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Que veut-on dire lorsqu'on dit d?un animal qu'il lui manque que la parole ?

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De son espèce n'égalât en cela un enfant des plus stupides, ou du moins un enfant qui aurait le cerveau troublé, si leur âme n'était d'une nature toute différente de la nôtre. Et on ne doit pas confondre les paroles avec les mouvements naturels, qui témoignent les passions, et peuvent être imités par des machines aussi bien que par les animaux ; ni penser, comme quelques anciens, que les bêtes parlent, bien que nous n'entendions pas leur langage. Car s'il était vrai, puisqu'elles ont plusieurs organes qui se rapportent aux nôtres, elles pourraient aussi bien se faire entendre à nous qu'à leurs semblables. C'est aussi une chose fort remarquable que, bien qu'il y ait plusieurs animaux qui témoignent plus d'industrie que nous en quelques unes de leurs actions, on voit toutefois que les mêmes n'en témoignent point du tout en beaucoup d'autres : de façon que ce qu'ils font mieux que nous ne prouve pas qu'ils ont de l'esprit, car à ce compte ils en auraient plus qu'aucun de [189] nous et feraient mieux en toute autre chose ; mais plutôt qu'ils n'en ont point, et que c'est la nature qui agit en eux selon la disposition de leurs organes : ainsi qu'on voit qu'un horloge, qui n'est composé que de roues et de ressorts, peut compter les heures et mesurer le temps plus justement que nous avec toute notre prudence. » Aussi, c'est la raison présente en l'homme qui lui permet de proférer un langage articulé, et le différencie des animaux, l'homme est quelque chose de plus qu'une mécanique, il possède une âme. Aussi, ce n'est pas seulement une différence de culture, mais de nature entre l'homme et l'animal dont parle Descartes.     3) Il ne lui manque pas que la parole.   Les différences entre les Umwelt (monde perçu) de l'humain et ceux de l'animal sont essentielles. Contrairement à Von Uexküll, L'éthologue Buytendijk ne pense pas que l'on puisse dire que l'homme a un environnement comme l'animal. Au contraire de ce dernier, l'homme a un monde, car il adopte toujours un point de vue.

« C'est souvent par anthropomorphisme que l'homme arrive à penser que la seule chose qui le différencie de l'animal est la parole.

Comme si l'animal était capable de penser mais incapable de s'exprimer, capable de ressentir des émotions mais ne possédant pas la capacité de s'exprimer.

Il s'agit de se demander ce qui différencie vraiment l'homme de l'animal, et ce qui peut prêter à confusion qu'à l'existence d'une âme humaine. 1) La réalité humaine. Suffit-il, pour situer l'homme, de le placer, simplement, en tête de la lignée des mammifères supérieurs, en lui accordant cette primauté parce qu'il se trouve doté d'un caractère, d'une « différence spécifique », qui le distingue de tous les autres membres de cette lignée, proches et lointains : la rationalité ? La fameuse définition que donne de lui Aristote : l'homme est un animal doué de raison et donc de parole, équivaut sans doute à une réponse affirmative.

Et telle est aussi la portée des classifications que dresse l'arbre de Porphyre.

Il importe peu, dès lors, que cette différence spécifique soit conçue comme la résultante finale d'une évolution continue qui, au cours des siècles, mène l'homme de l'état simplement animal à l'état proprement humain, en passant par les anthropoïdes ; ou que, au contraire, on estime, par opposition à la thèse évolutionniste, que le caractère distinctif de l'humanité soit apparu par quelque mutation soudaine, créatrice d'une nouvelle espèce animale appelée par l'intelligence à dominer toutes les autres.

L'homme, dans l'un et l'autre cas, se limite à être un animal raisonnable qui demeure en parfaite continuité avec la nature.

Aussi l'anthropologue Boas écrit en 1911 dans le chapitre intitulé « Universalité des traits de la culture » de son livre The Mind of Primitive Man.

« C'est alors la possession du langage et de la culture qui fut estimée être la caractéristique exclusive de l'homme.

» De même selon Levi- Strauss dans Structure de la parenté a culture est donc fondée sur l'échange réglé et mutuel : des femmes, des mots, des biens.

La culture se manifeste et s'épanouit selon des modalités multiples.

Elle est, d'une certaine manière, la totalité de la société et de ses institutions : logique, langage, droit, art, religion ; manières de table et de lit ; vêtements, parures, techniques corporelles, formes de politesse.

Une culture est un système de parenté, qui fournit à l'individu généalogie et identité.

Et aussi bien des lois coutumières que des modalités d'échange économique, des outillages, des techniques, des modes de production et de consommation.

La caractéristique commune de ces manifestations est de constituer un « système analysable dans les termes d'un système plus général » (1960) 2) Le langage différencie l'homme de l'animal. Descartes dans la cinquième partie du Discours de la Méthode évoque l'idée que les animaux ne sont que des machines fort complexes.

L'homme est une machine faite des mains de Dieu beaucoup plus perfectionnée que celle fabriquée par les hommes.

Allant même plus, il fait remarquer qu'on pourrait distinguer une machine construite parfaitement d'un animal.

Il se débarrasse par là de l'âme sensitive de l'école.

Il récuse même que les animaux agisse grâce à une quelconque âme.

Les animaux sont des automates qui agissent par ressort.

Ce passage du discours de la Méthode vaut mieux que de longues explications sur la différence de l'homme et de l'animal : « Or, par ces deux mêmes moyens, on peut aussi connaître la différence qui est entre les hommes et les bêtes.

Car c'est une chose bien remarquable qu'il n'y a point d'hommes si hébétés et si stupides, sans en excepter même les insensés, qu'ils ne soient capables d'arranger ensemble diverses paroles, et d'en composer un discours par lequel ils fassent entendre leurs pensées ; et qu'au contraire il n'y a point d'autre animal, tant parfait et tant heureusement né qu'il puisse être, qui fasse le semblable.

Ce qui n'arrive pas de ce qu'ils ont faute d'organes : car on voit que les pies et les perroquets peuvent proférer des paroles ainsi que nous, et toutefois ne peuvent parler ainsi que nous, c'est-à-dire en témoignant qu'ils pensent ce qu'ils lisent ; au lieu que les hommes qui étant nés sourds et muets sont privés des organes qui servent aux autres pour parler,- autant ou plus que les bêtes, ont coutume d'inventer d'eux-mêmes quelques signes, par lesquels ils se font entendre à ceux qui étant ordinairement avec eux ont loisir d'apprendre leur langue Et ceci ne témoigne pas seulement que les bêtes ont moins de raison que les hommes, mais qu'elles n'en ont point du tout : car on voit qu'il n'en faut que fort peu pour savoir parler ; et d'autant qu'on remarque de l'inégalité entre les animaux d'une même espèce, aussi bien qu'entre les hommes, et que les uns sont plus aisés à dresser que les autres, il n'est pas croyable qu'un singe ou un perroquet qui serait des plus parfait.

De son espèce n'égalât en cela un enfant des plus stupides, ou du moins un enfant qui aurait le cerveau troublé, si leur âme n'était d'une nature toute différente de la nôtre.

Et on ne doit pas confondre les paroles avec les mouvements naturels, qui témoignent les passions, et peuvent être imités par des machines aussi bien que par les animaux ; ni penser, comme quelques anciens, que les bêtes parlent, bien que nous n'entendions pas leur langage.

Car s'il était vrai, puisqu'elles ont plusieurs organes qui se rapportent aux nôtres, elles pourraient aussi bien se faire entendre à nous qu'à leurs semblables.

C'est aussi une chose fort remarquable que, bien qu'il y ait plusieurs animaux qui témoignent plus d'industrie que nous en quelques unes de leurs actions, on voit toutefois que les mêmes n'en témoignent point du tout en beaucoup d'autres : de façon que ce qu'ils font mieux que nous ne prouve pas qu'ils ont de l'esprit, car à ce compte ils en auraient plus qu'aucun de [189] nous et feraient mieux en toute autre chose ; mais plutôt qu'ils n'en ont point, et que c'est la nature qui agit en eux selon la disposition de leurs organes : ainsi qu'on voit qu'un horloge, qui n'est composé que de roues et de. »

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