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Que veut-on dire quand on affirme de la science moderne Qu'elle est positive ?

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Sans doute, l'expérience est nécessaire à l'établissement de la science, et les mathématiques elles-mêmes n'auraient jamais été constituées si l'homme n'avait pas vu des objets réalisant d'une façon plus ou moins parfaite des figures géométriques et présentant une multiplicité à partir de laquelle se forment les idées, des nombres; bien plus, même une fois constituées, les mathématiques ne peuvent pas, ainsi que le montre l'échec des essais d'axiomatisation totale, se passer de toute donnée intuitive. Mais l'intuition sensible ne suffit pas à constituer la connaissance scientifique : la science suppose de plus la perception de rapports plutôt construits par l'esprit que donnés par les sens; c'est bien en tout cas un travail constructif de l'esprit qui conditionne la formation des théories explicatives unifiant les lois particulières. Il ne saurait donc y avoir de science purement a posteriori : le savant dépasse la donnée expérimentale quand il formule une hypothèse ou une théorie nouvelle, et c'est cette faculté de dépassement, contraire aux principes d'une étroite positivité. qui explique les progrès de la science moderne. II. ? CONCEPTIONS A PRÉCISER. A. Le positif fondé sur l'expérience. ? Si la science positive n'est pas un simple décalque de l'expérience et suppose des constructions mentales qui dépassent le donné expérimental, il n'en est pas moins vrai que la science moderne se fonde sur l'expérience : sa base de départ est inductive et non déductive; on n'a plus l'idée de déterminer les propriétés des choses en se fondant sur les attributs de Dieu, ni même sur des raisons de convenance rationnelle; on les observe et on expérimente sur elles. On pourrait objecter que si ces remarques se vérifient pour les sciences de la nature comme la physique ou la biologie, il n'en est pas de même dans les sciences mathématiques qui sont déductives.

« Que veut-on dire quand on affirme de la science moderne qu'elle est positive ? Introduction: Pdt des siècles, toutes les sciences furent englobées dans la philo dont elles ne se sont détachées qu'assez récemment. Aussi conservèrent-elles pendant longtemps l'esprit et même la méthode de la pensée philosophique.

Mais, de nos jours, elles ont à peu près conquis leur indépendance et on peut les distinguer de la philosophie par leur caractère positif. Mais que faut-il entendre par le terme de « science positive » ? Cet adjectif, dont l'usage est si répandu depuis Auguste COMTE, est pris dans des acceptions assez diverses.

C'est pourquoi nous commencerons par écarter des conceptions erronées de la science positive.

Nous serons ainsi amenés, par éliminations, puis par précisions successives, à la juste notion de la positivité scientifique. I.

— CONCEPTIONS A REJETER. A.

Le positif ramené à l'utile.

— On qualifie parfois de « positif » celui qui ne se laisse déterminer que par la considération d'intérêts et mêmes d'intérêts matériels qui affectent nos sens ou du moins sont appréciables en unités monétaires.

Cette sorte de positivisme ou de positivité s'oppose aux différentes formes de l'idéalisme moral, qui consiste à chercher le bien, le beau et le vrai pour eux-mêmes.

Le positiviste de cette sorte est un type particulier d'utilitariste. La science n'est pas positive de cette manière.

Sans doute, elle a des rapports étroits avec ses applications pratiques : d'abord, la plupart des découvertes scientifiques conditionnent des réalisations industrielles qui améliorent nos conditions de vie; bien plus, ce sont des problèmes d'ordre pratique qui souvent sont à l'origine des découvertes qui font avancer la science théorique.

Néanmoins, le savant en tant que tel cherche à comprendre et à expliquer la nature et non à l'utiliser; la science a atteint son but propre quand elle a donné l'explication des faits, et c'est à la technique qu'il appartient de procéder aux applications pratiques des données de la science. B.

Le positif ramené à l'expérimental.

— Dans une acception plus scientifique, le mot « positif» désigne ce qui se présente comme une donnée de fait, comme une donnée de l'expérience.

Dans ce sens, « positif » s'oppose à « rationnel ».

