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Pourquoi le travail est-il considéré comme un droit ?

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Pourquoi le travail est-il considéré comme un droit ?

 

Analyse du sujet

 

-          Le sujet est composé de deux notions, le travail et le droit. On nous demande de réfléchir à leur relation à travers l’expression « être considéré comme ». Le présupposé du sujet est que le travail est considéré comme un droit. Il s’agit de réfléchir à la raison de ce fait.

-          Pourquoi : ce terme peut renvoyer aux causes (inconscientes ou conscientes) ou aux raisons (aux justifications rationnelles). Dans ce dernier cas, on peut renvoyer au but (dans quel but ?) ou à l’essence du travail (sa nature), ces deux idées étant liées (on travaille toujours dans un certain but).

-          « Etre considéré comme » : le sujet indique ici que le travail n’est pas de sa nature, un droit, mais qu’il est pris comme tel. La question est de savoir : considéré par qui ? On peut ici renvoyer à la société ou à l’Etat, qui instaure le travail comme un droit, alors qu’il ne le serait pas de manière naturelle ou spontanée.

-          Un droit : ce qu’il est permis d’exiger (avoir droit à) en raison d’une règle prescriptive (il faut) ou d’un contrat. C’est aussi ce qui est permis (avoir le droit de), soit de manière explicite par des lois, soit de manière implicite (ce qui n’est pas interdit).

-          Le travail : le travail est l'activité qui, reposant sur le besoin, transforme le monde extérieur pour pouvoir le satisfaire. De ce point de vue, le travail relève de la nécessité. Il est alors élément essentiel de la condition humaine. La pénibilité du travail réside essentiellement dans ce caractère non libre dans l'activité. Le travail renvoie à l'utile, il ne va donc pas sans technique, laquelle visant à adapter les moyens à la fin dans le souci d'efficacité : le plus grand résultat pour le moindre effort.

 

 

  • I-L’essence de l’homme résidant dans le développement de ses facultés proprement humaines, et le travail étant incompatible avec ce développement, c’est plutôt la notion de droit à ne pas travailler qui est justifiée. L’idée de droit au travail n’est alors qu’un idéologie.
  • II- Mais on peut comprendre le droit au travail comme un droit à l’accès au moyen de production et pas seulement comme un droit au travail salarié.
  • III- On considère le travail comme un droit parce que le travail est l’essence de l’homme, et que tout droit se fonde sur cette essence.

 

« Analyse du sujet - - - - - Le sujet est composé de deux notions, le travail et le droit.

On nous demande de réfléchir à leur relation à travers l'expression « être considéré comme ».

Le présupposé du sujet est que le travail est considéré comme un droit.

Il s'agit de réfléchir à la raison de ce fait. Pourquoi : ce terme peut renvoyer aux causes (inconscientes ou conscientes) ou aux raisons (aux justifications rationnelles).

Dans ce dernier cas, on peut renvoyer au but (dans quel but ?) ou à l'essence du travail (sa nature), ces deux idées étant liées (on travaille toujours dans un certain but). « Etre considéré comme » : le sujet indique ici que le travail n'est pas de sa nature, un droit, mais qu'il est pris comme tel.

La question est de savoir : considéré par qui ? On peut ici renvoyer à la société ou à l'Etat, qui instaure le travail comme un droit, alors qu'il ne le serait pas de manière naturelle ou spontanée. Un droit : ce qu'il est permis d'exiger (avoir droit à) en raison d'une règle prescriptive (il faut) ou d'un contrat.

C'est aussi ce qui est permis (avoir le droit de), soit de manière explicite par des lois, soit de manière implicite (ce qui n'est pas interdit). Le travail : le travail est l'activité qui, reposant sur le besoin, transforme le monde extérieur pour pouvoir le satisfaire.

De ce point de vue, le travail relève de la nécessité.

Il est alors élément essentiel de la condition humaine.

La pénibilité du travail réside essentiellement dans ce caractère non libre dans l'activité. Le travail renvoie à l'utile, il ne va donc pas sans technique, laquelle visant à adapter les moyens à la fin dans le souci d'efficacité : le plus grand résultat pour le moindre effort. Problématique Le travail est l'effet d'une nécessité.

En effet, l'homme est soumis à des conditions de vie qui l'obligent à s'adapter et à travailler pour combler ses besoins.

