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Quel sens et quelle valeur peut-on accorder à l'expérience ?

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ANALYSE DU SUJET. CONSEILS. REMARQUES DE MÉTHODE • Devant l'intitulé de la question, vous vous interrogerez de prime abord sur le sens des concepts : sens = signification; valeur = caractère qui fait qu'on estime quelque chose et qu'on admet sa supériorité. Mais le concept qui va poser immédiatement problème est celui d'expérience. La difficulté va tenir pour vous avant tout à la multiplicité de significations du mot expérience ; en effet, il y a l'expérience au sens très empirique et tout à fait concret du terme, mais il y a aussi l'expérience scientifique, conçue comme expérimentation et organisation méthodique des phénomènes et, enfin, en simplifiant encore beaucoup les choses, il y a, au-dessus de ces expériences, celle où s'unissent l'individuel et l'universel, du type expérience esthétique ou métaphysique. • Dès lors, devant la multiplicité de sens du mot expérience, vous avez avantage à adopter le plan progressif, par approfondissement des notions, de manière à établir une structure logique répondant pleinement à l'intitulé précis du sujet. Le plan dialectique, par thèse, antithèse et synthèse ne paraît pas ici en mesure d'intégrer vos différents éléments de connaissance et de réflexion. Poitiers • Quelle que soit la signification du terme expérience, celle-ci se présente comme l'épreuve relativement subie d'une réel étranger. Comment une épreuve extérieure au sujet peut-elle avoir sens et valeur? Tel est le problème posé par l'intitulé du sujet. DISSERTATION 1. Introduction L'intitulé de la question nous met, tout d'abord, face au concept de sens, qui est d'une étonnante diversité. Ici, nous nous ne retiendrons ni le sens comme fonction psychophysiologique ni le sens comme jugement, mais conserverons l'acception courante du mot sens comme signification. Quant au terme de valeur, définissons-le ici comme un caractère des choses, consistant en ce qu'elles méritent plus ou moins d'estime. C'est le terme d'expérience qui pose problème, à cause de la multiplicité de sens de ce mot. L'expérience désigne ce qui nous est donné sensiblement et empiriquement, mais aussi l'expérimentation, l'action d'expérimenter (faire des expériences scientifiques) et, enfin, un troisième type d'expérience (métaphysique, esthétique, etc.), où semble s'incarner l'universel, où vient peut-être à jour l'absolu.

Néanmoins, à ces trois niveaux et malgré cette diversité, le terme d'expérience gagne à être unifié. Dans tous les cas, il semble bien qu'il y ait, dans l'expérience, un élément de passivité et de réceptivité, comme si en elle quelque chose était donné qui n'est pas entièrement constitué par le sujet. Parler d'expérience, c'est signifier que nous faisons l'épreuve d'un réel étranger. L'intitulé de la question témoigne de quelque méfiance vis-à-vis du concept d'expérience, tel que nous venons de le définir. Aussi, en mettant l'accent à la fois sur le sens du terme expérience (élément de passivité présent dans toute connaissance humaine) et sur le verbe pouvoir (quelle valeur peut-on accorder, est-il légitime d'attribuer...) nous dirons que le problème qui surgit est le suivant : si l'expérience désigne le fait d'éprouver (plus ou moins passivement) quelque chose, comment cet élément de réceptivité peut-il être formateur et signifiant et n'y a-t-il pas quelque difficulté à valoriser la pure réception d'un donné? En somme si l'expérience renvoie éventuellement à quelque « table rase » où s'inscriraient en nous les choses, comment peut-elle véhiculer réellement signification et valeur ?

« Quel sens et quelle valeur peut-on accorder à l'expérience ? ANALYSE DU SUJET.

CONSEILS.

REMARQUES DE MÉTHODE • Devant l'intitulé de la question, vous vous interrogerez de prime abord sur le sens des concepts : sens = signification; valeur = caractère qui fait qu'on estime quelque chose et qu'on admet sa supériorité.

Mais le concept qui va poser immédiatement problème est celui d'expérience.

La difficulté va tenir pour vous avant tout à la multiplicité de significations du mot expérience ; en effet, il y a l'expérience au sens très empirique et tout à fait concret du terme, mais il y a aussi l'expérience scientifique, conçue comme expérimentation et organisation méthodique des phénomènes et, enfin, en simplifiant encore beaucoup les choses, il y a, au-dessus de ces expériences, celle où s'unissent l'individuel et l'universel, du type expérience esthétique ou métaphysique. • Dès lors, devant la multiplicité de sens du mot expérience, vous avez avantage à adopter le plan progressif, par approfondissement des notions, de manière à établir une structure logique répondant pleinement à l'intitulé précis du sujet.

Le plan dialectique, par thèse, antithèse et synthèse ne paraît pas ici en mesure d'intégrer vos différents éléments de connaissance et de réflexion. Poitiers • Quelle que soit la signification du terme expérience, celle-ci se présente comme l'épreuve relativement subie d'une réel étranger.

Comment une épreuve extérieure au sujet peut-elle avoir sens et valeur? Tel est le problème posé par l'intitulé du sujet. DISSERTATION 1.

Introduction L'intitulé de la question nous met, tout d'abord, face au concept de sens, qui est d'une étonnante diversité.

Ici, nous nous ne retiendrons ni le sens comme fonction psychophysiologique ni le sens comme jugement, mais conserverons l'acception courante du mot sens comme signification.

Quant au terme de valeur, définissons-le ici comme un caractère des choses, consistant en ce qu'elles méritent plus ou moins d'estime.

C'est le terme d'expérience qui pose problème, à cause de la multiplicité de sens de ce mot.

L'expérience désigne ce qui nous est donné sensiblement et empiriquement, mais aussi l'expérimentation, l'action d'expérimenter (faire des expériences scientifiques) et, enfin, un troisième type d'expérience (métaphysique, esthétique, etc.), où semble s'incarner l'universel, où vient peut-être à jour l'absolu. Néanmoins, à ces trois niveaux et malgré cette diversité, le terme d'expérience gagne à être unifié.

Dans tous les cas, il semble bien qu'il y ait, dans l'expérience, un élément de passivité et de réceptivité, comme si en elle quelque chose était donné qui n'est pas entièrement constitué par le sujet.

Parler d'expérience, c'est signifier que nous faisons l'épreuve d'un réel étranger. L'intitulé de la question témoigne de quelque méfiance vis-à-vis du concept d'expérience, tel que nous venons de le définir.

Aussi, en mettant l'accent à la fois sur le sens du terme expérience (élément de passivité présent dans toute connaissance humaine) et sur le verbe pouvoir (quelle valeur peut-on accorder, est-il légitime d'attribuer...) nous dirons que le problème qui surgit est le suivant : si l'expérience désigne le fait d'éprouver (plus ou moins passivement) quelque chose, comment cet élément de réceptivité peut-il être formateur et signifiant et n'y a-t-il pas quelque difficulté à valoriser la pure réception d'un donné? En somme si l'expérience renvoie éventuellement à quelque « table rase » où s'inscriraient en nous les choses, comment peut-elle véhiculer réellement signification et valeur ? 2° Discussion A) L'expérience sensible immédiate. Le sens premier de l'expérience me renvoie, tout d'abord, aux données concrètes et immédiates de mon existence, aux « qualités sensibles », au divers tel qu'il m'apparaît concrètement.

Ce type d'expérience me semble familier. Qualités sensibles et sensations paraissent non seulement immédiates, mais claires.

Je sens du chaud, du froid, de l'acide, etc.

L'expérience signifie, ici, la pure qualité.

Je puis apparemment accorder à cette notion d'expérience la signification de « données pures de la sensation », comme si j'étais alors en face d'un vécu tout à fait évident, qui posséderait, du même coup, la valeur maximale et le plus grand prix, puisque les qualités sensibles constitueraient alors un élément premier et originel de connaissance s'imposant à moi.

« Le sensible est une donnée fondamentale : loin qu'on le puisse concevoir à partir d'autre chose, il semble que ce soit à partir de lui que tout réel soit concevable.

Ne constitue-t-il pas, de la sorte, un élément premier, et l'un des principes de notre savoir? » (Alquié, L'expérience, p.

33, P.U.F.).

Dès lors, l'expérience, conçue comme « pure sensation », formerait le premier donné véridique, l'intuition concrète qu'il me faudrait préférer à tout ordre de réalité, l'ordre même des valeurs. Mais ce type d'expérience, si évident qu'il paraisse, se dérobe à moi, insaisissable, quand je tente de l'atteindre, et paraît, en fait, si proche du néant, si dépourvu de sens qu'il semble difficile d'admettre bien longtemps sa valeur et ses qualités.

Quand je veux saisir la sensation immédiate, le pur sentir, ils reculent indéfiniment : ou bien je redécouvre en eux la perception (incontestable), ou bien je tente d'en demeurer à la pure immédiateté et cette immédiateté sans concept se dérobe indéfiniment à ma quête et à ma recherche.

Ainsi Hegel a-t-il montré, dans la Phénoménologie de l'Esprit, le vide et le néant de toute expérience purement immédiate, de tout « ici-et-maintenant » vécus dans le pur instant.

A la richesse prétendue de l'expérience immédiate sensible, à son immense valeur. »

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