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Que vaut l'opposition entre travail manuel et travail intellectuel ?

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L'intelligence est originellement technicienne, elle est l'aptitude à fabriquer des outils. Il y a donc une relation intime entre l'activité technique et la réflexion théorique. - La technique exige de procéder par détours pour transformer la nature, elle témoigne de la faculté qu'a l'intelligence humaine de prendre un certain recul par rapport à la réalité. Tandis que l'animal est seulement présent à la nature, l'homme est capable de se la représenter.          3. Une nouvelle conception du travail - Développement de la technique à la base de cette dichotomie entre travail manuel et travail intellectuel L'ouvrier qui travaille à la chaîne, effectue toujours les mêmes actions et ne voit pas le résultat de son action, puisqu'il n'a pas une représentation globale de la production. Ce qui entraîne une déshumanisation du travail, puisque l'ouvrier n'est plus considéré que comme "force de travail". - Pour Simone Weil, le travail doit être pensé comme activité qui ne sépare pas la pensée de l'action, le "travail intellectuel" et "le travail manuel". Il donne à l'homme la mesure de sa liberté dans le sens qu'il lui montre ce qu'il peut faire à la nécessité des choses. - Il faut donc créer de nouvelles valeurs positives pour le travail.
  • I) Le travail intellectuel est opposé au travail strictement manuel.
a) L'homme a tout d'abord pensé avec ses mains. b) Travailler est dégradant. c) Le travail intellectuel est gage de progrès technique.
  • II) Le travail intellectuel n'est opposé au travail manuel.
a) La dévalorisation du travail manuel est récente. b) Une activité manuelle n'est jamais dénué d'esprit et d'intelligence. c) Travail de force et force du travail.
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« Que vaut l'opposition entre travail manuel et travail intellectuel? Il fallait ici dans un premier temps, voir que le travail était proprement humain et s'interroger sur le clivage qui existe, dans notre société, entre deux domaines du travail.

Cela demander, en fait, de s'interroger sur la véritable nature du travail, son origine et mettre en évidence que toute action, qui a pour but de transformer la nature, nécessite réflexion, c'est-à-dire mise en oeuvre des forces intellectuelles.

Par suite, il fallait s'interroger sur les raisons de ce fossé qui existe aujourd'hui et sur les conséquences du travail à la chaîne et l'industrialisation.

Nous donnons ici un plan possible, avec les principales références du thème.

(Bien entendu, il ne fallait pas mettre de titre de partie avec les numéros comme nous le faisons!) Le travail constitue une activité proprement humaine, nous ne disons pas qu'un fleuve qui transporte des cailloux travaille.

Le travail dès lors se présente de prime abord comme un acte qui se passe entre l'homme et la nature.

En effet, il est transformation des données naturelles pour satisfaire ses besoins, sa survie.

Pourtant la spécificité du travail humain réside dans l'outil, en effet les animaux eux aussi transforment la nature (l'oiseau construit un nid, l'abeille une ruche,...) Ce qui implique que la production, la transformation sont conscientes, dans le travail humain.

Si le travail manuel et intellectuel semblent tous deux avoir un même but, l'appropriation consciente de la nature, ne diffèrent-ils pas dans leur nature : l'un suppose l'utilisation du corps et agit sur la matière, tandis que l'autre semble ne pas toucher concrètement à la matière? Cependant ne faut-il pas que le travail, même manuel, comme activité consciente soit pensé? Ne faut-il pas concevoir une idée du travail qui dépasse cette dichotomie? 1.

Différences entre travail manuel et travail intellectuel - Travailleur manuel utilise son corps et ses forces physiques pour travailler.

Marx définissait ce travail comme mise en action des "forces dont son corps est doué, bras et jambes, têtes et mains." Le travail manuel a d'ailleurs été dévalorisé, considéré comme travail inintelligent.

Il est en effet associé à une force physique seulement qui ne nécessite aucune réflexion.

Le travail manuel est donc transformation directe de la matière par l'intermédiaire du corps. - Dans le travail intellectuel, pas de contact direct avec l'environnement extérieur.

Besoin d'outils mais d'outils purement abstraits : par exemple, le mathématicien se sert de chiffres, l'avocat de lois écrites, le philosophe de concepts... Le travail intellectuel dès lors ne demande pas de force physique particulière, ni un savoir-faire manuel, mais de l'intelligence et un entraînement de réflexion. Le travail intellectuel précède et ordonne le travail manuel.

En effet, l'ingénieur calcule et conçoit ce qu'il faut faire pour fabriquer une voiture, alors que l'ouvrier met en oeuvre les moyens pour la réaliser. 2.

Tout travail, même manuel demande une élaboration antérieure, une réflexion consciente - Pour reprendre Marx, ce qui distingue "le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit d'abord la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche." Le travail manuel, travail avec des outils, demande une intelligence qui prévoit les effets de son action et les moyens pour arriver au résultat. Aristote : " "l'être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d'outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs.

" - Dans la même optique, Bergson affirme que homo faber (fabricant d'outil) a précédé homo sapiens (sage).

L'intelligence est originellement technicienne, elle est l'aptitude à fabriquer des outils.

Il y a donc une relation intime entre l'activité technique et la réflexion théorique. - La technique exige de procéder par détours pour transformer la nature, elle témoigne de la faculté qu'a l'intelligence humaine de prendre un certain recul par rapport à la réalité.

Tandis que l'animal est seulement présent à la nature, l'homme est capable de se la représenter. 3.

Une nouvelle conception du travail - Développement de la technique à la base de cette dichotomie entre travail manuel et travail intellectuel L'ouvrier qui travaille à la chaîne, effectue toujours les mêmes actions et ne voit pas le résultat de son action, puisqu'il n'a pas une représentation globale de la production. Ce qui entraîne une déshumanisation du travail, puisque l'ouvrier n'est plus considéré que comme "force de travail". - Pour Simone Weil, le travail doit être pensé comme activité qui ne sépare pas la pensée de l'action, le "travail intellectuel" et "le travail manuel".

Il donne à l'homme la mesure de sa liberté dans le sens qu'il lui montre ce qu'il peut faire à la nécessité des choses. - Il faut donc créer de nouvelles valeurs positives pour le travail.

Adapter celui à l'homme et non le contraire. Pour Valery et Nietzsche, il s'agit de faire du travail une création pour que le travail soit un moyen d'épanouissement.

Il ne s'agit non plus uniquement de produire mais d'accomplir des actions intelligentes et épanouissantes, pour dépasser les clivages réducteurs. Le travail manuel et le travail intellectuel peuvent paraître opposés, puisqu'ils sont deux manières différentes de toucher au monde, soit par contact direct, soit par concepts.

Pourtant tous deux dans leur volonté de transformer la nature pour la rendre utile, doivent visualiser leur action et se la représenter au moyen de l'intelligence.

L'accroissement de la technique a amené ce que Marx appelle l'aliénation de l'homme, il faut prendre conscience que la séparation des deux types de travail comporte des dangers, d'exploitation mais aussi d'appauvrissement de l'homme.

Il est alors nécessaire de réfléchir à la notion de travail et de le réhabiliter comme mise en oeuvre de TOUS les moyens humains, dans une perspective créatrice.. »

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