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Possibilité, difficulté et intérêt d'une psychologie animale ?

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Il s'est produit depuis un siècle un élargissement considérable du domaine de la psychologie et on ne pourrait plus lui reprocher aujourd'hui d'être seulement la psychologie de l'adulte blanc et civilisé. Il existe une psychologie de l'enfant, une psychologie du fou, une psychologie de la mentalité primitive ; et cet élargissement déborde même l'objet humain, puisqu'il existe une psychologie animale. Mais l'emploi de ce terme « psychologie animale » soulève des questions et il nous paraît nécessaire de nous demander à quelles conditions une psychologie de l'animal est possible, quelles difficultés rencontre sa réalisation et quel intérêt elle présente.

I. Possibilité de la psychologie animale.

II. Difficultés de la psychologie animale.

III. Intérêt de la psychologie animale.  

« Introduction : Il s'est produit depuis un siècle un élargissement considérable du domaine de la psychologie et on ne pourrait plus lui reprocher aujourd'hui d'être seulement la psychologie de l'adulte blanc et civilisé.

Il existe une psychologie de l'enfant, une psychologie du fou, une psychologie de la mentalité primitive ; et cet élargissement déborde même l'objet humain, puisqu'il existe une psychologie animale.

Mais l'emploi de ce terme « psychologie animale » soulève des questions et il nous paraît nécessaire de nous demander à quelles conditions une psychologie de l'animal est possible, quelles difficultés rencontre sa réalisation et quel intérêt elle présente. I.

Possibilité de la psychologie animale. Avec l'enfant, avec le primitif, avec le fou, nous sommes en présence d'êtres humains et, si profondes que puissent être les différences qui les séparent de nous, nous pouvons communiquer dans une certaine mesure par le langage. Le langage reste donc ici un moyen d'accès dont la psychologie use largement (cf.

les études de Piaget sur les enfants par exemple).

D'autre part, parce que ce sont des êtres humains, nous leur attribuons une vie intérieure; nous pensons qu'ils ont comme nous des sentiments, des images, une conscience.

La situation est toute différente lorsque nous sommes en présence de l'animal, car comme le disait Descartes « l'esprit, méditant en soi-même, et faisant réflexion sur ce qu'il est, peut bien expérimenter qu'il pense, mais non pas si les bêtes ont des pensées ou si elles n'en ont pas ». Il est donc évident qu'une psychologie animale ne sera possible que si l'on n'identifie pas la psychologie avec la connaissance de la vie intérieure et avec l'introspection.

Si l'on se plaçait dans une telle perspective, il faudrait affirmer dès le point de départ qu'il ne peut y avoir de psychologie animale.

Une psychologie animale ne peut être qu'une psychologie objective, une psychologie du comportement, c'est-à-dire une étude des attitudes et des activités de l'animal en face de certaines situations, s'interdisant toute hypothèse sur leur vie psychique.

C'est d'ailleurs dans ce sens que la psychologie animale s'est effectivement développée avec les études de Pavlov sur les réflexes, avec les expériences de Köhler sur les singes, de Guillaume sur les souris, etc.

La méthode de la psychologie animale se rapprochera alors de la méthode expérimentale et elle reposera sur l'observation et l'expérimentation. On peut donc dire avec M.

Guillaume : « la psychologie animale, si elle existe, suit une méthode toute différente de celle de la psychologie humaine.

Certains ajouteront : la différence est telle que la seconde seule mérite le nom de psychologie » (Psychologie animale, p.

13). II.

Difficultés de la psychologie animale. Elles sont nombreuses et concernent tantôt l'investigation elle-même, tantôt l'interprétation. 1.

Difficultés de l'observation d'abord : Il ne s'agit plus en effet d'observer des objets inertes qui restent passifs devant notre examen.

Bien souvent, de même que la présence de l'adulte trouble les jeux des enfants, la présence de l'homme fait fuir les animaux et il est difficile d'observer leur vie.

Il faut souvent des trésors d'ingéniosité et de patience pour saisir les animaux dans leur existence quotidienne.

Qu'on songe pour prendre deux exemples très différents, aux difficultés rencontrées par des savants qui ont voulu observer la vie des chimpanzés en liberté dans les forêts de Guinée et qui n'ont pu trancher d'une manière définitive si leurs groupes sont des familles ou s'ils réunissent des individus sans parenté réelle ; et qu'on songe d'autre part aux difficultés pour identifier des fourmis dans une fourmilière et suivre avec précision les allées et venues de l'une d'entre elles. 2.

Difficultés de l'expérimentation : Pour éviter les difficultés de l'observation, on est tenté alors de lui substituer l'expérimentation et d'étudier les réactions à des situations ou des problèmes posés par l'homme.

Telle est bien la méthode de Pavlov et celle de Köhler.

Mais alors on se heurte à de nouvelles difficultés : l'expérience risque de placer l'animal dans des conditions artificielles et de faire apparaître des comportements qui ne jouent pratiquement aucun rôle dans la vie normale de l'animal : c'est ainsi que les expériences de Pavlov ont fait l'objet de la part de certains psychologues de toute une critique et qu'on a pu déclarer que « c'est seulement dans les expériences de laboratoires qu'on observe ces réactions qui ont le caractère des réflexes...

» (Buytendijk).

De môme les expériences sur le singe ont montré qu'on posait souvent à l'animal des problèmes qui n'avaient pas de sens pour lui, ou qu'au contraire on lui suggérait sans s'en rendre compte la solution. 3.

Danger d'anthropomorphisme :. »

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