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Que veut-on dire quand on parle du sens de l'histoire ?

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B.  Le sens global.

1. Définition. Toutefois, l'expression « sens de l'histoire » est généralement prise dans une autre acception. On ne considère plus chaque événement isolé, on ne se contente pas d'analyser le passé. Le sens de l'histoire, c'est alors la direction prise par l'humanité en marche dans le temps. Il s'agit d'un sens objectif. Si dans cette perspective d'ensemble orientée vers l'avenir la prédiction des événements singuliers reste impossible, le but à atteindre est clairement défini et il éclaire les cheminements de demain et d'après-demain.

• « Sens de l'histoire » peut-il signifier ce qu'on entend plus communément par l'expression sens historique? Cf. le juriste Von Savigny. « Le sens historique est la seule protection contre cette espèce de duperie de soi-même qui se répète chez les individus, chez les peuples et dans tous les âges, et qui consiste à considérer comme universellement humain ce qui nous est particulier. En faisant abstraction, dans les institutions de quelques particularités saillantes, on avait établi, jadis, un droit naturel qu'on considérait comme l'expression immédiate de la raison. Maintenant il n'est personne qui ne considère comme pitoyable un tel procédé. Mais tous les jours nous voyons encore des gens qui considèrent leurs concepts et leurs opinions juridiques comme purement rationnels, pour la seule raison qu'ils n'en connaissent pas les origines. Dès que nous ne nous rendons plus compte de notre relation individuelle avec la totalité du monde et de son histoire, nous devons nécessairement voir nos idées sous la fausse lumière de la généralité et l'originalité. Contre cela nous ne sommes protégés que par le sens historique dont l'application la plus difficile est, certes, celle qui se dirige sur nous-mêmes. » La Vocation de notre temps pour la législation et la jurisprudence, 1814 Heidelberg, page 5. • Ce « sens historique » tel qu'il est défini par Von Savigny est de caractère purement théorique (il le définit comme la faculté « de saisir de façon rigoureuse le caractère spécifique de chaque époque et de chaque forme juridique » Cf. op. cit. page 48. Mais ne pourrait-on penser que « sens de l'histoire » peut aussi signifier une conscience, à la fois théorique et pratique, de la temporalité de l'homme, de son historicité non pas en tant qu'individu mais en tant que membre d'une collectivité? Cf. Sartre. « Ces premières années de la Paix Mondiale, il fallait les envisager soudain comme les dernières de l'entre-deux-guerres; notre vie d'individu qui avait paru dépendre de nos efforts, de nos vertus et de nos fautes ... il nous semblait qu'elle était gouvernée jusque dans les plus petits détails par des forces obscures collectives ... Du coup nous nous sentîmes brusquement situés ... il y avait une aventure collective qui se dessinait dans l'avenir et qui serait notre aventure. L'historicité reflua sur nous; dans tout ce que nous touchions, dans l'air que nous respirions ... nous découvrions comme un goût de l'histoire. » Situations II « Qu'est-ce que la littérature » Paris 1948, page 241-243 • « Sens de l'histoire » : cette expression indiquerait-elle que l'histoire se meut dans une certaine direction, selon un certain sens? — On dit que pour les Grecs de l'Antiquité le temps était privé de direction, de sens privilégié, d'évolution vers une fin et que tout cela changea par et dans la pensée judéo-chrétienne : pour les penseurs chrétiens le temps est linéaire. Il a un commencement (la création du monde et du premier homme) et il se meut vers une fin (le jugement dernier). Avec eux le temps est fini, il est irréversible, il a un sens unique et par la même le temps et l'histoire ont une valeur. • « Sens de l'histoire » cela signifie-t-il que l'histoire est susceptible d'être interprétée et comprise par une idée unitaire ? — Cela signifie-t-il que l'on déclare connaître de façon assurée cette idée unitaire?

« «Que veut-on dire quand on parle du sens de l'histoire ?» INTRODUCTION — II n'y a pas à notre époque condamnation plus péremptoire d'une politique que d'affirmer qu'elle est contraire au « sens de l'histoire».

Inversement, veut-on faire approuver des mesures gouvernementales, on s'empresse de dire qu'elles vont dans le « sens de l'histoire».

Dans tous les.

cas, il semble entendu que l'histoire a un sens,, et un seul.

Qu'en est-il ? Qu'est-ce que le « sens de l'histoire » ? S'agit-il d'une réalité ? I.

— EXPOSE : LE SENS DE L'HISTOIRE. L'expression « sens de l'histoire » peut être comprise de différentes manières. A.

— Les sens partiels. Si l'on considère que l'histoire est intelligible parce qu'elle est le fait des hommes, on admettra facilement que chaque événement est significatif.

En d'autres termes, on pense rattacher facilement un événement à sa cause lorsqu'on examine le passé.

Cela est d'ailleurs facile lorsqu'il s'agit d'événements heureux : les Français pensent bien que la victoire de la Marne est due à JOFFRE.

Mais comme la réalité est complexe, il y a généralement place pour une grande diversité d'interprétations, et l'on ne s'en aperçoit jamais aussi bien que lorsqu'on s'interroge sur la cause des événements néfastes.

« On juge inutile de déterminer les mobiles de NAPOLÉON à Austerlitz, mais on invoque la fatigue ou la maladie du même NAPOLÉON à la Moskowa ou à Waterloo.

» (Raymond ARON, L'opium des Intellectuels.

148.) B.

— Le sens global. 1.

Définition.

— Toutefois, l'expression « sens de l'histoire » est généralement prise dans une autre acception.

On ne considère plus chaque événement isolé, on ne se contente pas d'analyser le passé.

Le sens de l'histoire, c'est alors la direction prise par l'humanité en marche dans le temps.

Il s'agit d'un sens objectif.

Si dans cette perspective d'ensemble orientée vers l'avenir la prédiction des événements singuliers reste impossible, le but à atteindre est clairement défini et il éclaire les cheminements de demain et d'après-demain. 2.

Genèse.

— Mais avant de déterminer le cap que prend l'humanité «et de définir le sens global de l'histoire, il a fallu se pencher sur le passé et y trouver le dénominateur commun des principaux événements.

Toute théorie du sens de l'histoire est fondée sur une certaine lecture du passé.

MARX, témoin de l'opposition des classes au sein du régime capitaliste, explique l'histoire par le matérialisme dialectique : un jour viendra où la révolution amènera la victoire du prolétariat mondial sur-la bourgeoisie.

Dans une autre optique, l'histoire de l'Occident depuis la Renaissance peut donner à penser qu'elle se déroule dans le sens de la liberté.

Et lorsque nous considérons l'histoire du XXe siècle jusqu'à maintenant, elle semble aller dans le sens de l'unité.

Cette dernière thèse ne contredit d'ailleurs pas la précédente : l'unité que veut le monde, et vers quoi il aspire confusément, suppose une communauté de nations libres. Voilà comment, à partir de l'examen d'un passé plus ou moins récent, on peut être tenté d'affirmer que l'histoire a un sens.

Une question se pose alors tout naturellement : ce sens de l'histoire correspond-il à la réalité ? II.

— CRITIQUE. A.

— L'impossible unité. Pour qu'un sens global de l'histoire, et un seul, s'imposât, il faudrait qu'il eût en sa faveur l'unanimité des suffrages. En effet, le critère de l'objectivité, c'est l'universalité.

Or, si l'on est déjà divisé au sujet de la signification d'événements isolés, combien plus lorsqu'il s'agit de l'histoire dans sa totalité ! « L'histoire a, en dernière analyse, le sens que lui attribue notre philosophie » (R.

ARON, op.

cit., 171), disons plutôt nos philosophies.

Mais comme aucune ne rallie tous les penseurs, il s'ensuit qu'aucun sens objectif de l'histoire ne s'impose. a) L'histoire se fait-elle dans le sens du matérialisme dialectique ? Pourquoi faut-il alors que la société américaine présente apparemment moins de contraste entre ses classes qu'il n'en existe en U.R.S.S.

malgré la révolution socialiste ? Pour tout dire, comment une société du type capitaliste peut-elle être plus proche de l'idéal entrevu par MARX ? b) L'histoire se fait-elle dans le sens de la liberté ? Mais à mesure que se coupent les liens politiques, des liens économiques plus serrés se nouent.

Et puis, si l'histoire contemporaine nous rend témoins de l'indépendance de quelques pays d'Asie et des jeunes peuples d'Afrique, elle nous fait également assister à l'asservissement de vieilles nations européennes. c) L'histoire se fait-elle dans le sens de l'unité ? Mais, y a-t-il eu dans le passé pire opposition que celle des deux grands blocs, l'américain et le soviétique ? Du temps de feue la chrétienté, aux âges réputés obscurs, il y avait moins de coupure entre les peuples. B.

— La religion et l'histoire.. »

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