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Peut-on parler de travail sur soi-même ?

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Introduction : L'expression « travail sur soi même » laisse entendre que l'on pourrait se changer soi même, se perfectionner comme on perfectionne une machine. Mais que peut on changer de soi même? Tout d'abord, le moi n'est pas un objet posé devant nous « sur » lequel nous pouvons travailler comme sur n'importe quel objet. D'autre part le travail est l'activité du sujet lui même, est il possible d'être à la fois l'agent et le patient du même travail? Mais le moi n'est pas non plus le pur sujet, le pur centre d'action qui travaille, il peut être l'objet du travail du sujet si il en est distinct. C'est au sein de ce moi divisé que peut prendre sens l'expression « travail sur soi même ». Cependant, le terme de « travail » implique une relation dynamique entre le sujet et l'objet qu'il faudra interroger. Le travail sur soi suppose de se confronter à soi même, mais cela est il nécessairement un processus conscient orienté vers un progrès? Certains états pathologiques sont des états conscients ou inconscients de destruction du moi. Il peut y avoir quelque chose de mauvais en nous qui « nous travaille ». A quelles conditions les conflits internes sont-ils positifs? A quelles conditions peut on parler d'une auto-construction du moi? Problématique : En tant que sujet, le moi peut-il être un objet sur lequel on travaille?

« Introduction : L'expression « travail sur soi même » laisse entendre que l'on pourrait se changer soi même, se perfectionner comme on perfectionne une machine.

Mais que peut on changer de soi même? Tout d'abord, le moi n'est pas un objet posé devant nous « sur » lequel nous pouvons travailler comme sur n'importe quel objet.

D'autre part le travail est l'activité du sujet lui même, est il possible d'être à la fois l'agent et le patient du même travail? Mais le moi n'est pas non plus le pur sujet, le pur centre d'action qui travaille, il peut être l'objet du travail du sujet si il en est distinct.

C'est au sein de ce moi divisé que peut prendre sens l'expression « travail sur soi même ». Cependant, le terme de « travail » implique une relation dynamique entre le sujet et l'objet qu'il faudra interroger.

Le travail sur soi suppose de se confronter à soi même, mais cela est il nécessairement un processus conscient orienté vers un progrès? Certains états pathologiques sont des états conscients ou inconscients de destruction du moi.

Il peut y avoir quelque chose de mauvais en nous qui « nous travaille ».

A quelles conditions les conflits internes sontils positifs? A quelles conditions peut on parler d'une auto-construction du moi? Problématique : En tant que sujet, le moi peut-il être un objet sur lequel on travaille? I : Le travail comme transformation du monde 1.

Le travail suppose la distinction du sujet et de l'objet Le travail est le processus dans lequel le sujet transforme le monde.

Si on distingue avec Aristote la cause matérielle (la pierre), la cause finale (le but : construire la statue), la cause motrice (la force du sculpteur) et la cause formelle (la forme de la statue), le sujet assume à la fois la cause finale, la cause formelle et la cause efficiente.

Par sa force (cause motrice), il transforme le monde selon ses désirs et ses représentations (causes finales et formelles), le monde n'est que la cause matérielle.

Par le travail, l'homme se heurte à la matière du monde et en fait son objet.

Il faut donc qu'existe à priori la distinction du sujet qui travaille et de la matière sur laquelle il travail pour leur rencontre engendre la production d'un objet.

Le travail se fait donc sur autre chose que soi même. 2.

Le moi est le sujet du travail Le travail est l'activité d'un sujet sur un objet, le mot « travail » désigne une relation entre deux termes.

Il semble contradictoire qu'un sujet soit lui même l'objet de son travail, un moi ne peut qu'être l'objet du travail d'un autre moi.

C'est par exemple le cas dans l'éducation : l'éducateur peut éduquer l'enfant par ce qu'il est extérieur, différent.

Ou encore un psychologue : il peut travailler sur son patient par ce qu'il est en différent, le moi ne se connaît pas en dehors de sa propre conscience, il ne peut pas sonder ses déterminations inconscientes.

Un moi seul ne peut pas travailler sur lui même par ce qu'il n'a pas en lui l'écart entre le sujet et l'objet nécessaire au travail. 3.

Le travail suppose une aptitude Le travail suppose une compétence technique, il y a toujours des « règles du métier », des aptitudes qui permettent de travailler.

Or un sujet qui entreprendrait de travailler sur lui même tomberait dans un cercle vicieux par ce qu'il essayerait justement de travailler sur ses inaptitudes sans en avoir l'aptitude.

Il faut donc qu'il acquiert l'aptitude qui lui manque par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre.

Et dès qu'il aurait acquis l'aptitude qui lui manque, il n'aurait plus besoin de travailler sur lui même.

Si quelqu'un ne sait pas faire de vélo, il suffit que quelqu'un d'autre lui apprenne. Transition : Le moi ne peut travailler sur lui même en tant qu'il ne peut pas être à la fois le sujet et l'objet de la même activité : en tant qu'un, il ne peut pas être deux.

Mais on peut remettre en cause cette impossibilité en disant que le moi n'est pas simple mais multiple.

Le moi est divisé, les philosophes ont exprimé cette division de diverses façon, par exemple la séparation de l'âme et du corps, des divisions dans l'âme elle même, une conscience et un inconscient.

Par là il est possible de penser un travail du sujet sur lui même. II : Le moi divisé 1.

L'âme et le corps On pourrait commencer par exprimer cette différence au sein du moi par la distinction de l'âme et du corps.

L'âme désigne la pensée qui est intérieure, immatérielle, c'est le moi mental.

Le corps désigne quant à lui le moi en tant qu'il est extérieur et matériel.

On peut facilement penser un travail de l'âme sur le corps : tous les soins du corps ou l'esthétique corporelle (aussi bien les vêtements que le maquillage, les coiffures, piercings ou même la chirurgie esthétique) sont des travaux de l'âme sur le corps.

On a bien là le moi en tant que sujet qui se transforme en tant qu'objet. 2.. »

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