Aide en Philo

Peut-il y avoir un usage légitime de la violence ?

Extrait du document

Ne pas s'égarer dans une réflexion sur l'efficacité ou non de la violence ou (et) de la non-violence (à mois que cette réflexion ne soit finalement parfaitement intégrée à la problématique convenant à ce sujet, cad une problématique d'ordre moral.). La violence est-elle toujours condamnable ? Peut-on en faire un usage légitime, cad moralement défendable?

 

  • 1. L'État, monopole de la « violence légitime »

   a) Max Weber : État et violence légitime  b) Fondements de la légitimité de la violence légitime  

  • 2. Une violence réellement légitime ou seulement légale?

   a) La légalité est-elle la force érigée en droit ?    b) Hobbes, la force constitue le droit    ■ Le droit naturel, c'est-à-dire la guerre  ■ La force de l'État fonde et garantit le droit  ■ Critique de la force comme fondement du droit  c) Rousseau : l'État, force au service du droit    ■ Le droit idéal  ■ « On le forcera d'être libre »...  ■ Kant : le droit est lié à la faculté de contraindre  

« Plan détaillé 1.

L'État, monopole de la « violence légitime » a) Max Weber : État et violence légitime Max Weber observe que « comme tous les groupements politiques qui l'ont précédé historiquement, l'État consiste en un rapport de domination de l'homme sur l'homme fondé sur le moyen de la violence légitime (c'est-à-dire sur la violence qui est considéré comme légitime).

L'État ne peut donc exister qu'à la condition que les hommes dominés se soumettent à l'autorité revendiquée chaque fois par les dominateurs» (Le savant et le politique, coll.

10-18, p.

101). La caractéristique de l'État, précise Max Weber, est de revendiquer le monopole de cette violence légitime. « "Tout État est fondé sur la force", disait un jour Trotski à Brest-Litovsk.

En effet, cela est vrai.

S'il n'existait que des structures sociales d'où toute violence serait absente, le concept d'État aurait alors disparu et il ne subsisterait que ce qu'on appelle, au sens propre du terme, I'" anarchie".

La violence n'est évidemment pas l'unique moyen normal de l'État, — cela ne fait aucun doute — mais elle est son moyen spécifique.

De nos jours la relation entre État et violence est tout particulièrement intime.

Depuis toujours les groupements politiques les plus divers — à commencer par la parentèle — ont tous tenu la violence physique pour le moyen normal du pouvoir.

Par contre il faut concevoir l'État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé — la notion de territoire étant une de ses caractéristiques — revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime.

Ce qui est en effet le propre de notre époque, c'est qu'elle n'accorde à tous les autres groupements, ou aux individus, le droit de faire appel à la violence que dans la mesure où l'État le tolère : celui-ci passe donc pour l'unique source du "droit" à la violence.

» (Max Weber, id., pp.

100-101). b) Fondements de la légitimité de la violence légitime Toujours selon Max Weber, le pouvoir politique, qui revendique le droit d'exercer la violence, assoit sa légitimité sur : 1.

La tradition (un patriarche, un seigneur commande, parce qu'il a toujours commandé, ou que sa famille a toujours commandé) ; 2.

Le charisme du chef (la grâce personnelle et extraordinaire d'un individu fait que les autres se le donnent spontanément pour chef) ; 3.

La légalité (c'est le fondement des États modernes). 2.

Une violence réellement légitime ou seulement légale? a) La légalité est-elle la force érigée en droit ? On peut se demander quelle est la valeur de ces trois fondements de la légitimité du pouvoir: tradition et charisme n'ont guère de valeur en soi.

Reste la légalité.

Or il apparaît que fonder, comme le fait l'État moderne, sa légitimité (et donc le droit d'exercer la violence légitime) sur la légalité, semble n'être qu'une sorte de cercle vicieux, puisque c'est l'État lui-même qui définit le droit.

La légalité ne serait alors que l'auto-légitimisation de la force sur laquelle se fonde l'État.

C'est pourquoi on a tenté (Hobbes, Rousseau) de fonder la légitimité de la violence étatique sur un « contrat social ». b) Hobbes, la force constitue le droit Le droit naturel, c'est-à-dire la guerre Hobbes redoute par-dessus tout le retour à l'état de nature, c'est-à-dire un état sans Etat où le droit naturel, liberté sans limite, engendre une guerre incessante de chacun contre chacun.

Dans sa nature, en effet, l'individu n'a aucun instinct de sociabilité, mais un désir de puissance qui le pousse à considérer les autres comme des concurrents. Ses passions (la crainte de la mort) ou sa raison donnent bien à l'homme naturel Vidée d'un état de paix, mais cette idée reste sans effet tant qu'il n'a pas cédé à une puissance supérieure la totalité de ses droits et de sa liberté naturels (pacte ou contrat constitutif de l'État).

C'est finalement ce qu'il fait, par calcul.

Ainsi s'explique l'État, auquel Hobbes donne le nom d'un monstre biblique dont la puissance dépasse celle de tous les autres êtres : Le Léviathan. La force de l'État fonde et garantit le droit. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles