Aide en Philo

Que faire face à la violence ?

Extrait du document

Que faire face à la violence ?

Thème : Pour expliciter la structure problématique de l’énoncé, la réflexion doit s’entamer par une définition de son thème cardinal, à savoir par une définition de la notion même de violence. La violence se définit comme acte marquant l’abus de la force. Comme tel, il est l’expression d’un agir contraignant la volonté d’un tiers (objet ou sujet). Ce tiers est ce à la tendance de quoi la violence s’oppose et qu’elle opprime. S’il s’agit d’un sujet supposément libre d’action, la violence intervient comme contrainte et répression de la volonté de ce dernier. La violence est donc d’abord acte de violence. Dans un second temps, et par contrecoup de la contrainte imposée, la violence implique des effets, eux-mêmes produits de violence. La violence opère ainsi la propagation d’une logique de soumission de l’altérité externe, extérieure au sujet. Dans le cas d’un acte de violence effectué à l’endroit d’un sujet humain, l’acte de contrainte s’opposant à la liberté de ce dernier peut atteindre au respect dû à son individualité d’être constitutivement moral (seconde maxime des impératifs catégoriques kantiens). C’est ainsi qu’en termes d’étymologie, la notion de violence est à rapporter à celle de profanation – ici profanation de l’intimité morale du sujet. Deux ordres constitutifs de la notion de violence sont donc à retenir : sa dimension pour ainsi dire phénoménale, ou en d’autre termes sa manifestation empirique explicite et observable dans le fait ; sa dimension métaphorique qui s’opère par transfert de l’immédiateté de l’acte physique sur l’intériorité psychique du sujet humain comme être moral supposé libre. Les deux ordres ne sont ni exclusifs, ni pour autant réductibles l’un à l’autre.

« Incipit : La violence humaine est un constat de fait.

Quotidiennement les médias se font les relais d'actes de violence.

C'est là la loi du fait divers.

Mais si la violence est fait, ce fait lui-même n'est jamais neutre et objectif.

En société, il suppose sa normalisation.

Autrement dit, la violence en contexte social est toujours fonction de son évaluation selon des critères arbitraires : les modifications de la caractérisation des actes entraînent la réévaluation de la présence de violence au sein d'une société.

C'est dire que la violence humaine est d'abord une construction sociale avant d'être fait naturel.

C omme dès lors dans ce cadre, celui du contexte social définissant l'homme comme être fondamentalement politique (A ristote), s'y opposer ? Thème : Pour expliciter la structure problématique de l'énoncé, la réflexion doit s'entamer par une définition de son thème cardinal, à savoir par une définition de la notion même de violence.

La violence se définit comme acte marquant l'abus de la force.

C omme tel, il est l'expression d'un agir contraignant la volonté d'un tiers (objet ou sujet).

C e tiers est ce à la tendance de quoi la violence s'oppose et qu'elle opprime.

S'il s'agit d'un sujet supposément libre d'action, la violence intervient comme contrainte et répression de la volonté de ce dernier.

La violence est donc d'abord acte de violence.

Dans un second temps, et par contrecoup de la contrainte imposée, la violence implique des effets, eux-mêmes produits de violence.

La violence opère ainsi la propagation d'une logique de soumission de l'altérité externe, extérieure au sujet.

Dans le cas d'un acte de violence effectué à l'endroit d'un sujet humain, l'acte de contrainte s'opposant à la liberté de ce dernier peut atteindre au respect dû à son individualité d'être constitutivement moral (seconde maxime des impératifs catégoriques kantiens).

C'est ainsi qu'en termes d'étymologie, la notion de violence est à rapporter à celle de profanation – ici profanation de l'intimité morale du sujet.

Deux ordres constitutifs de la notion de violence sont donc à retenir : sa dimension pour ainsi dire phénoménale, ou en d'autre termes sa manifestation empirique explicite et observable dans le fait ; sa dimension métaphorique qui s'opère par transfert de l'immédiateté de l'acte physique sur l'intériorité psychique du sujet humain comme être moral supposé libre.

Les deux ordres ne sont ni exclusifs, ni pour autant réductibles l'un à l'autre. Problème : L'analyse thématique de la notion centrale de l'énoncé conduit à insister sur la posture oppositive de la structure actantielle de l'acte violent : il engage deux acteurs distincts, aux volontés et forces opposées (l'acte de violence réflexive (« se faire violence ») implique de se rapporter à soi comme à un autre).

Cette dualité constitutive du fait de violence est dédoublé par la préposition en tête d'énoncé : être « face » à la violence, lui faire « face », ou encore s'y opposer.

Cela induit, ou plutôt présuppose comme allant de soi que tant le fait de subir que l'observation de la violence engage à la réaction.

La violence comme action implique nécessairement la réaction (que celle-ci consiste dans la révolte ou au contraire dans la soumission : se soumettre est déjà adhérer (réagir) à une ‘servitude volontaire').

Puisque la violence comprend dans son acte la réaction qu'elle doit entraîner comme sa conséquence nécessaire et constitutive de sa raison d'être (si la violence n'entraînait pas de réaction – autrement appelée violence gratuite – elle perdrait la raison même de son existence), cette complexion actantielle oppositive suppose de questionner deux postures définissant la place de qui constate le fait de violence : d'une part celle de la victime (constat vécu intéruerement) et d'autre part celle du témoin (observation extérieure).

De ces deux positions nous devons nous demander comment (modalités de réaction, agir étant, face à la violence, toujours réagir) elles peuvent ou doivent se comporter face à la violence.

