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Peut on définir la religion par sa fonction sociale ?

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Peut on définir la religion par sa fonction sociale ?

La religion est encore partout présente dans le monde. On trouve ainsi une multitude de croyances religieuses et de Dieux et il existe d’innombrables formes de religion, dans le temps comme dans l’espace. Mais cela n’empêche pas le fait religieux d’être universel : il n’est pas une société où l’on ne puisse pas repérer des traces, des manifestations de la vie religieuse. Il existe deux versants du phénomène religieux : un aspect subjectif qui est le sentiment religieux et un aspect objectif à savoir les cérémonies, rites,...

 Mais qu’est-ce qui lie toutes ces croyances entre elles ? Le terme possède deux étymologies – l’une et l’autre latine - utilisées par les philosophes tout au long de la tradition. Il y a ainsi « religare » qui signifie relier et religere qui est lié à la notion de respect et qui est traduit comme le fait «  de rendre un culte ». On peut voir dans la première étymologie soit un lien entre les hommes soit le rattachement de l’homme à une transcendance de la divinité. La plupart des religions sont en effet basées sur le principe d’un être transcendant. La transcendance évoque étymologiquement le fait de « passer au-delà », de « surpasser ». Est transcendant ce qui est d’une nature supérieure et qui est séparée de notre nature sensible. La question posée peut surprendre. Il s’agit en effet de savoir si le principe de la religion se trouve dans ses effets sur la société. On entend par « société » tout ensemble plus ou moins vaste d’individus entre lesquels existent pour une durée variable des relations organisées. Un simple agrégat fortuit d’individus réunis dans une salle de cinéma pour regarder un film ne fait pas encore une société. Pour qu’une somme d’individualités constitue une société, il faut que leur rassemblement témoigne qu’elles ont quelque chose en commun. Or, dans un premier temps, si la religion est la foi en un être ou principe transcendant et éternel, on ne peut pas comprendre en quoi elle serait rattachée à la société. Pourtant, on ne peut pas nier qu’une même religion créait entre les individus une communauté et que cela permet de créer du ciment social. Le verbe « définir » renvoie à l’essence d’une chose. Peut-on réellement dire que toute l’essence de la religion renvoie aux liens sociaux ? N’y-a-t-il pas plutôt un principe dans l’être humain même ? 

« La religion est encore partout présente dans le monde.

On trouve ainsi une multitude de croyances religieuses et de Dieux et il existe d'innombrables formes de religion, dans le temps comme dans l'espace.

Mais cela n'empêche pas le fait religieux d'être universel : il n'est pas une société où l'on ne puisse pas repérer des traces, des manifestations de la vie religieuse.

Il existe deux versants du phénomène religieux : un aspect subjectif qui est le sentiment religieux et un aspect objectif à savoir les cérémonies, rites,... Mais qu'est-ce qui lie toutes ces croyances entre elles ? Le terme possède deux étymologies – l'une et l'autre latine - utilisées par les philosophes tout au long de la tradition.

Il y a ainsi « religare » qui signifie relier et religere qui est lié à la notion de respect et qui est traduit comme le fait « de rendre un culte ».

On peut voir dans la première étymologie soit un lien entre les hommes soit le rattachement de l'homme à une transcendance de la divinité.

La plupart des religions sont en effet basées sur le principe d'un être transcendant.

La transcendance évoque étymologiquement le fait de « passer au-delà », de « surpasser ».

Est transcendant ce qui est d'une nature supérieure et qui est séparée de notre nature sensible.

La question posée peut surprendre.

Il s'agit en effet de savoir si le principe de la religion se trouve dans ses effets sur la société.

On entend par « société » tout ensemble plus ou moins vaste d'individus entre lesquels existent pour une durée variable des relations organisées.

Un simple agrégat fortuit d'individus réunis dans une salle de cinéma pour regarder un film ne fait pas encore une société.

Pour qu'une somme d'individualités constitue une société, il faut que leur rassemblement témoigne qu'elles ont quelque chose en commun.

Or, dans un premier temps, si la religion est la foi en un être ou principe transcendant et éternel, on ne peut pas comprendre en quoi elle serait rattachée à la société.

Pourtant, on ne peut pas nier qu'une même religion créait entre les individus une communauté et que cela permet de créer du ciment social.

Le verbe « définir » renvoie à l'essence d'une chose.

Peut-on réellement dire que toute l'essence de la religion renvoie aux liens sociaux ? N'y-a-t-il pas plutôt un principe dans l'être humain même ? Les religions sont d'abord un rattachement à un principe transcendant 1.

Dieu comme garant du monde - Au centre de la religion, il y a un Dieu transcendant.

Il se définit généralement comme un être supérieur et immortel.

La religion chrétienne illustre bien les caractéristiques du Dieu considéré comme un absolu.

Descartes voyait en Dieu les attributs de la substance infini.

Dieu est infini et donc éternel.

Il met en nous l'idée de perfection, qui le caractérise alors que nous sommes nous-mêmes imparfaits.

La possibilité de concevoir l'infini et la perfection, c'est ce qui prouve pour Descartes dans les méditations métaphysiques l'existence irréfutable de Dieu.

Il écrit ainsi dans les Méditations III « Par le nom de Dieu, j'entends une substance infini, éternelle, immuable, indépendante, toute connaissante, toute-puissante et par laquelle moi-même, et toutes les autres choses qui sont […] ont été créées et produites.

» Les religions, si diverses soient-elles, tentent d'expliquer la création du monde, qu'elle rattache à la puissance de la divinité.

Pourquoi y aura-t-il quelque chose plutôt que rien ? Voilà la question essentielle à la religion.

Justement parce qu'un principe transcendant, parfait, a créé le monde.

Les philosophes dans l'antiquité voyait aussi le Dieu comme principe du monde.

Ainsi, Aristote dans sa Métaphysique, cherche le principe qui meut le monde sans être en mouvement lui-même.

Et ce principe, qu'il nomme Dieu, est « le premier moteur » du monde. 2.

Dieu est éternel, la foi en lui l'est donc en lui Rappelons que la première caractéristique des principes transcendants qui s'incarnent souvent en la personne d'un Dieu, est son éternité.

On ne voit pas comment le monde aurait pu être créé par un être mortel.

Tous s'accordent sur ce point, les philosophes et les religieux.

En reprenant Aristote, on peut y lire : « [Nous appelons] DIEU un vivant éternel et parfait ; la vie et la durée continue et éternelle, appartiennent donc à DIEU, car c'est cela même qui est DIEU.

» Si Dieu est éternelle, alors pourquoi les religions ne survivraient-elles pas, rattachées à ce principe transcendant ? il faut comprendre comment fonctionne ce qui relie l'homme à Dieu.

L'attitude religieuse par excellence est la foi.

La foi est alors une conviction qui engage tout l'individu, une adhésion totale à ce qui reste pour lui un mystère indéchiffrable.

Kierkegaard montre bien comment la foi suppose une confiance au-delà de ce que la raison peut calculer.

La crainte de la mort ne semble pas non plus assez puissante pour conduire à ce degré de confiance.

Il n'y a rien par la suite qui puisse ébranler ce sentiment de foi, cette évidence subjective qui suffit au croyant.

Pascal de même parlera de Dieu comme ce qui vient du cœur, un Dieu « sensible au cœur » et non un Dieu né de la raison.

Dès lors, la raison et les arguments ne feront pas disparaître les religions. La foi lie donc comme l'indiquerait l'étymologie, les hommes au Dieu.

C'est pour cela que Rousseau affirme dans, dans Du contrat social, que la religion tend à détruire tout lien social.

Il affirme ne rien connaître " de plus contraire à l'esprit social." En effet, en détachant les hommes de tout ce qui est terrestre, elle rend inutiles les sociétés particulières, civiles.

La religion en détruisant tout intérêt particulier; les hommes n'ont plus de désirs, d'ambitions et donc perdent tout esprit civique.

Il écrit ainsi : " Une société de vrais chrétiens ne serait plus une société d'hommes." 3.

La religion est un amour et une présence de Dieu Bergson reconnaît une forme de religion qu'il appelle dynamique et mystique.

Pour lui, cette religion transporte l'âme sur un tout autre plan, celui de l'amour.

Il s'agit alors de voir que Dieu se révèle lui-même dans certaines personnes. Il y a une sorte de révélation qui rend présent Dieu dans l'âme des gens.

Beaucoup reconnaissent s'être convertit à telle religion parce qu'ils ont entendu l'appel de Dieu ou que celui-ci leur est apparu.

Il y a une certaine évidence dans le sentiment subjectif du divin.

Parlant de l'âme mystique, Bergson écrit « elle s'arrête comme si elle écoutait une voix qui l'appelle.

Puis elle se laisse porter, droit en avant.

Elle ne perçoit pas directement la force qui la meut, mais elle en sent l'indéfinissable présence, ou la devine à travers une vision symbolique.

Vient alors une immensité. »

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