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MERLEAU-Ponty : Art et Création

Extrait du document

« Il n'y a donc pas d'art d'agrément. On peut fabriquer des objets qui font plaisir en liant autrement des idées déjà prêtes et en présentant des formes déjà vues. Cette peinture ou cette parole seconde est ce qu'on entend généralement par culture. L'artiste selon Balzac ou selon Cézanne ne se contente pas d'être un animal cultivé, il assume la culture depuis son début et la fonde à nouveau, il parle comme le premier homme a parlé et peint comme si l'on n'avait jamais peint. L'expression ne peut alors pas être la traduction d'une pensée déjà claire, puisque les pensées claires sont celles qui ont déjà été dites en nous-mêmes ou par les autres. La « conception » ne peut pas précéder l'« exécution ». Avant l'expression, il n'y a rien qu'une fièvre vague et seule l'oeuvre faite et comprise prouvera qu'on devait trouver là quelque chose plutôt que rien. Parce qu'il est revenu pour en prendre conscience au fonds d'expérience muette et solitaire sur lequel sont bâtis la culture et l'échange des idées, l'artiste lance son oeuvre comme un homme a lancé la première parole, sans savoir si elle sera autre chose qu'un cri, si elle pourra se détacher du flux de la vie individuelle où elle naît et présenter (...) l'existence indépendante d'un sens identifiable. Le sens de ce que va dire l'artiste n'est e part, ni dans les choses, qui ne sont pas encore sens, ni en lui-même, dans sa vie informulée ». MERLEAU-Ponty

Pourquoi, selon Merleau-Ponty, n'y a-t-il pas « d'art d'agrément» ?

La fabrication d'objets qui font plaisir en liant autrement des idées déjà prêtes et en présentant des formes déjà vues, est-ce de l'art ?

Comment comprenez-vous « l'artiste... assume la culture depuis son début et la fonde à nouveau » ?

Pourquoi « l'expression ne peut alors pas être la traduction d'une pensée déjà claire » ?

Que signifie se détacher du flux de vie individuelle où elle naît », « présenter l'existence indépendante d'un sens identifiable » ?

Quel est « l'enjeu » de ce texte ?

Démontrer qu'il n'y a pas d'art d'agrément ?

Définir ce qu'est la culture ?

« Nature de la vertu Qu'est-ce que l'exercice de la raison dans l'action ? C'est là une question qui revient à s'interroger sur la nature de la vertu dans l'action de l'homme. En premier lieu, la vertu est un exercice volontaire : c'est pourquoi ceux qui se contentent d'obéir aux lois par crainte ne peuvent prétendre à la vertu. La justice, c'est réaliser volontairement une action juste : mieux même, c'est y trouver du plaisir. Plus précisément, la nature de la vertu tient, en toutes choses, à la juste mesure. Ainsi Aristote prend-il dans la nature l'exemple du médecin qui sait que la santé tient à une juste moyenne dans les corps entre le chaud et le froid ; dans l'art, il cite l'architecte ou l'artiste qui recherchent l'équilibre des parties pour parvenir à une totalité harmonieuse. La nature et l'art sont de bons modèles pour l'action vertueuse, qui doit chercher à atteindre le milieu juste en toutes choses. Il n'existe pas, en matière de morale, de milieu absolu : il est toujours relatif. Ainsi, si l'on cherche à atteindre cette vertu moyenne entre la témérité et la crainte qu'est le courage, il est nécessaire d'encourager le timide et de réfréner les ardeurs de l'audacieux. De même la générosité chez le riche et chez le pauvre ne saurait être la même. Elle doit garder le juste milieu entre la prodigalité et l'avarice, et ce milieu est différent chez les deux. On voit que la vertu est une disposition à l'action. Contrairement aux morales modernes, la morale aristotélicienne n'accorde que peu de place à la question de l'intention de l'acte. La réalisation seule compte : « Les intentions sont invisibles et l'injuste se vante lui aussi de sa volonté de justice. » On ne peut que souligner que la morale aristotélicienne reprend ici un précepte extrêmement ancien de la morale grecque en général. Sur le fronton du temple de Delphes se trouvait la maxime « rien de trop », qui insiste sur cette nécessité du juste milieu. Le terme grec de meson, qui signifie « milieu », en opposition à hybris, « l'excès », est ainsi récurrent dans le vocabulaire idéologique de la cité grecque. La tragédie antique du Ve siècle insiste sur les conséquences systématiquement catastrophiques du mépris du « juste milieu ». L'homme est en effet lui-même un milieu entre les animaux et les dieux. Il ne doit pas oublier que sa condition, si exceptionnelle soit-elle, comme le rappelle un très célèbre chœur d'Œdipe Roi, de Sophocle, est mortelle et l'homme doit savoir rester humble. L'excès de confiance, l'orgueil, l'entêtement, ces excès, ces marques de l'hybris, sont autant de signes qu'une punition divine ne saurait être loin. »

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