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Peut-on parler de travail inhumain ?

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        Le travail est une activité humaine qui se distingue sans doute de toutes les autres en cela qu'elle est l'objet d'appréciations, d'évaluations nombreuses et très contrastées : une calamité pour les uns, une bénédiction pour les autres. Or si l'on peut dire que le travail est une malédiction pour les uns n'est-ce pas dire que c'est dû au fait que le travail peut être inhumain ? Or pour s'en convaincre, on peut faire un retour historique sur les avancés du droit du travail qui montrent négativement toute l'inhumanité du travail dans certaines conditions : 1841, première loi limitant le travail des enfants. 1936, premiers congés payés. 1982, réduction de la semaine de travail à trente-neuf heures. Ces quelques dates montrent combien le temps consacré au travail par un individu au cours de sa vie a diminué (en France) en cent cinquante ans. Le temps libéré est devenu temps de loisir. Et il y a dans le loisir bien autre chose que le simple repos. Aussi sommes-nous tenus de bien organiser nos loisirs. Or l'importance croissante des loisirs met en exergue la désaffection du travail. Pourtant le travail est nécessaire à l'homme. En effet, contrairement aux animaux, l'homme est mal adapté à son milieu et ce n'est qu'à travers sin travail qu'il peut entrer en symbiose avec son environnement. Mais avec l'évolution des techniques de travail et de la division du travail, cette bénédiction est devenue malédiction : d'une humanisation par le travail on est passé à une déshumanisation. Dès lors la question de savoir si l'on « peut parler de travail inhumain » se pose dans la mesure où cela conduit à une tension : le travail est humanisation de l'homme mais son développement capitaliste entraîne la déshumanisation.                Or c'est bien suivant ce balancement (partie 1 & 2), cette question que nous allons essayer de trouver une réponse, donc de dépasser cette même tension c'est-à-dire prôner un humanisme du travail (3ème partie).

« Introduction : Le travail est une activité humaine qui se distingue sans doute de toutes les autres en cela qu'elle est l'objet d'appréciations, d'évaluations nombreuses et très contrastées : une calamité pour les uns, une bénédiction pour les autres.

Or si l'on peut dire que le travail est une malédiction pour les uns n'est-ce pas dire que c'est dû au fait que le travail peut être inhumain ? Or pour s'en convaincre, on peut faire un retour historique sur les avancés du droit du travail qui montrent négativement toute l'inhumanité du travail dans certaines conditions : 1841, première loi limitant le travail des enfants.

1936, premiers congés payés.

1982, réduction de la semaine de travail à trenteneuf heures.

Ces quelques dates montrent combien le temps consacré au travail par un individu au cours de sa vie a diminué (en France) en cent cinquante ans.

Le temps libéré est devenu temps de loisir.

Et il y a dans le loisir bien autre chose que le simple repos.

Aussi sommes-nous tenus de bien organiser nos loisirs.

Or l'importance croissante des loisirs met en exergue la désaffection du travail.

Pourtant le travail est nécessaire à l'homme.

En effet, contrairement aux animaux, l'homme est mal adapté à son milieu et ce n'est qu'à travers sin travail qu'il peut entrer en symbiose avec son environnement.

Mais avec l'évolution des techniques de travail et de la division du travail, cette bénédiction est devenue malédiction : d'une humanisation par le travail on est passé à une déshumanisation. Dès lors la question de savoir si l'on « peut parler de travail inhumain » se pose dans la mesure où cela conduit à une tension : le travail est humanisation de l'homme mais son développement capitaliste entraîne la déshumanisation. Or c'est bien suivant ce balancement (partie 1 & 2), cette question que nous allons essayer de trouver une réponse, donc de dépasser cette même tension c'est-à-dire prôner un humanisme du travail (3ème partie). I – Le travail apanage de l'humain a) Kant dans ses Réflexions sur l'Education nous dit qu'« il est de la plus haute importance que les enfants apprennent à travailler.

L'homme est le seul animal qui doit travailler.

» Le travail est donc humain essentiellement.

En effet, le travail définit l'homme : c'est l'obéissance mais aussi la reconnaissance du poids du monde à travers l'effort notamment.

Le travail ainsi est transformation de la matière.

Mais cette transformation est tant extérieure qu'intérieure, c'est-à-dire que le travail est un travail tant sur la matière extérieure qu'un travail sur soi et c'est en ce sens sans doute que l'on peut parler d'une discipline du travail, donc un rôle éducatif, ce qui peut être un facteur d'humanisation.

Le travail est l'apanage de l'homme c'est en ce sens qu'il faut interpréter cette maxime de Kant.

En ce sens, on peut parler aussi d'un travail non-humain, puisque c'est l'homme qui « doit » travailler.

Cet ajout du devoir nous montre bien que l'homme n'a pas visiblement de spécificité dans le travail.

Il serait donc possible de parler pour d'autres que l'homme mais on ne parle pas effectivement d travail inhumain. b) Or pour Kant, dans ses Réflexions sur l'éducation, le travail n'est pas seulement un devoir moral, une obligation pénible.

Et l'on peut alors dire que seul l'homme travail c'est qu'il faut voir que le travail est un facteur d'humanisation ; mais aussi parce que l'on peut pas parler du travail de l'homme et du bœuf de la même manière.

En ce sens, si le travail reste une obligation il faut bien voir alors une dimension positive de cette contrainte. Elle est un bienfait pour l'Homme : pour l'espèce humaine comme pour chaque individu ; et cela pour trois raisons : dans la perspective d'une philosophie de l'histoire, l'impossibilité de vivre sans travailler apparaît comme le moyen par lequel la Providence assure le développement des facultés humaines.

En ce sens, l'homme est condamner au progrès ; à un progrès qui par le travail développe une discipline qui est donc un facteur de moralisation en tant que travail sur soi.

D'un point de vue métaphysique, le travail est le moyen d'échapper à l'ennui.

Le travail donne donc sens à l'existence humaine.

Dans une perspective anthropologique, le travail est le moyen de mieux jouir de la vie.

Et c'est pour cela qu'il peut apparaître paradoxale de parler d'un travail inhumain. c) En effet, si le travail est essentiellement humain c'est bien que l'homme à travers le travail même un combat de conscience comme on peut le voir à travers la Phénoménologie de l'esprit de Hegel.

Et c'est bien là que le travail montre sa spécificité humaine.

A travers l'effort et la lutte avec la matière, comme la nature, l'homme prend conscience de lui-même, de ses appétits, de ses désirs, de da conscience.

De plus dans une société des besoins le travail est prise de position avec autrui.

Le travail n'est donc pas inhumain dans la mesure où c'est à travers lui que l'homme s'humanise, prend conscience de lui-même ; donc dépasse la simple conscience de soi immédiate.

Le travail fait donc de l'homme un vrai sujet et non pas un simple étant-là posé-là.

Le travail donne de l'épaisseur à l'homme. En ce sens, il serait paradoxal de parler d'un travail inhumain dans la mesure où le travail est justement une forme d'humanisation de l'homme en tant que développement de sa conscience. Transition : Ainsi le travail est une spécificité de l'homme ou plutôt le concerne de manière spécifique.

Le risque justement serait bien de ne pas voir dans le travail une valeur de l'homme.

Or le travail est justement pour l'humain un facteur d'humanisation donc un progrès.

Le travail n'est donc pas inhumain et si l'on parle d'un travail non-humain alors ce n'est que par métaphore que l'on parle d'un travail animal.

Mais l'essentiel est bien de voir pourtant que les. »

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