Aide en Philo

Ma conscience peut-elle me tromper sur moi-même ?

Extrait du document

La conscience de soi semble être à la fois une mise à distance du sujet par rapport à lui-même et ce mouvement de regard du sujet sur lui-même. Elle est donc une saisie qui n'est jamais une identité de l'observateur et de son objet. La conscience semble être ce coup de projecteur sur ce qui se passe en nous, cette lumière braquée sur ce qui se tenait en nous comme caché. Mais suffit-il de ce mouvement réflexif pour qu'apparaisse la vérité de nos intentions comme une révélation ? Comment la conscience de soi est-elle possible, quelles sont les conditions de possibilité de la conscience de soi ? Ce coup de projecteur, ce retour sur soi censé dissiper les illusions n'est-il pas porteur d'une autre illusion fondamentale ? Toute conscience n'est-elle pas relative ?La vérité sur nous-même ne reste-t-elle pas toujours profondément inconsciente ?

« Analyse du sujet: Afin de traiter ce sujet, il est nécessaire au préalable de définir ce qu'est la conscience.

On peut avoir conscience d'un objet extérieur et plus généralement du monde, mais on peut tout aussi bien avoir conscience de ces objets qui sont en nous et que l'on désigne classiquement par le mot idée ou encore pensée.

La conscience qui prend pour objet le monde extérieur relève de l'observation, celle qui prend pour objet quelque chose en nous est dite réflexive.

Or, dans ce sujet il s'agit bien de la conscience telle qu'elle se prend elle-même pour objet, telle qu'elle se retourne, si l'on peut dire, sur elle-même.

Mais la conscience désigne tout aussi bien une sorte de contenant que l'action ou plutôt le mouvement de celui qui se pense lui-même. Il s'agit d'interroger ici le rôle de la conscience dans la connaissance de soi.

La connaissance présuppose toujours une mise à distance entre l'objet de la connaissance et le sujet connaissant, cette distance semble ne pas poser de difficulté dans la connaissance du monde, bien qu'en réalité elle est loin d'être une évidence.

Mais, quand le sujet entreprend de se connaître lui-même, cette mise à distance, nécessaire à toute connaissance, semble être mise en péril puisque le sujet connaissant et l'objet de la connaissance sont identiques.

Ainsi, la réflexion, le retour sur soi, risquent d'être toujours une illusion, puisque le sujet ne peut se prendre lui-même pour objet, pendant qu'il réfléchit sur lui-même, qu'il se prend pour objet, il n'est plus cet objet. Mais on pourrait également soutenir le contraire.

Je me connais moi-même car précisément je suis identique à l'objet de la connaissance, or la connaissance n'est-elle pas idéalement cette saisie parfaite de l'objet ? Dans ce cas, tous les êtres vivants, conscients ou non auraient une connaissance de soi.

Mais cette connaissance ne pourrait être formulée sans conscience, c'est-à-dire sans écart, elle serait instinctive et non pas réfléchie.

Ce serait la connaissance d'un automate, incapable de se penser lui-même. Toute connaissance repose sur la possibilité de l'écart par rapport à l'objet mais aussi sur la possibilité de le saisir.

Or, qu'est-ce que nous saisissons de nous-même quand nous prenons conscience ? De plus, il semble que la conscience puisse advenir après coup, je prends conscience de ce que j'ai fait de façon rétrospective, souvent « à la lumière » du présent.

Quand nous réfléchissons sur nousmêmes, nous considérons souvent nos actions passées.

Il est plus rare d'avoir pleinement conscience de nos actions présentes, soit qu'elles soient produites inconsciemment par une habitude (par exemple quand je marche), soit que j'ignore le sens profond de cette action, la raison pour laquelle je l'ai réellement entreprise.

Vis à vis des actions passées, il n'est pas rare que nous prenions conscience par le sentiment présent d'une mauvaise conscience. . Problématisation: La conscience de soi semble être à la fois une mise à distance du sujet par rapport à lui-même et ce mouvement de regard du sujet sur lui-même.

Elle est donc une saisie qui n'est jamais une identité de l'observateur et de son objet.

La conscience semble être ce coup de projecteur sur ce qui se passe en nous, cette lumière braquée sur ce qui se tenait en nous comme caché.

Mais suffit-il de ce mouvement réflexif pour qu'apparaisse la vérité de nos intentions comme une révélation ? Comment la conscience de soi estelle possible, quelles sont les conditions de possibilité de la conscience de soi ? Ce coup de projecteur, ce retour sur soi censé dissiper les illusions n'est-il pas porteur d'une autre illusion fondamentale ? Toute conscience n'est-elle pas relative ?La vérité sur nous-même ne reste-t-elle pas toujours profondément inconsciente ? 1. La conscience ne nous trompe jamais a) Tout d'abord, il semble que la conscience de soi, après ce que nous avons dit, ne soit pas toujours du même niveau.

Nous avons tous plus ou moins conscience de nous-mêmes, conscience de notre existence, de notre corps et de nos actions.

Mais la conscience de soi en tant qu'être conscient, c'est-à-dire la conscience de sa propre conscience n'est pas quelque chose qui nous accompagne tout le temps.

Il y a des moments de la vie où nous sommes plus ou moins conscients, la conscience ne surgissant que dans les moments où nous sommes face à un choix qui a pour nous de l'importance.

Le doute est donc le moment privilégié par lequel la conscience peut surgir.

La conscience n'est donc pas tellement le moment du choix, que l'hésitation qui précède le choix.

Elle est dans le champ de l'action une mise en suspens, un moment de flottement entre plusieurs possibles qui sont en contradiction les uns avec les autres et qui posent de véritable « cas de conscience ».

Ce sont ces moments de. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles