement que c?est moi qui pense, je suis aliéné. Je suis tel un autiste qui n'a plus accès à ses pensées mais à des contenus de conscience. Ne pouvant plus poser un « moi », il ne peut saisir la réalité, le « non-moi ».

« Analyse : • D'après le Vocabulaire critique et technique de la philosophie, la conscience est l'intuition qu'a l'esprit de ses états et de ses actes.

Cette définition conçoit la prise de conscience comme l'accès à des contenus de conscience.

Il peut s'agir de perceptions, d'émotions, d'idées, de volontés.

Or tous ces contenus sont intentionnels au sens où ils renvoient à quelque chose.

Je perçois, j'imagine, j'éprouve, je conçois, je veux toujours quelque chose. •Pour que nous ayons accès à des contenus de conscience, deux actes sont présupposés.

D'abord, les expériences hétérogènes comme les perceptions, émotions, pensées, volontés doivent être mises en rapport avec une unité permanente et autonome nommée « je ».

Sans cette capacité de référer à l'unité d'un moi, je ne pourrais avoir accès à mes contenus de conscience.

Il ne pourrait être question de ma prise de conscience. •En plus de l'unité d'un moi, la prise de conscience suppose que sa référence à un « quelque chose » soit organisée. Si je ne pouvais distinguer les émotions qui sont en moi et les perceptions qui renvoient à un réel hors de moi, je serais dans la confusion maladive et la folie.

Il y a donc, dans la prise de conscience, un effort pour confronter son contenu de conscience à une réalité objective. •On voit que l'analyse de la prise de conscience implique une intentionnalité, une synthèse et une volonté de cohérence avec la réalité.

Implicitement, prendre conscience, c'est prendre conscience de ce qui est.

Il y a donc un lien entre la prise de conscience et l'exigence de vérité. Problématique : Par delà de simples contenus de conscience, à quoi nous donne accès la prise de conscience ? Prendre conscience, n'est-ce pas seulement avoir des contenus de conscience, mais aussi s'assurer de leur vérité ? N'est-ce pas, en plus de la constitution d'un savoir objectif, réaliser ses limites ? Plan : 1-La prise de conscience rend présent au monde un « je ». •Le fait d'avoir conscience doit être distingué de la prise de conscience.

Autrement dit, la conscience spontanée n'est pas la conscience réflexive.

La première renvoie à tous les actes de perception, imagination, conception, volonté.

La seconde rassemble tous ces actes pour les relier à l'unité d'un « je ».

Si spontanément, je perçois, j'imagine, je conçois ; réflexivement, je sais, j'ai conscience que je perçois, imagine ou conçois. •D'après Descartes, si on peut distinguer conscience spontanée et réflexive, on ne peut toutefois les séparer. Descartes rassemble tous les contenus de conscience et les inclut sous le terme de « penser ».

Ainsi, dès que nous avons une pensée, nous en avons une aperception immédiate, c'est-à-dire que nous savons que nous y pensons. « “Ce que c'est que penser.

Par le mot de penser, j'entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes ; c'est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais aussi sentir est la même chose ici que penser.” Article 9 des Principes de la philosophie.

» •Cette thèse d'une prise de conscience impliquée par les contenus de conscience repose sur une évidence psychologique.

Ayant des pensées, si je ne sais pas immédiatement que c'est moi qui pense, je suis aliéné.

Je suis tel un autiste qui n'a plus accès à ses pensées mais à des contenus de conscience.

Ne pouvant plus poser un « moi », il ne peut saisir la réalité, le « non-moi ».

Pour l'autiste, seul est perçu le monde du fantasme et de la confusion. •Or cette prise de conscience, active dès notre réveil, est acquise par l'enfant lors de son apprentissage du langage.

Dans l'Anthropologie du point de vue pragmatique, kant nous dit qu' « Il faut remarquer que l'enfant, qui sait déjà parler assez correctement ne commence qu'assez tard (peut-être un an après) à dire Je; avant, il parle de soi à la troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc.); et il semble que pour lui une lumière vienne de se lever quand il commence à dire Je ». •Mais cette prise de conscience immédiate est-elle suffisante pour distinguer ce qui, dans mes contenus de conscience, renvoie à une réalité objective ? 2-La prise de conscience donne au « je » la présence d'un monde objectif. •La première prise de conscience, celle de l'enfant et de l'homme au réveil, est donc ce fait créateur et organisateur par lequel mes contenus de conscience sortent de la confusion.

Ces contenus renvoient à l'unité d'un « je » et certains font référence à un réel hors de moi.

Ce fait implique, d'une part, la position de deux réalités, moi et le monde, et, d'autre part, une exigence de vérité : les mots « moi » et « monde » renvoient bien à des réalités. •Mais que se passe-t-il après cette première prise de conscience, lorsque l'homme avance un peu plus dans le cours de sa journée ? L'homme cherche à satisfaire ses besoins et à combler ses manques.

Or, pour ce faire, il s'attache au sensible, à l'utile et aux évidences communes.

Mais, dès lors, il vit dans l'erreur et le mensonge.

En effet, que vaut la perception au regard de la vérité ? Je vois la terre plane, mais je sais qu'elle ne l'est pas.

Je vois le soleil assez proche alors qu'il est très loin.

Qu'en est-il de l'utile ? A force d'interposer entre moi et le monde des habitudes, je ne finis par le voir que d'après leur seul point de vue.

Cette forêt peuplée d'arbres centenaires n'est pour moi que le chemin quotidien menant à mon travail.

De l'évidence commune ? Comment celle-ci aurait pu imaginer un lien entre les marées et la rotation des planètes.

Newton l'a pourtant établi.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles