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Notes de cours: LA VIOLENCE

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• En reprenant la conception aristotélicienne du mouvement violent comme celui qui va contre la nature d'un être et s'impose à lui, on peut définir la violence comme ce qui s'oppose de l'extérieur au mouvement intérieur d'une nature.  • Si l'on considère que l'homme est un sujet doué d'une libre volonté, la violence sera toute contrainte physique ou morale visant à faire subir ou faire faire à un individu ce qui est contraire à sa volonté.  Mais si l'on admet que la volonté même d'un homme peut être conditionnée et aliénée par les structures de son cadre social et les idéologies dominantes, il apparaît que la violence n'est pas nécessairement violente au sens habituel du mot.  • Ainsi entendue dans son sens large et profond, la violence prend des formes et des modalités multiples. Elle peut être :  — individuelle ou collective,  — légale ou illégale (la peine de mort est une violence légale),  — physique ou psychique,  — manifeste ou insidieuse (propagande, éducation),  — organisée ou anarchique, programmée ou spontanée.   

« 1 approche générale • En reprenant la conception aristotélicienne du mouvement violent comme celui qui va contre la nature d'un être et s'impose à lui, on peut définir la violence comme ce qui s'oppose de l'extérieur au mouvement intérieur d'une nature. • Si l'on considère que l'homme est un sujet doué d'une libre volonté, la violence sera toute contrainte physique ou morale visant à faire subir ou faire faire à un individu ce qui est contraire à sa volonté. Mais si l'on admet que la volonté même d'un homme peut être conditionnée et aliénée par les structures de son cadre social et les idéologies dominantes, il apparaît que la violence n'est pas nécessairement violente au sens habituel du mot. • Ainsi entendue dans son sens large et profond, la violence prend des formes et des modalités multiples.

Elle peut être : — individuelle ou collective, — légale ou illégale (la peine de mort est une violence légale), — physique ou psychique, — manifeste ou insidieuse (propagande, éducation), — organisée ou anarchique, programmée ou spontanée. 2 les sources de la violence On a voulu voir dans la violence soit un phénomène naturel (la violence appartient à la nature humaine, comme le voulait Hobbes), soit un phénomène culturel (la violence est produite par le système social, comme le voulait Rousseau).

Il semblerait en fait qu'elle relève de causes à la fois naturelles et sociales : 1) les causes naturelles — l'agressivité animale : il y a chez les animaux une agressivité qui se manifeste pour la subsistance, la défense du territoire et la reproduction ; — la loi du plus fort : selon l'évolutionnisme de Darwin, les êtres vivants se livrent à une lutte acharnée entre eux dont l'enjeu est la survie des mieux doués (struggle for life) ; 2) les causes inconscientes : selon Freud, il existe en chaque homme des pulsions d'agression visant à nuire à autrui, à le détruire, à l'humilier.

Cette agressivité recouvre les pulsions de mort en tant que tournées vers l'extérieur.

Or, les pulsions de mort constituent, avec les pulsions de vie auxquelles elles s'opposent, une catégorie fondamentale de l'inconscient. 3) les causes sociales : la délinquance, la criminalité dépendent évidemment des conditions socio-économiques.

La violence est ainsi une réponse à la violence sociale de l'oppression et de l'exploitation. 3 les apologies de la violence 1) nécessité politique de la violence Quelques positions : • Selon Machiavel, en politique seule compte l'efficacité.

La violence est donc souvent un mal nécessaire, en raison de la méchanceté même des hommes, mais pouvant contribuer à l'ordre, la justice et la paix. • Selon Marx et Engels, la violence joue dans l'histoire un rôle révolutionnaire car elle est le moyen permettant au mouvement social de détruire les formes politiques figées et mortes.

Elle est « l'accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flancs » (Marx). • La violence a aussi été considérée comme un principe régénérateur.

Ainsi Proudhon voit dans la guerre un « fait divin », une « révélation de la justice et de l'idéal », la « discipline de l'humanité ».

G.

Sorel pense que seule la violence peut lutter contre la décadence de la société en lui insufflant une nouvelle vigueur. 2) la violence fondatrice de la civilisation • Selon G.

Bataille, l'homme s'arrache à l'animalité en s'imposant des interdits (notamment sexuels, cf.

le tabou de l'inceste) qui sont liés à la mort, expression de la violence.

Mais si par ces interdits les hommes rejettent la violence et se séparent d'elle, ils se font simultanément violence à eux-mêmes, à leurs penchants et à leurs désirs. • Selon R.

Girard, les hommes sont réellement devenus hommes, c'est-à-dire des êtres sociaux, le jour où ils expulsèrent d'eux-mêmes la violence en la projetant sur un homme transformé en victime émissaire et immolé par la collectivité.

Ainsi c'est ce sacrifice, cet acte de violence qui fonde la société, et c'est lui que perpétue chaque société dans ses institutions, qui s'efforcent toujours de rejeter hors d'elle cette violence fondamentale, en la dirigeant soit contre des groupes qui lui sont extérieurs, soit contre un « bouc émissaire » intérieur.. »

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