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Peut-on dépasser les évidences des sens ?

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Peut-on dépasser les évidences des sens ?

Du point de vue physiologique, les sens sont les organes de la perception. Ils constituent notre seul lien avec le monde extérieur qui nous entoure : ils ne peuvent être remplacés sous aucun prétexte, et dans le cas contraire, nous serions totalement inaptes à survivre. En effet, celui qui ne dispose ni de la vue, ni de l'odorat, ni du toucher, ni de l'ouïe, ni du goût, i.e. des cinq sens communément reconnus comme appartenant à l'homme, comment peut-il alors s'organiser dans la vie de tous les jours, pour manger par exemple ? D'ailleurs ces sens font que nous avons une certaine conscience de notre présence dans le monde extérieur à nous, d'autant plus qu'ils s'imposent à nous sans notre volonté, et nous ne pouvons donc qu'être contraints à nous y fier. En ce sens, ils nous apparaissent comme étant indispensables, voire vitaux.

      Cependant, doit-on pour autant totalement s'abandonner à nos perceptions ? Le fait qu'elles soient immédiates nous défendrait-il de prendre quelque peu de recul par rapport à elles ? Bien au contraire, les sens nous prouvent qu'ils sont parfois défaillants, et qu'ils ne permettent pas d'appréhender la réalité telle qu'elle est. Qui n'a jamais été berné par des illusions d'optique ? Qui n'a jamais eu l'impression d'avoir chaud, alors que quelqu'un d'autre a froid ? Non seulement les sens peuvent nous induire en erreur, mais ils montrent d'une certaine façon que le monde est perçu de manière différente par chacun d'entre nous, et nous pouvons donc en déduire que les sens sont d'un certain point de vue totalement subjectifs, et ne permettent en aucun cas d'établir des vérités.

      En quoi pouvons nous alors dire que nos sens sont trompeurs ? Pouvons nous ou non nous fier à eux ? Par ailleurs, le monde se réduit-il uniquement à ce que nous percevons ? Ne peut-on pas voir nos sens comme un point de départ dont il faudrait tout simplement tirer profit, par l'intermédiaire de notre jugement ? Ce dernier jouant un rôle majeur dans l'interprétation de nos perceptions, avec la raison, peut-on trouver des moyens pour perfectionner en quelque sorte nos sens ? Ne peuvent-ils pas être « améliorés » ? Ne faut-il pas finalement abandonner les critères de fausseté et de vérité pour juger nos sens, et ne faut-il pas voir en eux une utilité différente ?

« Demande d'échange de corrigé de Augarde Ludmilla ([email protected]). Sujet déposé : Peut-on dépasser les évidences des sens? Peut-on dépasser les évidences des sens ? Du point de vue physiologique, les sens sont les organes de la perception.

Ils constituent notre seul lien avec le monde extérieur qui nous entoure : ils ne peuvent être remplacés sous aucun prétexte, et dans le cas contraire, nous serions totalement inaptes à survivre.

En effet, celui qui ne dispose ni de la vue, ni de l'odorat, ni du toucher, ni de l'ouïe, ni du goût, i.e.

des cinq sens communément reconnus comme appartenant à l'homme, comment peut-il alors s'organiser dans la vie de tous les jours, pour manger par exemple ? D'ailleurs ces sens font que nous avons une certaine conscience de notre présence dans le monde extérieur à nous, d'autant plus qu'ils s'imposent à nous sans notre volonté, et nous ne pouvons donc qu'être contraints à nous y fier.

En ce sens, ils nous apparaissent comme étant indispensables, voire vitaux. Cependant, doit-on pour autant totalement s'abandonner à nos perceptions ? Le fait qu'elles soient immédiates nous défendrait-il de prendre quelque peu de recul par rapport à elles ? Bien au contraire, les sens nous prouvent qu'ils sont parfois défaillants, et qu'ils ne permettent pas d'appréhender la réalité telle qu'elle est.

Qui n'a jamais été berné par des illusions d'optique ? Qui n'a jamais eu l'impression d'avoir chaud, alors que quelqu'un d'autre a froid ? Non seulement les sens peuvent nous induire en erreur, mais ils montrent d'une certaine façon que le monde est perçu de manière différente par chacun d'entre nous, et nous pouvons donc en déduire que les sens sont d'un certain point de vue totalement subjectifs, et ne permettent en aucun cas d'établir des vérités. En quoi pouvons nous alors dire que nos sens sont trompeurs ? Pouvons nous ou non nous fier à eux ? Par ailleurs, le monde se réduit-il uniquement à ce que nous percevons ? Ne peut-on pas voir nos sens comme un point de départ dont il faudrait tout simplement tirer profit, par l'intermédiaire de notre jugement ? Ce dernier jouant un rôle majeur dans l'interprétation de nos perceptions, avec la raison, peut-on trouver des moyens pour perfectionner en quelque sorte nos sens ? Ne peuvent-ils pas être « améliorés » ? Ne faut-il pas finalement abandonner les critères de fausseté et de vérité pour juger nos sens, et ne faut-il pas voir en eux une utilité différente ? La question de la fiabilité des sens est la première qui se pose à notre esprit quant au problème du dépassement des évidences des sens.

Il est vrai que les sens présentent de prime abord une sensation si présente en nous que nous ne saurions la réfuter, et même plus que cela, nous ne verrions pas en quoi la nature des choses soit autre que celle que l'on perçoit, tellement les sens proposent une appréhension immédiate du monde.

Les sens sont avant tout le seul et unique moyen de faire le lien entre nous, en tant qu'hommes doués de perception, et le monde qui nous entoure.

D'ailleurs, celui qui est dénué de facultés sensorielles éprouve des difficultés quant à exécuter les gestes simples de la vie quotidienne : l'aveugle a besoin d'un bâton pour se diriger dans la rue, le muet et le sourd ont besoin d'un autre moyen d'expression que le nôtre, le langage des signes… Ceux qui en sont partiellement dépourvus ne peuvent alors appréhender le monde dans sa totalité.

Les sens se présentent donc comme vitaux à nous : ce sont eux qui nous permettent de nous nourrir, d'éviter des obstacles, en définitive, ce qui nous est nécessaire pour survivre.

Peut-être nos organes sont-ils l'oeuvre d'un esprit supérieur qui aurait à juste titre adapté nos sens aux besoins de la vie, comme le suggère Locke.

Si nous avions par exemple une vue extrêmement développée, nous pourrions discerner, certes, les détails infimes des objets, mais nous ne serions en mesure d'apercevoir qu'une infime partie de l'objet tout entier : nous ne pourrions alors rien éviter.

Cette idée peut même faire remonter la nécessité de nos sens à nos ancêtres les plus primitifs qui en auraient été dotés dans le but de survivre : en effet, Dennett avance que les couleurs notamment ne sont pas des propriétés des objets, mais que nous sommes les héritiers de leur vision chromatique.

Il semblerait d'ailleurs que les termes « évidence » et « sens » soit intrinsèquement liés par leur étymologie, ce qui rappelle bien une certaine tradition de la conception de la connaissance sensible : en effet, « évidence » est un emprunt savant (au XIVe siècle) au latin evidentia, dérivé de evidens,-entis « qui se voit de loin », terme lui-même formé de « ex » et de « videre ».

Ainsi, l'évidence, i.e.

« ce qui s'impose immédiatement à l'esprit », paraît liée à la perception, de telle sorte qu'il est suggéré, d'après l'étymologie, que les sens nous offrent une connaissance première et irréfutable que l'esprit ne serait pas en mesure de renier. En ce sens, il ne nous paraît pas incohérent de dire que les sens sont le fondement de la connaissance, puisqu'ils nous permettent de recueillir des informations sur la nature des objets qui nous entourent.

De ce fait, nos perceptions sont à la source de l'expérience humaine, et en ceci, les données que nous acquérons sur les choses. »

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