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Quel intérêt la classification des êtres vivants vous paraît-elle présenter ? Que nous apprend-elle d'important ?

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INTRODUCTION. - Toute science étant une connaissance ordonnée et générale a besoin d'identifier, d'unifier et en même temps de hiérarchiser, c'est-à-dire, en définitive, d'opérer une classification. Mais plus les faits ou les êtres dont traite cette étude sont nombreux, complexes et variés, plus cette mise en ordre présente d'intérêt et d'importance : c'est évidemment le cas en biologie, en face de la multitude ordonnée des divers types d'êtres vivants. Pour nous en rendre compte, il suffira d'envisager successivement le triple point de vue pratique, scientifique et philosophique. I. — INTÉRÊT PRATIQUE. Il est évident que, pour l'esprit humain, toute classification, quelles que soient sa profondeur et son objectivité, est un instrument commode qui rend plus aisée la tâche à remplir. a) Cet aspect de la question est donc plus ou moins commun aux classifications dites artificielles, semi-naturelles ou naturelles, suivant qu'elles envisagent comme centre et principe de groupement un élément purement arbitraire (ordre alphabétique) — un caractère réel, mais accessoire et purement externe (nombre et forme des pétales) — ou enfin un ensemble de traits constitutifs se calquant le plus étroitement possible sur l'ordre naturel lui-même. b) Toute mise en ordre a, en effet, ce double résultat pratique — de faciliter le travail de mémoire, chez le savant et chez l'étudiant; — de constituer des cadres provisoires où l'on peut placer et retrouver aisément les éléments des futures recherches. Mais ce n'est là qu'un premier avantage, et non le plus important.

« INTRODUCTION.

- Toute science étant une connaissance ordonnée et générale a besoin d'identifier, d'unifier et en même temps de hiérarchiser, c'est-à-dire, en définitive, d'opérer une classification.

Mais plus les faits ou les êtres dont traite cette étude sont nombreux, complexes et variés, plus cette mise en ordre présente d'intérêt et d'importance : c'est évidemment le cas en biologie, en face de la multitude ordonnée des divers types d'êtres vivants. Pour nous en rendre compte, il suffira d'envisager successivement le triple point de vue pratique, scientifique et philosophique. I.

— INTÉRÊT PRATIQUE. Il est évident que, pour l'esprit humain, toute classification, quelles que soient sa profondeur et son objectivité, est un instrument commode qui rend plus aisée la tâche à remplir. a) Cet aspect de la question est donc plus ou moins commun aux classifications dites artificielles, semi-naturelles ou naturelles, suivant qu'elles envisagent comme centre et principe de groupement un élément purement arbitraire (ordre alphabétique) — un caractère réel, mais accessoire et purement externe (nombre et forme des pétales) — ou enfin un ensemble de traits constitutifs se calquant le plus étroitement possible sur l'ordre naturel lui-même. b) Toute mise en ordre a, en effet, ce double résultat pratique — de faciliter le travail de mémoire, chez le savant et chez l'étudiant; — de constituer des cadres provisoires où l'on peut placer et retrouver aisément les éléments des futures recherches.

Mais ce n'est là qu'un premier avantage, et non le plus important. II.

— INTÉRÊT SCIENTIFIQUE. Il va sans dire qu'ici c'est plus spécialement la classification naturelle qui nous intéresse : elle est, en effet, le terme et le but des sciences biologiques. Or, ses caractères essentiels correspondent parfaitement aux qualités distinctives de toute connaissance scientifique, qui doit être à la fois générale, — ordonnée, — explicative et rationnelle. Et, de fait, toute classification se présente comme une généralisation, — une hiérarchie ordonnée, — établissant des liaisons explicatives entre les divers éléments. A.

Connaître scientifiquement, c'est, par analyse et synthèse, ramener divers individus ou faits concrets à un groupe général présentant des caractères communs et constituant un type d'êtres ou une loi. C'est ce que fait la classification en établissant, à l'aide du principe de la corrélation des formes, les diverses espèces groupant, par catégories séparées, la multitude des être vivants. B.

La science a pour but ensuite d'ordonner les résultats obtenus suivant leur étendue et leur degré de perfection et de construire ainsi un édifice où s'organisent hiérarchiquement les groupes d'êtres ou les lois.

La classification naturelle réalise ce programme en s'appuyant sur les deux principes de la subordination des caractères et de la série naturelle : le premier, en distinguant les caractères dominateurs et les caractères subordonnés, permet d'établir la hiérarchie quant à l'importance et à l'étendue des groupes : espèces, genres, familles, ordres, classes, embranchements; le second complète l'organisation au point de vue de la perfection relative entre divers groupes du même niveau. Ainsi la classification aide à réaliser ce qui est l'idéal de toute science : reproduire et serrer du plus près possible l'ordre de la nature. C.

Elle permet aussi, par les liaisons entre les divers groupes, de satisfaire la raison en expliquant la nature des êtres dans une définition essentielle : la notion de mammifère indique à la fois les caractères essentiels des animaux appartenant à ce groupe, la coordination de ces traits, et leurs ressemblances ou différences avec ceux des groupes supérieurs ou voisins.

Or, expliquer n'est-ce pas précisément identifier et différencier ? En même temps qu'elle facilite le travail de la mémoire, la classification naturelle met donc notre esprit en possession d e plusieurs connaissances importantes : la nature des différentes classes de vivants, leur place dans la hiérarchie des êtres et leur perfection relative. Ce n'est pas là d'ailleurs encore son seul intérêt. III.

— INTÉRÊT PHILOSOPHIQUE. La classification biologique pose, en effet, plusieurs questions qui dépassent le domaine purement scientifique et dont les unes sont d'ordre plutôt critériologique, les autres d'ordre strictement métaphysique. A.

La première est celle qui se rapporte à la valeur des idées d'espèce, de classe, d'embranchement; en un mot, c'est un cas particulier du problème dit « des universaux » sur la valeur des idées générales. Il est à ce problème une réponse nominaliste et conceptualiste, traduite par BUFFON lui-même lorsqu'il dit : « Les familles sont notre ouvrage, la nature ne les connaît pas et ne contient, en effet, que des individus.

» Il suffit, pour répondre à cette critique, de prendre l'attitude d'un réalisme modéré.

en constatant mie les caractères distinctifs de chaque groupe se trouvent bien réalisés dans les individus qui lui appartiennent et que connaître ces caractères nous renseigne bien sur ce que sont les êtres. D'ailleurs, pour vérifier cette valeur objective, il suffirait de se rappeler par quels procédés (analyse et synthèse — méthode comparative) et à l'aide de quels principes (énoncés ci-dessus) ont été constitués ces groupes et rapprochés ces caractères. B.

Les questions plus métaphysiques se ramènent à trois.

La classification biologique met en évidence : a) L'existence de types d'êtres ou substances stables sous des qualités diverses et plus ou moins changeantes.

C'est, en effet, par un principe intérieur d'organisation que sont intelligibles les diverses corrélations des organes constituant chacun des groupements; b) La constatation, à divers degrés, chez tous les êtres vivants, de caractères communs qui permettent d'élaborer rationnellement les notions sur la nature de la vie; c) L'existence de l'ordre dans le monde créé, soit qu'on envisage les groupements divers et les éléments de cet ordre comme les degrés d'une perfection simultanée (théorie fixiste), soit qu'on y voie les échelons d'un développement successif (transformisme). CONCLUSION.

- On le voit : la classification, pour être un procédé humain et scientifique général (penser et parler n'est-ce pas classer les concepts ?) n'en occupe pas moins dans la biologie une place de choix.

Elle est, en effet, dans la biologie spéciale qui envisage les types d'êtres vivants, une pièce centrale qui rend possible l'opération très nettement scientifique qui en est l'achèvement et la synthèse, la définition essentielle par le genre prochain et la différence spécifique. Elle réalise d'ailleurs au mieux, dans ce domaine et par la méthode propre à cette science expérimentale, le passage explicatif du concret à l'abstrait, caractéristique de l'esprit humain.. »

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