Est rationnel ce qui est admis comme conclusion d'un raisonnement; positif, ce qui est admis comme s'imposant à l'expérience sensible.

Ou, encore, le raisonnement se fondant sur des principes a priori, la connaissance positive est celle qui, résultant de la seule expérience, est tout entière a posteriori. Aucune science ne saurait être positive dans ce sens et se fonder sur l'expérience seule.

Sans doute, l'expérience est nécessaire à l'établissement de la science, et les mathématiques elles-mêmes n'auraient jamais été constituées si l'homme n'avait pas vu des objets réalisant d'une façon plus ou moins parfaite des figures géométriques et présentant une multiplicité à partir de laquelle se forment les idées, des nombres; bien plus, même une fois constituées, les mathématiques ne peuvent pas, ainsi que le montre l'échec des essais d'axiomatisation totale, se passer de toute donnée intuitive.

Mais l'intuition sensible ne suffit pas à constituer la connaissance scientifique : la science suppose de plus la perception de rapports plutôt construits par l'esprit que donnés par les sens; c'est bien en tout cas un travail constructif de l'esprit qui conditionne la formation des théories explicatives unifiant les lois particulières.

Il ne saurait donc y avoir de science purement a posteriori : le savant dépasse la donnée expérimentale quand il formule une hypothèse ou une théorie nouvelle, et c'est cette faculté de dépassement, contraire aux principes d'une étroite positivité.

qui explique les progrès de la science moderne. II.

— CONCEPTIONS A PRÉCISER. A.

Le positif fondé sur l'expérience.

— Si la science positive n'est pas un simple décalque de l'expérience et suppose des constructions mentales qui dépassent le donné expérimental, il n'en est pas moins vrai que la science moderne se fonde sur l'expérience : sa base de départ est inductive et non déductive; on n'a plus l'idée de déterminer les propriétés des choses en se fondant sur les attributs de Dieu, ni même sur des raisons de convenance rationnelle; on les observe et on expérimente sur elles. On pourrait objecter que si ces remarques se vérifient pour les sciences de la nature comme la physique ou la biologie, il n'en est pas de même dans les sciences mathématiques qui sont déductives.

Mais il est facile de montrer, jusque dans ces sciences, cette positivité qui consiste à constater ce qui est : comme le physicien, le mathématicien constate les propriétés, sinon des choses, du moins des notions. B.

Le positif identifié au certain.

— « Positif », par opposition à « imaginatif ou à « conjectural », est synonyme de réel. Tandis que les connaissances des anciens se mêlaient de mythes et de traditions confuses, la science moderne ne retient que ce qui est reconnu comme vrai ou réel. Sans doute, l'historien ne rejette pas les traditions et il s'inspire aussi des mythes; mais il les reçoit comme mythes et comme traditions, non comme l'expression rigoureuse des faits.

De même, là où la certitude absolue ne peut être atteinte, le savant se contente de la probabilité; mais il n'admet que la probabilité réelle et, de plus, il ne la confond pas avec la certitude. Cependant, il ne faudrait pas, faisant de « positif » le synonyme de « positiviste », considérer comme dénuée de certitude toute affirmation qui dépasse les faits « positifs », c'est-à-dire, pour les positivistes, contrôlés par des sens.

La psychologie, dont la principale source de renseignements est indépendante des organes sensoriels, est une science et même une science positive au même titre que la biologie ou la physique.

Quant à la métaphysique, pour laquelle il est essentiel de dépasser les données de l'expérience immédiate, on peut lui refuser le titre de science positive, au sens usuel du terme; mais on ne peut pas lui refuser celui de science et encore moins la rejeter parmi les mythes et les constructions de l'imagination. CONCLUSION.

— « Positif » est un de ces termes à significations gi multiples qu'il est dangereux de l'employer sans préciser dans quelle acception on le prend.

De plus, il est difficile de le libérer de la nuance spéciale que (ui a donné l'école positiviste qui a vulgarisé son usage.

C'est pourquoi il nous semble préférable de ne pas parler de science positive.. »

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