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Notes de cours: LE TRAVAIL

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1 approche générale    • Le travail est spontanément perçu comme une activité forcée et pénible. Cf. la malédiction divine dans la Bible : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », ou le mythe de l'Age d'or, époque heureuse où l'homme n'avait pas besoin de travailler. La langue elle-même traduit cette conception : le mot travail viendrait du latin tripalium, qui serait un instrument de torture, et en latin (comme en français peine), labor signifie à la fois le travail et la souffrance.  • Pourtant si le travail est ressenti comme un asservissement, c'est par lui que l'homme se détache de l'animalité et se libère de la nature.    2 le travail, phénomène spécifiquement humain    1) travail humain et activité animale  • Selon K. Marx, le travail appartient exclusivement à l'homme. Il se distingue en effet de l'activité de l'animal dans la mesure où :  — « l'animal ne produit que sous l'empire du besoin physique immédiat, tandis que l'homme produit alors même qu'il est libéré du besoin physique, et il ne produit vraiment que lorsqu'il en est libéré » ;  — « le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur », tandis que l'animal n'a pas de représentation préalable ;  — « le produit de l'animal fait, comme tel, partie de son corps physique, tandis que l'homme se dresse librement face à son produit ».  2) caractéristiques du travail  Le travail est une activité :  — consciente : il est le fruit d'une volonté qui se fixe un but et qui mobilise une attention en vue d'atteindre ce dernier ;  — intelligente le travail implique la compréhension des lois de cette nature qu'il reproduit ;  — libératrice : grâce au travail l'homme s'émancipe du joug de la nature.  3) le travail comme réalisation de l'homme  • Ainsi que l'a souligné K. Marx, la nature humaine se réalise dans l'appropriation du monde, c'est-à-dire dans et par le travail, ou, selon la formule d'E. Mounier, « tout travail travaille à faire un homme, en même temps qu'une chose »,  • Dans le travail en effet l'homme objective, c'est-à-dire extériorise : -- son individualité : l'objet de son travail porte sa marque, et il se contemple dans cet objet comme homme et comme individu ;  — son essence sociale l'objet de son travail convenant au besoin d'un autre être humain, il jouit de la jouissance qu'autrui en tirera.  Ainsi dans le travail l'homme existe-t-il « pour soi » et « pour les autres ».

« 1 approche générale • Le travail est spontanément perçu comme une activité forcée et pénible.

Cf.

la malédiction divine dans la Bible : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », ou le mythe de l'Age d'or, époque heureuse où l'homme n'avait pas besoin de travailler.

La langue elle-même traduit cette conception : le mot travail viendrait du latin tripalium, qui serait un instrument de torture, et en latin (comme en français peine), labor signifie à la fois le travail et la souffrance. • Pourtant si le travail est ressenti comme un asservissement, c'est par lui que l'homme se détache de l'animalité et se libère de la nature. 2 le travail, phénomène spécifiquement humain 1) travail humain et activité animale • Selon K.

Marx, le travail appartient exclusivement à l'homme.

Il se distingue en effet de l'activité de l'animal dans la mesure où : — « l'animal ne produit que sous l'empire du besoin physique immédiat, tandis que l'homme produit alors même qu'il est libéré du besoin physique, et il ne produit vraiment que lorsqu'il en est libéré » ; — « le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur », tandis que l'animal n'a pas de représentation préalable ; — « le produit de l'animal fait, comme tel, partie de son corps physique, tandis que l'homme se dresse librement face à son produit ». 2) caractéristiques du travail Le travail est une activité : — consciente : il est le fruit d'une volonté qui se fixe un but et qui mobilise une attention en vue d'atteindre ce dernier ; — intelligente le travail implique la compréhension des lois de cette nature qu'il reproduit ; — libératrice : grâce au travail l'homme s'émancipe du joug de la nature. 3) le travail comme réalisation de l'homme • Ainsi que l'a souligné K.

Marx, la nature humaine se réalise dans l'appropriation du monde, c'est-à-dire dans et par le travail, ou, selon la formule d'E.

Mounier, « tout travail travaille à faire un homme, en même temps qu'une chose », • Dans le travail en effet l'homme objective, c'est-à-dire extériorise : -- son individualité : l'objet de son travail porte sa marque, et il se contemple dans cet objet comme homme et comme individu ; — son essence sociale l'objet de son travail convenant au besoin d'un autre être humain, il jouit de la jouissance qu'autrui en tirera. Ainsi dans le travail l'homme existe-t-il « pour soi » et « pour les autres ». 3 l'aliénation du travail • Selon Marx, la positivité du travail, dans lequel l'homme se réalise, se transforme en négativité avec l'apparition du monde des marchandises, de la propriété privée et du salariat qui ouvre l'ère du travail aliéné. • L'aliénation du travail consiste en ce que l'ouvrier est étranger : — à sa force de travail puisqu'elle lui est échangée contre un salaire lui permettant juste de satisfaire ses besoins vitaux : manger, boire, procréer ; — au produit de son travail, puisque celui-ci n'est pas son bien propre, mais celui d'un autre ; — à lui-même, puisqu'il ne peut s'affirmer dans son travail en y déployant une libre activité physique et intellectuelle. 4 travail et loisirs • On a pu voir dans les loisirs une réponse à l'aliénation du travail, le temps du loisir constituant le cadre du développement personnel et de l'expression de soi. • Cependant on a également pu avancer (cf.

Marcuse) que les loisirs constituent en fait seulement une soupape de sécurité dans une société aliénée, et qu'ils ne peuvent être une réponse au travail aliéné, parce que, produits par les mêmes conditions économiques que ce travail, ils sont eux-mêmes aliénés : si le travail est le lieu de la production aliénée, les loisirs seraient ceux de la consommation aliénée.. »

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