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Pourquoi ce qui est laid dans la vie ou dans la nature peut devenir beau dans une oeuvre d'art ?

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Pourquoi ce qui est laid dans la vie ou dans la nature peut devenir beau dans une oeuvre d'art ?

Par laid, nous entendons ce qui est juge comme déplaisant par celui qui regarde l’objet ainsi qualifie. Le laid est donc un jugement sur une chose ou un être, qualifie de manière négative parce qu’il provoque un sentiment de répugnance chez celui qui se rapporte a lui.

 

Lorsque nous parlons de quelque chose de laid dans la vie, nous employons le terme « laid » dans un sens plus métaphorique que concret. En effet, quelque chose de laid dans la vie est quelque chose qui provoque en nous un sentiment de répugnance morale, le sentiment que ce à quoi nous assistons est contraire à ce que nous jugeons juste et décent. En revanche, lorsque nous parlons de quelque chose de laid dans la nature, c’est davantage à la notion de difformité que nous nous rapportons. En effet, une définition possible de la laideur est celle de disharmonie, par contraste avec le beau qui est susceptible d’être considéré comme un synonyme d’harmonie. Par conséquent, être laid dans la nature signifie provoquer un sentiment de disharmonie, de rupture avec les lois de la symétrie qui peut être ressentie comme quelque chose de disgracieux, déplaisant.

 

Le beau peut se définir comme ce qui, dans un être ou un objet, est susceptible de procurer un sentiment de plaisir à celui qui le contemple.

Une œuvre d’art est le produit de cette activité singulière que l’on nomme l’art, et qui comprend en vérité deux dimensions distinctes. Jusqu’au dix-huitième siècle, le terme « art » désignait l’ensemble des techniques de production d’artefacts : tel était encore le cas dans le Discours sur les sciences et les arts (1750) de Jean-Jacques Rousseau. Aujourd’hui, par art nous entendons plutôt une activité créatrice gratuite, mais sérieuse, qui représente dans des œuvres un état de la sensibilité et de la pensée d’une époque, en s’opposant à la fois à la disgrâce qui frappe les activités techniques utilitaires, jugées serviles, et à la futilité des activités ludiques vouées au divertissement. Ni labeur, ni distraction, l’œuvre d’art incarne et suggère un sentiment de la vie.

Lorsque nous demandons pourquoi ce qui est laid dans la vie ou dans la nature peut devenir beau dans une œuvre d’art, nous interrogeons le pouvoir transfigurateur de l’art, à savoir la capacité de l’art à transfigurer, rendre différent, et davantage esthétique, ce qui ne le serait pas sans son intervention. Mais une telle question est cependant soumise a controverse, dans la mesure où elle présupposé que ce pouvoir transfigurateur est bel et bien détenu par l’art, ce qui n’est nullement certain : ce qui est laid peut le demeurer en toutes circonstances, et l’art peut fort bien choisir ses sujets en fonction de leur seule beauté intrinsèque.

 

La question au centre de notre travail sera donc de déterminer si l’art possède bel et bien un pouvoir transfigurateur.

