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Que faut-il pour que la vie ait un sens ?

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Que faut-il pour que la vie ait un sens ?

La vie semble de prime abord détenir une structure intelligible, quand on considère ce qui la constitue, ce qui s’y reproduit indéfiniment, et de manière cyclique (la reproduction végétale, le climat, etc.). Mais elle apparaît plus difficilement saisissable quand elle devient l’expression d’une conscience. Le sens est toujours, semble-t-il, le résultat de croyances, de conceptions déterminées qui marquent en l’homme son appartenance au genre d’animal rationnel. Si la conscience est constitutive de la saisie de la vie, elle ne peut néanmoins en rester à cette intériorité. Le langage apparaîtra alors comme une détermination essentielle permettant aux sujets de partager, d’exprimer, leurs conceptions. Mais le sujet conscient sera toujours aussi le détenteur d’un sens irréductible caractéristique de son mode d’être en rapport unique avec les choses. N’y a-t-il pas alors le risque de se perdre dans une infinité de sens, si chacun est pour soi-même la source d’une conception unique de la vie ?   

I. Du langage comme élément constitutif de la compréhension du monde

II. Le sens phénoménologique de monde

 

III. L’art est la preuve d’une infinité possible de sens, mais en tant que détermination culturelle, il nécessite pour sa compréhension un certain bagage…

 

 

« Introduction La vie semble de prime abord détenir une structure intelligible, quand on considère ce qui la constitue, ce qui s'y reproduit indéfiniment, et de manière cyclique (la reproduction végétale, le climat, etc.).

Mais elle apparaît plus difficilement saisissable quand elle devient l'expression d'une conscience.

Le sens est toujours, semble-t-il, le résultat de croyances, de conceptions déterminées qui marquent en l'homme son appartenance au genre d'animal rationnel.

Si la conscience est constitutive de la saisie de la vie, elle ne peut néanmoins en rester à cette intériorité.

Le langage apparaîtra alors comme une détermination essentielle permettant aux sujets de partager, d'exprimer, leurs conceptions.

Mais le sujet conscient sera toujours aussi le détenteur d'un sens irréductible caractéristique de son mode d'être en rapport unique avec les choses.

N'y a-t-il pas alors le risque de se perdre dans une infinité de sens, si chacun est pour soi-même la source d'une conception unique de la vie ? I.

Du langage comme élément constitutif de la compréhension du monde L'homme se saurait, sans cet outil essentiel qu'est le langage, rendre effectif son pouvoir de compréhension de la vie.

Et penser la vie, c'est tenter de la saisir dans ses déterminations constitutives qui lui donnent une structure significative.

Le langage apparaît alors le lieu même où s'exerce une prise de position insigne à l'égard de la vie.

Il permet d'exprimer, de manière cohérente, un divers chaotiques, et de constituer, sur cette base fuyante, une intelligibilité, un sens.

Le langage apparaîtra avec Descartes comme le propre de l'homme puisqu'il est seul à détenir cette substance divine qu'est la pensée.

Ainsi même un sourd et muet usera de signes afin d'exprimer sa pensée.

Ce que ne peut pas faire un animal : « ce qui fait que les bêtes ne parlent point comme nous, est qu'elles n'ont aucune pensée, et non point que les organes leur manquent » (Lettre du 23 nov.

1646 au Marquis de Newcastle).

Le langage sert aussi à conceptualiser les êtres.

En effet, le terme « arbre » contient sous lui tous les arbres particuliers qui existent.

On ne peut attribuer pour chaque arbre un nom différent.

Les mots du langage sont pour Hegel le moyen d'unir en une existence concrète l'intérieur (pensée) et l'extérieur (l'objet).

Ainsi « vouloir penser sans les mots, c'est une tentative insensée » (Philosophie de l'esprit, § 463).

Il n'y a pas de pensée sans langage pour Hegel.

Le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.

Le langage vrai sera celui qui unit l'être et la pensée.

Le sens ainsi se plie à la nécessité d'une union entre les termes d'un rapport fondamental (le sujet et l'objet) susceptibles d'éclairer la vérité même de ce qui se joue toujours de manière rationnelle.

Mais le sens n'est-il pas d'abord ce que l'homme construit, ce qu'il vise, au-delà d'un simple regard quasi naïf d'une concordance entre le sujet et l'objet ? II.

Le sens phénoménologique de monde a.

Selon H.

Arendt, le monde est « lié aux productions humaines, aux objets fabriqués de main d'homme, ainsi qu'aux relations qui existent entre ses habitants ».

Seul l'être humain habite un monde, c'est-à-dire un séjour stable dont la permanence et la continuité se concrétisent dans les œuvres qui en sont l'expression la plus manifeste (cf. Condition de l'homme moderne).

Heidegger présentera l' « être-au-monde » pour signifier le refus de séparer le monde intérieur et le monde extérieur, et pour souligner que le monde en général est d'abord cette structure de sens visée par l'homme comme horizon de son action, de ses projets avant d'être un objet de connaissance. L'homme, pour la phénoménologie, n'est pas face au monde, mais il est dans le monde. b.

Un homme se décide ainsi lui-même son existence, cela à travers le choix des possibilités.

Heidegger montre que le Dasein (l'existant) est fondamentalement « être-au-monde », c'est-à-dire qu'il est familier, habitué au monde. Cette familiarité se caractérise par le commerce qu'il entretient avec l'outil.

L'outil est toujours fonction, et permet de renvoyer à une constitution du monde.

Le monde se dessine ainsi à travers un système de renvoi des choses entre-elles, et donc à partir des possibilités du Dasein, qui peut à tout moment utiliser selon des fins propres des outils, et constituer du sens (cf.

Être et Temps). c.

Dans la Phénoménologie de la perception, M.

Merleau-Ponty décrit la manière dont, avant toute objectivation scientifique, notre rapport au monde se constitue sur l'horizon infiniment ouvert de la perception.

La conscience est ainsi toujours engagée, parce qu'elle est toujours en contact avec le monde.

L'homme ne se tient pas face au monde, mais est une partie de la « chair du monde » (cf.

Le visible et l'invisible), dans laquelle se fonde le sens et le devenir visible de toutes choses.

Le monde n'est jamais totalement visible pour une conscience, d'où les diverses « conceptions du monde », ainsi que l'originalité propre à ceux qui désirent le considérer autrement, comme par exemple les poètes. III.

L'art est la preuve d'une infinité possible de sens, mais en tant que détermination culturelle, il nécessite pour sa compréhension un certain bagage… a.

Le monde peut s'avérer être proprement notre invention grâce à cette faculté qu'est l'imagination. Baudelaire montrera alors que pour connaître le réel, il faut d'abord l'inventer.

Ainsi l'imagination « décompose toute la création, et, avec des matériaux amassés et disposés suivant des règles dont on ne peut trouver l'origine que dans le plus profond de l'âme, elle crée un monde nouveau, elle produit la sensation du neuf » (Curiosités esthétiques, Salon de 1859).

L'imagination, reine des facultés, permet à tout sujet d'élaborer son monde à partir de matériaux déjà existants.

Elle est « la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai.

Elle est positivement apparentée avec l'infini » (ibid.).

La vérité dès lors est elle-même une croyance, une conception monadique.

Elle est une « multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphismes, bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement haussées, transposées, ornées […].

Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont […] » (Nietzsche, Le livre du philosophe).

Nietzsche fait la. »

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