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Quand puis-je dire que je suis seul ?

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·         La leçon que nous donne la solitude sur la communication, c?est de nous indiquer la nature du sujet de la relation. La personne est le sujet et ce sujet doit assumer sa solitude intérieure. Cela ne veut pas dire qu?il faille se replier sur soi ? ce serait le solipsisme ? cela veut dire que par essence, nous sommes seuls et qu?il nous faut l?accepter comme tel. Le refus de la solitude est infantile, l?acceptation de la solitude est maturité. La solitude révèle la croissance de l?âme. ·        D?autre part, assumer la solitude, ce n?est ni fuir la relation, ni s?aliéner dans les autres. L?ermite qui s?est isolé ne connaît pas forcément la solitude, car la seule rupture avec le monde ne suffit pas à donner une conscience profonde de la solitude intérieure. La vraie solitude est solitude avec autrui. L?expérience de la solitude est aussi une nécessité vitale, un véritable besoin : il est bon que nous conservions un droit à la solitude pour nous retrouver nous-mêmes. Tout homme a besoin de solitude pour se retrouver, pour prendre un peu de recul devant l?existence.

« Analyse du sujet · Eléments de définition : Seul = Le terme signifie à la fois l'état de celui qui vit à l'écart de la compagnie des hommes (tant physiquement que du point de vue psychologique), mais celui qui est unique (« être le seul »). Solipsisme = Doctrine, qui n'a jamais été réellement soutenue, selon laquelle le sujet pensant existerait seul. Ce terme, toujours péjoratif, est employé parfois pour qualifier une forme extrême de l'idéalisme.

Le penseur tchèque Ladislav Klima a défendu, sous le nom d'egosolisme, une forme réelle de solipsisme (Instant et éternité).

Wittgenstein, dans son Tractatus logico-philosophicus, a souligné le paradoxe du solipsisme qui rigoureusement pratiqué coïncide avec le réalisme. · Angles d'analyse : La solitude exprime avant tout l'état d'un sujet qui est sans compagnie d'autres hommes, soit physiquement, soit, et peut-être plus profondément, d'un point de vue psychologique lorsque la communication ne s'établit pas par exemple. Notre époque semble être, au moins a priori, l'époque de la communication.

Rien ne semble plus pouvoir arrêter les échanges de se nouer, les informations de circuler, etc.

Et pourtant, c'est précisément ce que le sujet nous demande d'interroger.

En effet, il s'agit ici de définir pleinement ce qui fait que l'on est seul.

On devra donc dépasser cette définition de la solitude comme privation de compagnie pour comprendre si elle ne peut pas être un sentiment plus profond et plus intérieur. La formule « puis-je » montre que nous devons ici nous interroger sur les conditions de légitimité d'une telle affirmation « je suis seul ».

Il s'agit donc de s'interroger sur les raisons d'être d'une telle affirmation : quand pouvons-nous légitimement affirmer que nous sommes seuls ? « Quand », en effet, fait porter la question philosophique sur les conditions non seulement de possibilité, mais plus profondément de légitimité, d'une telle affirmation « je suis seule » : il s'agira alors non de faire un catalogue des situations (tant spatiales que temporelles) dans lesquelles je me trouve seul (ce qui ne serait pas philosophique), mais au contraire de réunir problématiquement l'ensemble des conditions qui détermine l'état solitude.

Nous serons, dans cette perspective, amener à nous poser des questions fondamentales sur notre rapport à autrui, comme : la présence de l'autre, voire des autres, nous prémunit-elle de toute solitude ? On comprend alors au fond, que c'est précisément le rapport à autrui, la manière dont je me rapport irrémédiablement à l'autre, qui sont ici mis à la question.

En prenant en compte les conditions de légitimité de l'affirmation « je suis seul », nous pourrons, en creux, voire apparaître les conditions d'une relation à autrui que l'on pourrait appeler « authentique ». Problématique Quelles conditions de possibilité légitiment l'affirmation « je suis seul » ? La solitude peut-elle être définie, de façon définitive et surtout de façon essentielle (= relativement à son essence, sa nature), comme l'état de l'homme sans compagnie ? Le sentiment de solitude n'est-il pas plus profond ? Au fond, n'est-on pas toujours seul (en tant que sujet unique et singulier), même en compagnie d'autrui ? Il apparaît donc clairement que ce sont les relations avec autrui qui sont ici au cœur du sujet, mais aussi la relation que le sujet entretient avec lui-même.

Une interrogation sur « la communication » est alors nécessaire. Plan I- Etre seul, ou le sentiment d'isolement · · Le fait d'être seul ne peut se réduire au fait de ne pas être en compagnie de quelqu'un.

L'on peut tout à fait être seul sans ressentir aucun sentiment de solitude. Or, le fait d'être seul prend, philosophiquement, tout son sens lorsqu'il signifie la solitude.

Or, dans cette perspective, il semble que l'on puisse légitimement affirmer que nous sommes seuls lorsqu'on se sent isolé, quand on souffre d'un sentiment de démarcation vis-à-vis des autres que l'on ne peut effacer. Il y a d'un côté les autres et puis il y a moi qui me sens seul parce que je ne me sens pas enveloppé de la présence de la communauté des hommes.

Ainsi de la personne âgée qui vit seule chez elle et qui, ne supportant pas son sentiment. »

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