« Par laid, nous entendons ce qui est juge comme déplaisant par celui qui regarde l'objet ainsi qualifie. Le laid est donc un jugement sur une chose ou un être, qualifie de manière négative parce qu'il provoque un sentiment de répugnance chez celui qui se rapporte a lui. Lorsque nous parlons de quelque chose de laid dans la vie, nous employons le terme « laid » dans un sens plus métaphorique que concret. En effet, quelque chose de laid dans la vie est quelque chose qui provoque en nous un sentiment de répugnance morale, le sentiment que ce à quoi nous assistons est contraire à ce que nous jugeons juste et décent. En revanche, lorsque nous parlons de quelque chose de laid dans la nature, c'est davantage à la notion de difformité que nous nous rapportons. En effet, une définition possible de la laideur est celle de disharmonie, par contraste avec le beau qui est susceptible d'être considéré comme un synonyme d'harmonie. Par conséquent, être laid dans la nature signifie provoquer un sentiment de disharmonie, de rupture avec les lois de la symétrie qui peut être ressentie comme quelque chose de disgracieux, déplaisant. Le beau peut se définir comme ce qui, dans un être ou un objet, est susceptible de procurer un sentiment de plaisir à celui qui le contemple. Une œuvre d'art est le produit de cette activité singulière que l'on nomme l'art, et qui comprend en vérité deux dimensions distinctes. Jusqu'au dix-huitième siècle, le terme « art » désignait l'ensemble des techniques de production d'artefacts : tel était encore le cas dans le Discours sur les sciences et les arts (1750) de Jean-Jacques Rousseau. Aujourd'hui, par art nous entendons plutôt une activité créatrice gratuite, mais sérieuse, qui représente dans des œuvres un état de la sensibilité et de la pensée d'une époque, en s'opposant à la fois à la disgrâce qui frappe les activités techniques utilitaires, jugées serviles, et à la futilité des activités ludiques vouées au divertissement. Ni labeur, ni distraction, l'œuvre d'art incarne et suggère un sentiment de la vie. Lorsque nous demandons pourquoi ce qui est laid dans la vie ou dans la nature peut devenir beau dans une œuvre d'art, nous interrogeons le pouvoir transfigurateur de l'art, à savoir la capacité de l'art à transfigurer, rendre différent, et davantage esthétique, ce qui ne le serait pas sans son intervention. Mais une telle question est cependant soumise a controverse, dans la mesure où elle présupposé que ce pouvoir transfigurateur est bel et bien détenu par l'art, ce qui n'est nullement certain : ce qui est laid peut le demeurer en toutes circonstances, et l'art peut fort bien choisir ses sujets en fonction de leur seule beauté intrinsèque. La question au centre de notre travail sera donc de déterminer si l'art possède bel et bien un pouvoir transfigurateur. I. L'art n'est nullement transfigurateur, mais sélectif a. Le laid est ainsi défini de manière absolue et inchangeable Nous commencerons par dire que l'art n'est nullement capable de faire devenir ce qui est laid dans la nature ou la vie de l'ordre du beau, dans la mesure ou le laid est défini de manière absolue et impossible a changer, modifier. Pour appuyer cette thèse, nous devons passer par la conception Kantienne du beau. Pour Kant, le beau est bien universel, car il est la valeur à laquelle se réfère tout jugement. Il est défini par Kant comme « ce qui plaît universellement sans concept ». De ceci nous pouvons conclure que le jugement esthétique, désintéressé par nature, fait l'objet d'une prétention à l'universalité. Ce principe est énoncé par Kant dans le chapitre VI de la Critique de la Faculté de Juger : « Le beau est ce qui est représenté sans concept comme objet d'une satisfaction universelle. (...) Car qui a conscience que la satisfaction produite par un objet est exempte d'intérêt, ne peut faire autrement qu'estimer que cet objet doit contenir un principe de satisfaction pour tous. En effet, puisque la satisfaction ne se fonde pas sur quelque inclination du sujet (ou quelque autre intérêt réfléchi), mais qu'au contraire celui qui juge se sent entièrement libre par rapport à la satisfaction qu'il prend à l'objet, il ne peut dégager comme principe de la satisfaction aucune condition d'ordre personnel, dont il serait seul à dépendre comme sujet. Il doit donc considérer que la satisfaction est fondée sur quelque chose qu'il peut aussi supposer en tout autre. Et par conséquent, il doit croire qu'il a raison d'attribuer à chacun une satisfaction semblable. Il parlera donc du beau, comme si la beauté était une structure de l'objet et comme si le jugement était logique (et constituait une connaissance de celui-ci par des concepts de l'objet), alors que le jugement n'est qu'esthétique et ne contient qu'un rapport de la représentation de l'objet au sujet ; c'est que le jugement esthétique ressemble toutefois en »

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