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L'oeuvre d'art a-t-elle une fonction ?

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L'art étant entré dans l'air de la consommation, l'art doit se démarquer de la production industrielle. Dès la fin du 19e siècle, l'art a eu pour fonction d'embellir les productions de l'industrie, l' Art Nouveau précurseur du design a tenté de contrer le cours inéluctable du progrès technique. La lutte contre l'uniformisation, la standardisation se retrouve jusque dans le pop art des années 1960. L'art contemporain tend à faire tourner les regards vers des faits de société, vers les marges, et tend à la provocation. Les happenings, l'art corporel, l'art brut ont une charge de contestation importante. C'est aussi l'idée de contre-culture qui s'est formé autour de la Beat Generation, le rock, la culture hippie se place à l'opposé de la société de consommation.       3) La fonction d'expression subjective et de reflet d'une époque.     La fonction expressive de l'art comme acte de communication avec le monde et la valeur de reflet des transformations sociales et morales est importante. L'art a donc un rôle à la fois personnel et universel. Il permet à l'individu de s'exprimer, il a aussi une fonction sociale.

« La fonction de l'art n'est pas son utilité, mais le rôle qu'il joue au sein de la société, quel est son effet général sur les spectateurs qui le regarde.

A-t-il pour fonction d'être le support d'un culte, de rassembler le peuple autour de son histoire, d'exprimer la civilisation de son temps, de critiquer la société ? La fonction de l'art n'est certainement pas fixée à jamais dans le temps mais évolue avec lui. 1) Le changement de fonction de l'art : la modernité. Le « Musée imaginaire » pensé par Malraux dans l'ouvrage du même nom, est le rassemblement de toutes les oeuvres d'art de l'humanité en pensée et non dans un musée réel.

La photographie a permis ce regroupement autrefois impossible, et des détails auparavant invisibles ont pu être mis à jour.

L'architecture de la cathédrale de Chartres peut enfin se révéler telle que elle est dans ses détails les plus inaccessibles et peut être comparée à d'autres types d'art.

Au contraire, W.

Benjamin a vu dans cette reproduction au même format de toutes les oeuvres d'art, la fin d'un rapport imaginaire à l'art.

La démocratisation des musées et leur ouverture au public au XIXe siècle a opéré un déplacement de la valeur de l'oeuvre d'art.

Les objets de culte ont perdu leur usage et ont gagné en retour une valeur d'exposition.

Le musée a détruit les valeurs de culte des objets qui y sont exposés.

Il n'est plus que le cimetière d'anciennes civilisations disparues.

Il y a donc un lien entre la naissance de la civilisation industrielle et une perte d'aura des oeuvres d'art.

L'art s'est démocratisé, il n'est plus l'apanage de la noblesse et du monde religieux.

Des individus qui n'ont pas reçu d'éducation artistique ou qui n'ont pas les moyens de s'approprier de véritables oeuvres d'art peuvent désormais se procurer des copies.

On désire se rapprocher le plus possible et s'approprier ces nouveaux objets fabriqués en série par l'industrie.

Benjamin a aussi compris que des techniques comme le cinéma avaient détruit une certaine dimension du rapport que l'on a au passé.

Le cinéma offre un témoignage historique du passé, une connaissance intellectuelle de ce dernier et non plus une expérience vécue.

En reprenant les catégories d'Aloïs Riegl dans Le culte moderne des monuments, comme la valeur de remémoration qui est intentionnelle, la valeur historique qui témoigne d'une époque passée, et enfin la valeur d'ancienneté qui se traduit par une certaine patine et usure qui parle à l'homme d'une manière universelle.

La valeur d'ancienneté a un rapport avec l'existence de chacun et offre la possibilité de fonder un rapport affectif au monde. Ce rapport existentiel se perd avec le cinéma et la photographie.

Les dimensions du souvenir et de la durée se trouvent perdues par cette technique.

L'homme doit donc retrouver cette dimension du passé et sa valeur cultuelle.

Benjamin souhaite regagner ce rapport poétique au passé et redonner à la matière son aspect magique.

Le développement de la technique liquide la tradition, détruit l'expérience et l'accumulation temporelle constitutive de l'objet et du sens, rendant ainsi la narration impossible.

Dès lors se produit un changement de fonction de l'art, qui perd sa valeur cultuelle pour acquérir une valeur d'exposition, et devient politique. 2) La fonction politique et critique de l'art. L'art moderne se donne un point de vue extérieur et une position critique à l'égard de toute culture de privilège : à la fonction idéologique de l'art classique, elle tente de substituer une fonction de l'art qui soit réellement critique dans l'ordre culturel des rapports sociaux.

L'art étant entré dans l'air de la consommation, l'art doit se démarquer de la production industrielle.

Dès la fin du 19 e siècle, l'art a eu pour fonction d'embellir les productions de l'industrie, l' Art Nouveau précurseur du design a tenté de contrer le cours inéluctable du progrès technique.

La lutte contre l'uniformisation, la standardisation se retrouve jusque dans le pop art des années 1960.

L'art contemporain tend à faire tourner les regards vers des faits de société, vers les marges, et tend à la provocation.

Les happenings, l'art corporel, l'art brut ont une charge de contestation importante.

C'est aussi l'idée de contre-culture qui s'est formé autour de la Beat Generation, le rock, la culture hippie se place à l'opposé de la société de consommation. 3) La fonction d'expression subjective et de reflet d'une époque. La fonction expressive de l'art comme acte de communication avec le monde et la valeur de reflet des transformations sociales et morales est importante.

L'art a donc un rôle à la fois personnel et universel.

Il permet à l'individu de s'exprimer, il a aussi une fonction sociale.

Cela serait même la fonction de l'art que d'ouvrir des espaces où s'autorégulent les émotions et les sentiments.

Elle permet et évite toute effusion trop irrationnelle de la subjectivité, elle permet de traduire en un langage compréhensible par plus d'individus que le seul artiste.

Il faut trouver un compromis entre le désir d'expression personnel et la société.

Jean Dubuffet, artiste de l'art brut écrit : « Il n'y a pas plus d'art des fous que d'art des dyspeptiques ou des malades du genou ».

La fonction d'art étant partout la même, chez l'aliéné comme chez l'individu réputé normal, encore que chez ce dernier elle trouve rarement à s'exercer hors de toute contrainte sociale et sans référence à quelque règle ou modèle culturel que ce soit, libre cours étant laissé à une impulsion, à une nécessité qui ne saurait se satisfaire que des inventions les plus personnelles, les moins prévisibles. Conclusion. Les fonctions de l'art ne sont pas fixées avec le temps.

Au travers de l'expression de l'artiste, et de l'art comme vecteur sociale, on peut déceler une évolution importante.

D'un art comme objet de culte, à un art exposé aux yeux de tous par la massification de moyens de communication, il offre un terrain de débat à l'ensemble de la société.

Cette possibilité permet à l'art de devenir une tribune et interroger la société civile sur les problèmes qui la traverse au risque de la provocation et de la brutalité.

La lutte contre la standardisation de la société est l'une des fonctions de l'art d'aujourd'hui.. »

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