En ce sens, le travail relève d'un fait par rapport auquel l'homme n'a pas de liberté particulière.

En ce sens, il paraît difficile de comprendre en quoi le travail serait un droit, s'il ne répond pas à une liberté mais à une nécessité.

En ce sens l'idée que le travail soit considéré comme un droit paraît indiquer la stabilisation juridique d'un rapport de force naturel, dans lequel on fait passer pour objet d'un choix ce qui est en réalité le fruit d'une contrainte.

La raison d'une telle considération du travail peut alors relever d'un subterfuge idéologique qui transforme la contrainte sociale du travail en illusion de liberté, ceci au profit d'une classe dominante qui peut alors se consacrer aux loisirs. Néanmoins, le droit a pour fonction d'assurer la coexistence des libertés, donc l'existence de chacun des individus, dans une sphère sociale organisée.

Dès lors, si le travail n'est pas considéré comme un droit à (ce qui est exigible des autres membres de la communauté), et non plus simplement un droit de (ce qu'il m'est permis de faire), c'est mon droit à vivre qui est susceptible d'être remis en question.

En effet, la société se doit de préserver les trois droits fondamentaux que sont la conservation de soi à travers la sécurité et la propriété.

Or le travail est le moyen d'acquérir la propriété, donc d'assurer sa sécurité, et partant, sa conservation.

Considérer le travail comme un droit revient alors à assurer un droit à l'existence. La question la plus profonde porte donc sur le statut de l'existence humaine : est-elle essentiellement loisir, auquel cas considérer le travail comme un droit n'est que le fruit d'une idéologie particulière, ou bien est-elle constituée par le travail, auquel cas considérer le travail comme un droit n'est rien d'autre que reconnaître un droit d'exister, lequel impliquant des obligations réciproques. I-L'essence de l'homme résidant dans le développement de ses facultés proprement humaines, et le travail étant incompatible avec ce développement, c'est plutôt la notion de droit à ne pas travailler qui est justifiée.

L'idée de droit au travail n'est alors qu'un idéologie. - - Si le droit a pour vocation d'assurer le maximum de liberté à l'individu, et si l'activité libre, proprement humaine, ne se réalise que dans une activité qui réalise l'essence de l'homme, alors l'idée de droit au travail est contradictoire.

En effet, comme le remarque Aristote, la nature humaine peut se définir par son caractère spécifique, qui est la pensée.

Cette activité se manifeste sur le plan pratique comme activité politique, et sur le plan théorique comme activité contemplative, ou scientifique.

Ces activités sont libres en ce sens qu'elles ont en elles-mêmes leur propre fin et réalisent le bonheur de l'individu au sein de la cité.

Néanmoins, la condition humaine est telle que l'homme est contraint de travailler pour combler ses besoins.

Dès lors, la nature humaine (réaliser son bonheur dans l'activité proprement humaine) s'oppose à la condition humaine, laquelle implique de travailler péniblement pour survivre.

En ce sens, chaque homme devrait avoir droit au loisir, afin de se développer.

Concrètement, ce droit n'appartient, dans la cité grecque, qu'aux hommes libres, les citoyens, le travailleur quant à lui voyant son statut se réduire à celui d'un animal domestique, comme le remarque Arendt dans la Condition de l'homme moderne.

Dès lors promouvoir un droit au travail serait promouvoir le droit pour chacun de perdre son humanité en se liant à la contrainte naturelle et au besoin. Or, on peut voir tout l'intérêt de promouvoir une telle idée dans une société basée sur le profit.

En effet, si la cité grecque admet l'esclavage, ce n'est pas tant pour un objectif de croissance ou d'enrichissement, que pour libérer les citoyens du travail.

Dès lors il est évident que l'esclave libéré retrouve son statut d'homme.

Mais une société de type capitaliste vise à l'augmentation perpétuelle des richesses.

En ce sens, l'idée d'un droit au travail n'est qu'une manière détournée de valoriser le travail au détriment du loisir (lequel n'est pas l'absence d'activité, mais l'activité politique et théorique).

En effet, qu'est-ce qu'une idéologie ? C'est un discours légitimant une pratique qui réalise les intérêts de ceux qui la promeuvent.

Or, l'intérêt réalisé est bien ici celui de la classe bourgeoise, qui récupère la plus-value du travailleur comme l'a. »

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