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Qu'est-ce que la linguistique ?

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L'étude des faits de langue s'est orientée dans de multiples directions au cours du temps, et les conceptions actuelles d'une science linguistique ne se sont véritablement formées qu'à l'aube du XXe siècle. Les tentatives antérieures ayant pour but d'organiser les observations à propos des langues ont donné naissance à des disciplines diverses. La grammaire s'est donnée pour tâche d'édicter des règles de bon fonctionnement, à partir d'une étude des faits ; cette conception normative a dominé longtemps l'enseignement et la pédagogie du Français. La grammaire comparée, qui se développe aux XVIIIe et XIXe siècles, se soucie de regrouper les langues naturelles en familles, en prenant appui sur leurs parentés morphologiques. Elle reprend à son compte le vieux rêve de retrouver la langue originelle de l'humanité, dont dériveraient toutes les autres. Enfin, la linguistique historique s'efforce de reconstituer les règles qui président à l'évolution des langues, ou au passage de l'une à l'autre, par exemple du latin au français.

« L'étude des faits de langue s'est orientée dans de multiples directions au cours du temps, et les conceptions actuelles d'une science linguistique ne se sont véritablement formées qu'à l'aube du XXe siècle.

Les tentatives antérieures ayant pour but d'organiser les observations à propos des langues ont donné naissance à des disciplines diverses.

La grammaire s'est donnée pour tâche d'édicter des règles de bon fonctionnement, à partir d'une étude des faits ; cette conception normative a dominé longtemps l'enseignement et la pédagogie du Français.

La grammaire comparée, qui se développe aux XVIIIe et XIXe siècles, se soucie de regrouper les langues naturelles en familles, en prenant appui sur leurs parentés morphologiques.

Elle reprend à son compte le vieux rêve de retrouver la langue originelle de l'humanité, dont dériveraient toutes les autres.

Enfin, la linguistique historique s'efforce de reconstituer les règles qui président à l'évolution des langues, ou au passage de l'une à l'autre, par exemple du latin au français. • La révolution de Saussure On considère généralement, de nos jours, que la linguistique n'a pris sa véritable forme scientifique qu'avec les travaux de Ferdinand de Saussure.

Sa réflexion part d'un constat : l'étude des langues se heurte à une difficulté majeure, la nature hétérogène de son objet.

En effet, si l'on prend l'acte de langage dans sa totalité, on s'aperçoit immédiatement qu'il met en œuvre des données très variées qui relèvent de disciplines différentes : des mécanismes articulatoires qui appartiennent à la physiologie ; des schémas mentaux, domaines de la psychologie ; des facteurs sociaux, étudiés par la sociologie...

Il semble impossible d'isoler un objet d'étude simple qui puisse donner lieu à une discipline unique clairement définie. Le travail de Saussure porte avant tout sur l'élucidation de ce problème.

Il propose de différencier tout d'abord, à l'intérieur du langage, la langue et la parole.

La langue est constituée « par la partie sociale du langage, extérieure à l'individu qui à lui seul ne peut ni la créer, ni la modifier ».

Elle forme l'ensemble des signes utilisés, et leurs règles de mise en oeuvre, alors que la parole désigne l'usage individuel de cet ensemble.

Elles s'opposent comme l'universel et le singulier, l'impersonnel et le personnel.

Seule la langue, objet stable, peut être prise comme point de départ d'une science.

Saussure précise cependant dans quelles conditions : la langue peut être appréhendée soit dans sa genèse et son évolution (diachronie), soit du point de vue de son fonctionnement actuel, indépendamment des variations temporelles, négligeables à l'échelle d'une vie humaine (synchronie). Seule la démarche synchronique peut valablement, selon Saussure, prétendre atteindre à la scientificité, parce qu'elle échappe aux aléas d'une documentation lacunaire, et travaille sur la langue orale, matériau premier de toute communication. • Un système de signes Cependant, pour que la langue puisse être étudiée synchroniquement, il faut postuler qu'existe un principe d'intelligibilité, faute de quoi elle ne serait qu'un amas de mots ou de sons inorganisés.

Saussure recourt au concept de système pour définir le fonctionnement de la langue.

Loin d'être constituée d'éléments isolés et autonomes, elle se présente comme un ensemble de constituants qui entretiennent des rapports d'opposition, de complémentarité, et s'organisent en niveaux hiérarchisés.

L'une des applications les plus simples de cette idée est la description du système des phonèmes dans les langues naturelles, c'est-à-dire de l'ensemble des sons qui servent à prononcer une langue donnée.

Chacun des phonèmes n'existe qu'en relation avec les autres, il n'a pas de valeur en lui-même, mais par le jeu des différences avec eux. A ces principes essentiels, il convient d'adjoindre la théorie du signe.

Pour Saussure, en effet, la langue est un système de signes, comparable en cela à d'autres formes de communication.

Le signe, forme de symbolisation qui permet de substituer à une réalité une représentation conventionnelle, est le produit volontaire d'un émetteur, et il entre dans un processus de communication réversible, ce qui le distingue des signaux ou indices, comme le système des abeilles. Le signe se compose de deux éléments indissociables, le signifiant, ou image acoustique, et le signifié ou concept. Le signe linguistique fait intégralement partie de la langue, il ne doit pas être confondu avec la réalité qu'il désigne (parfois appelée réfèrent).

En tant que système de signes, la langue est donc entièrement distincte et homogène et peut faire l'objet d'une étude autonome.

Celle-ci s'insère cependant, d'après Saussure, dans une science plus vaste, la sémiologie, dont l'objet serait l'ensemble des systèmes de signes.. »

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