Suivons les dans l'ordre. * I.

La violence de la victime Pour réagir, en tant que victime, face à la violence, deux choses en constituent la condition de possibilité.

Toutes deux reviennent à un type d'opération d'identification et de détermination de la structure de l'acte violent éprouvé.

Il faut à la fois pouvoir caractériser la nature de l'acte subi (psychologique ou physique) et identifier le principe actif de la violence, que l'acteur soit un sujet en confrontation directe ou alors que la violence suppose la médiation d'un processus tendant à en faire l'émanation d'une entité abstraite (‘la violence de la société', etc.).

Cela inscrit immédiatement le patient de l'acte violent dans la posture victimaire.

Par la reconnaissance du principe actif de la violence et de la raison de l'action violente, la victime procède immédiatement à sa rationalisation, ceci en termes étiologiques.

Et telle est la structuration de la dialectique de Maître et de l'esclave (Hegel, Phénoménologie de l'esprit) : en rendant raison de l'acte violent, la victime l'inscrit dans le cadre universalisé d'un ordre conceptuel, en conçoit le processus sur le mode abstrait, et par-là immédiatement s'élève elle-même au-dessus de l'acte et du principe actif de la violence en reconnaissant leur altérité sous forme d'opposition à sa propre subjectivité.

Autrement dit, se reconnaître comme victime permet de dépasser l'horizon limité de la matérialité de l'acteur violent (niant quant à lui l'existence de l'altérité), et permet à la victime de devenir pour ainsi dire le dominant de qui le domine physiquement ou psychiquement.

Ce faisant, et comme c'est toujours déjà la cas dans le contexte de l'humain politique, la violence participe d'un régime normalisé des actions humaines.

Elle n'est pas, et certainement n'est jamais, factualité brute de l'être naturel (il ne fait pas sens de parler de violence animale, ou de violence de la nature, autrement que par métaphore – contrairement aux théoriciens du droit naturel, si l'homme peut être dit originellement violent, c'est parce qu'à l'origine l'homme n'est jamais un être naturel, il est toujours déjà social).

Dire que la violence est une norme, c'est en faire le hors-norme de la norme elle-même, sa pathologie.

Et jamais il ne peut y avoir norme sans la possibilité de sa mise en échec, de sa non-application, possibilité qui est constitutive de son existence – autrement dit, une société où l'interdit de la violence est sans exception respecté (société sans crimes ni criminels) n'est que la négation de l'agir libre humain susceptible d'être rationnalisé par la norme, mais également et toujours de s'y soustraire (société des utopies totalitaires).

Devenue fonction d'une norme, la violence appartient donc au domaine proprement humain des systèmes de valeurs.

C 'est ces derniers qui en permettent l'identification, la condamnation, la mise en statistique, etc.

Comme élément d'un système normatif de valeur, la violence suppose la possibilité d'être jugée.

A utrement dit, en reconnaissant la rationalité et la normativité constitutive de l'acte de violence, nous affirmons que pour l'homme, s'y opposer doit passer par la normation du droit, du droit comme instrument répressif aux mains de la victime susceptible de condamner l'auteur de l'acte à une contre-violence sous forme de peine.

Face à la violence, l'homme en tant qu'être rationnel en état politique (état de droit) doit faire appel au droit et à son corrolaire la justice pénale. II.

Observation tierce : la posture du témoin L'acte de violence observé institue par définition le témoin dans une posture tierce.

Son implication est donc indirecte.

Mais il y a toujours implication, dans le cadre de la formulation de l'énoncé du moins (formulation soulignant l'oppositivité à la structure actantielle de l'acte violent par l'emploi prépositionnel « face »).

Cela pourrait se résumer par un impératif de non-neutralité, ou d'engagement – impératif moral justifiable par exemple en supposant l'existence d'une sympathie humaine universelle.

L'engagement apparaît comme un impératif constitutif du monde humain social.

C elui-ci, en tant que définit par la contrainte d'une entité abstraite (la société) sur chacun (Durkheim), et donc fondamentalement normalisé, implique en contexte de droit, que le constat (témoignage) de l'acte de violence ne doit ni ne peut rationnellement être répercuté par sa propagation, autrement dit entraîner la violence en acte par contrecoup.

Car cela simplement signifierait la négation de l'état politisé de droit propre à l'homme en société et conduirait à rétrocéder à la factualité d'une violence hors-norme, ou mieux, d'une violence hors-la-loi qui comme telle, dans la matérialité de son opposition de forces irrationnelles, n'est autre que la régression à la loi naturelle de l'animalité ( cf.

Rousseau sur la ‘loi du plus fort' in Le contrat social).

A ussi, la condition de possibilité d'une opposition à l'acte de violence en tant que témoin est la réaction non-violente, à moins d'accepter de se soumettre au régime de la pure naturalité des forces et d'envisager la possibilité de renier son humanité propre – ce qui est concevable pour autant qu'en son accepté les conséquences : voir son humanité niée en retour. Conclusion La violence s'inscrit au cœur la société humaine et est constitutive et nécessaire de son fonctionnement.

Elle signifie simplement l'existence fondamentale de l'opposition inter-individuelle, et de l'individu face à la société.

En contexte, s'y opposer pour la réduire et la réprimer implique sa normalisation légale et justiciable.

Face à la naturalité brute de la violence, extraite donc de l'ordre de la sphère sociale (et partant, de la moralité), la contrainte normative sont absente : s'y opposer de front suppose donc l'exercice d'une violence sans limite, tolérance, ni pitié.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles