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Peut-on hierarchiser les êtres vivants ?

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Pour qu?une telle hiérarchie soit légitime, il faudrait pouvoir s?en remettre à quelque chose qui l?accrédite et la justifie, il faudrait que ce ne soit pas seulement la force qui l?impose, mais la justice qui l?inscrive dans son ordre. b) Il est opportun alors de rappeler la phrase d?Aristote selon qui « la nature ne fait rien en vain » (Politiques, I, 2, 1253a). Si la nature a ainsi établi un ordre dans lequel une hiérarchie naturelle s?impose entre les êtres vivants, ce doit être parce que cela est juste. Ainsi, si l?homme peut emprisonner des b?ufs et les dévorer, cela est bon, car il faut bien que l?homme se nourrisse, et comment le pourrait-il s?il n?était capable de dominer cet animal ? Ainsi on peut considérer que cette hiérarchie correspond à un ordre du monde harmonieux posé par la nature, qui suppose que les différents êtres doivent tous être à leur place pour que le monde aille bien. c) Dans un tel ordre d?idée, chaque être doit trouver sa place en accomplissant sa vertu, c?est-à-dire en accomplissant la fonction pour laquelle la nature l?a fait. Pour Aristote, la vertu consiste dans le plein accomplissement de sa nature, c?est l?excellence propre à chaque chose. Ainsi la vertu du cheval est-elle de bien courir, de courir vite, et la vertu d?un couteau résiderait dans sa capacité à trancher. Dans une telle perspective, la vertu du chien peut être de bien obéir, et celle du b?uf de donner une bonne viande. Il n?y a alors rien de choquant à ce qu?existe une telle hiérarchie entre les êtres vivants, pourvu que chacun respecte l?ordre qu?a posé la nature.

« Analyse du sujet : - - - La hiérarchie constitue un système de classement permettant d'ordonner les individus selon leurs fonctions, leurs dignités ou leurs pouvoirs.

C et ordonnancement reconnaît entre les membres du groupe social considéré un certain rapport de subordination et d'importances respectives.

Un système hiérarchique reconnaît en son sein différents rangs qu'on considère comme étant plus ou moins élevés.

Le fait d'être placé sur un rang supérieur permettant de disposer d'une sorte de prédominance sur les rangs inférieurs. Tout système hiérarchique pose problème parce qu'il contrevient aux exigences de l'égalité qui semble constitutive de la justice.

Il apparaît donc que la hiérarchie est souvent considérée comme injuste, car inégale. D'autre part, la hiérarchie consistant en un rapport de force, celle-ci est souvent fondée sur la force.

Or, à moins de respecter le « droit du plus fort », ce qui est fondé sur la force est traditionnellement considéré comme injuste. Ce faisant, il n'est pas prouvé que la justice se résume à l'égalité ni que toute hiérarchie s'instaure par la force.

Il peut par exemple être injuste qu'on confie une opération chirurgicale à quelqu'un qui n'a jamais fait d'études de médecine.

Pourtant, l'égalité exigerait que tout le monde ait le droit de pratiquer de telles opérations. La justice peut donc également être mise en rapport avec la question de la place qu'on occupe.

Il peut être plus juste que quelqu'un occupe une place prépondérante dans un domaine où il est compétent, un domaine où, comme on pourrait dire, il serait « à sa place ». Si donc le monde est organisé de manière harmonieuse, il peut être permis de penser qu'une hiérarchie naturelle existe entre les êtres, et que celle-ci n'est pas injuste tant qu'elle concoure à cette harmonie du monde. Problématisation : Il semble bien que cette hiérarchie s'impose d'elle-même et qu'il n'est nul besoin de se demander s'il est possible de « hiérarchiser » là où le fait s'impose dans toute sa force.

Cependant, est-il tolérable que ce monde soit tel qu'il est ? Ne faudrait-il pas chercher à contrevenir à cet état de nature ? Tout dépend en réalité si cette hiérarchie est juste ou injuste.

Si cette hiérarchie correspond à un ordre supérieur qu'il est bon de respecter, alors cet ordre des choses peut être établi et suivi.

Par contre, si ce monde est laid tel qu'il est, dans un tel cas, peut-être faudrait-il en refuser l'état de fait. Proposition de plan : 1.

La hiérarchie est un fait. a) Tout d'abord, nous ne pouvons nier qu'une telle hiérarchisation est possible, puisque de facto, elle existe.

En effet, il faut bien constater que l'homme enferme des bœufs dans des enclos, les mène à l'abattoir et finit par les manger.

On notera également le fait qu'on dit d'un homme possédant un chien qu'il est le « maître » de cet animal, inscrivant bien par cette dénomination le rapport hiérarchique qui les lie. b) On peut considérer que cette hiérarchie repose sur la force.

L'homme établit cette différence entre lui et les animaux parce qu'il parvient à les dominer.

Si l'homme n'était pas le plus fort, la hiérarchie serait autre, mais il y a fort à parier que dans tous les cas, le plus fort disposerait des autres. c) Il faut par ailleurs noter que cette hiérarchie est un état de fait naturel, elle n'est pas le simple délire de l'homme.

Il y a bel et bien entre les espèces des faibles et des forts, et on peut dire qu'à leur manière, les chats dominent les souris comme les crapauds dominent les moustiques.

La hiérarchie entre les êtres vivants semble donc un fait premier du monde naturel.

Ce n'est pas qu'une simple potentialité virtuelle, mais bien un état de fait réel. Transition : Cependant, le fait qu'une telle hiérarchie existe doit-il nous pousser à considérer que celle-ci est légitime ? 2.

La hiérarchie est également une forme d'harmonie. a) Que l'on puisse, dans les faits, hiérarchiser les êtres vivants, ne signifie pas que cela soit légitime en droit.

La véritable question consiste à se demander dans quelle mesure l'on peut se permettre, au niveau éthique, d'établir une telle hiérarchie entre les êtres vivants.

Pour qu'une telle hiérarchie soit légitime, il faudrait pouvoir s'en remettre à quelque chose qui l'accrédite et la justifie, il faudrait que ce ne soit pas seulement la force qui l'impose, mais la justice qui l'inscrive dans son ordre. b) Il est opportun alors de rappeler la phrase d'A ristote selon qui « la nature ne fait rien en vain » (Politiques, I, 2, 1253a).

Si la nature a ainsi établi un ordre dans lequel une hiérarchie naturelle s'impose entre les êtres vivants, ce doit être parce que cela est juste.

Ainsi, si l'homme peut emprisonner des bœufs et les dévorer, cela est bon, car il faut bien que l'homme se nourrisse, et comment le pourrait-il s'il n'était capable de dominer cet animal ? Ainsi on peut considérer que cette hiérarchie correspond à un ordre du monde harmonieux posé par la nature, qui suppose que les différents êtres doivent tous être à leur place pour que le monde aille bien. c) Dans un tel ordre d'idée, chaque être doit trouver sa place en accomplissant sa vertu, c'est-à-dire en accomplissant la fonction pour laquelle la nature l'a fait.

Pour Aristote, la vertu consiste dans le plein accomplissement de sa nature, c'est l'excellence propre à chaque chose.

Ainsi la vertu du cheval est-elle de bien courir, de courir vite, et la vertu d'un couteau résiderait dans sa capacité à trancher.

Dans une telle perspective, la vertu du chien peut être de bien obéir, et celle du bœuf de donner une bonne viande.

Il n'y a alors rien de choquant à ce qu'existe une telle hiérarchie entre les êtres vivants, pourvu que chacun respecte l'ordre qu'a posé la nature. Transition : Cette conception de la hiérarchie naturelle des êtres vivants ne met-elle pas en lumière le statut particulier qu'occupe l'homme au sein de la nature ? 3.

L'homme, comme porteur de raison, doit découvrir et épouser cette hiérarchie. a) Cette hiérarchisation nous amène à découvrir la place particulière que l'homme prend au sein de la création.

En effet, l'homme, qui est au sommet de cette hiérarchie, est par ailleurs un être que la nature a faiblement pourvu.

C omment cela se fait-il et qu'est-ce que cela nous indique ? b) Nous sommes bien obligés de constater que l'homme ne domine pas le monde par la force brute.

S'il le domine, c'est bien plutôt grâce à son intelligence. Comme l'écrit A ristote dans les Politiques, « l'homme est un animal rationnel ».

Si donc la nature l'a mis au sommet de la hiérarchie des êtres, c'est pour qu'il puisse développer cette raison qui lui permettra, selon le mot de Descartes, de se « rendre comme maître et possesseur de la nature.

» (Discours de la méthode, sixième partie) C 'est donc la raison qui confère à l'homme sa place éminente au sein de la nature et qui explique qu'il puisse ainsi hiérarchiser les êtres vivants. c) Si donc l'homme doit développer sa raison, il doit également comprendre l'ordre de la nature et en épouser le cours.

Il ne doit donc pas se contenter simplement de constater qu'établir une telle hiérarchie est possible, mais qui plus est, il doit chercher à la mettre en place pour accompagner l'ordre du monde.

L'homme doit donc établir cette hiérarchie et l'encourager pour mieux épouser le dessein de la nature.

Cela ne signifie pas qu'il lui soit permis de tout faire et de régner arbitrairement sur le monde, mais qu'il peut se servir de tout pour développer sa raison, dans la mesure où il respecte l'ordre originel des choses, celui que la nature lui a confié.

L'homme doit donc hiérarchiser les êtres vivants, mais il ne doit pas le faire en suivant son bon vouloir mais en retrouvant la hiérarchie qui existe déjà dans la nature. Conclusion : Dans une première partie, nous avons montré qu'une telle hiérarchisation existait dans les faits.

Ensuite, nous avons montré qu'elle était légitime puisqu'elle suivait les plans de la nature.

Enfin, nous avons montré que, étant donné la place éminente qui était assignée à l'homme, ce dernier se devait de retrouver cette hiérarchie pour accomplir le dessein de la nature.. »

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