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L'humanité peut-elle se contenter d'une libération technique ?

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L?opération critique effectuée ici par Marx consiste à redéfinir la réalité humaine. Il s?agit de rejeter la thèse de l?existence d?une nature humaine et de lui substituer l?analyse d?une réalité sociale complexe et structurée, où les hommes édifient historiquement leur individualité en « produisant leurs conditions d?existence ». Il s?agit donc de récuser une vue abstraite et éloignée du réel pour s?attacher à ce que sont les hommes concrets et leur évolution historique. La sixième thèse énonce que « L?essence humaine n?est pas une abstraction inhérente à l?individu pris à part, dans sa réalité, c?est l?ensemble des rapports sociaux. » Il ne s?agit aucunement, contrairement à ce que maintes lectures hâtives ou prévenues affirment, de réduire l?individu aux rapports sociaux, mais d?affirmer que l?essence humaine n?a pas la forme du sujet pensé par la psychologie. Autrement dit, que la clé de la compréhension de la personnalité concrète ne se trouve pas dans la conscience individuelle. Mais, à l?inverse, celle-ci ne se détermine singulièrement que dans le cadre de rapports sociaux qui lui préexistent et qui constituent de ce fait ses « présuppositions réelles », base de sa formation effective et point de départ de son intelligence véritable. On ne peut donc pas comprendre l?individu en l?isolant de la société dans laquelle il s?insère, travaille, etc. Il faut au contraire, pour saisir l?individu dans sa singularité, ne pas prendre pour base les illusions qu?il peut se faire sur lui-même, en ce sens qu?il est victime des préjugés de son temps et que « les idées dominantes sont les idées de la classe dominante ». Par suite, l?activité individuelle est essentiellement, constitutivement, sociale et ne peut en aucun cas être réduite à l?ensemble des perceptions sensibles de l?individu isolé et des représentations qui en dérivent : « La véritable richesse des individus réside dans la richesse de leurs rapports réels.

« Introduction Le sujet est un sujet qui présuppose certaines connaissances. Des philosophes comme Marx propose une libération technique de l'humanité, ce n'est pas en se retournant contre les moyens de production que les hommes peuvent se libérer mais en les développant au maximum, et en se les appropriant. La question est de savoir quelle valeur on peut accorder à cette libération technique et si elle est suffisante compte tenu de ce qu'est l'homme. Le sujet met en évidence que la libération de l'humanité ne peut pas être seulement technique. L'homme est un être qui a des valeurs, la libération technique ne saurait satisfaire les exigences morales de l'homme. Cependant cette libération technique n'est-elle pas une première étape nécessaire? Peut-on prétendre que la libération technique soit quelque chose dont on puisse se passer? Enfin, la technique si elle peut fournir libération n'est-elle pas également susceptible de nuire à celle-ci? 1)La libération technique n'est qu'une étape L'homme se distingue de l'animal par un système de valeurs. L'homme ne se contente pas d'exister il attache dans son existence de l'importance à certaines choses. La vie de l'homme est donc également normative, l'homme définit pour lui ce qu'est une vie bonne. Or la libération technique ne semble pas tenir compte de cette dimension normative de la vie humaine. Pour Kant l'homme peut être considérer comme un être double, il est un sujet empirique, mais également un sujet moral. En tant que sujet moral, l'homme désire voir se réaliser sur terre une certaine attitude. Pour faire simple disons que l'homme a des revendications d'ordre moral, il désire voir se réaliser sur terre un monde moral. On voit ici que la libération technique de l'humanité semble mettre complètement de côté une part de notre humanité. Il s'agit donc de souligner que les hommes ne désirent pas seulement vivre, ils désirent également vivre selon certaines valeurs auxquelles ils tiennent. Transition Certes l'humanité ne peut se contenter d'une libération technique cependant la question reste entière. Si l'on reconnaît l'insuffisance d'une simple libération technique, cette libération technique n'est-elle pas néanmoins nécessairement la première de toutes les libérations à venir? Comment envisager une libération morale sans une libération technique préalable? 2) Le primat de la pratique Une libération technique si elle n'est pas suffisante n'en demeure pas moins la première de toutes. Avant cette libération technique aucune autre ne peut avoir lieu. Marx dans l'idéologie Allemande expose ce qu'il appelle le primat de la pratique. Ce terme doit être entendu en opposition avec théorique. Le primat de la pratique c'est le primat de l'activité sur la pensée. La question est celle de la cause et de l'effet, pour Marx une pensée n'est que l'effet d'un certain mode d'activité. Une certaine organisation du travail va produire un système de pensée qui correspond. C'est bien la manière d'agir qui formate notre pensée et pas l'inverse. On voit grâce à Marx que si l'idée d'une libération technique nous paraît insuffisante pour autant une telle libération doit avoir lieu pour que d'autres puissent se produire. Cette libération technique si elle est insuffisante reste cependant première. On voit bien avec Marx en quoi une libération technique doit être première. C'est parce que la pratique, la manière d'agir, prime sur le théorique que toute libération doit d'abord concerner la technique. Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, ce qui importe, c'est de le transformer (Marx). En 1845, Marx écrit les « Thèses sur Feuerbach ». La onzième précise que « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, ce qui importe, c'est de le transformer ». Contrairement à ce que prétend une interprétation courante, il ne s'agit pas pour Marx de répudier la philosophie et le travail de réflexion, mais de le redéfinir, et de lui donner une nouvelle place, une nouvelle tâche. Marx ne récuse pas la pensée, mais sa transformation en idéologie, son éloignement de la pratique. La onzième thèse clôt la série de note rédigées par Marx en 1845 qui constitueront le point de départ de la rédaction, avec la collaboration d'Engels, de l' « Idéologie allemande » (1846). Ces thèses, qui ne sont pas initialement destinées à la publication, paraîtront après la mort de Marx à l'initiative de Engels, qui les présente comme un document d'une valeur inappréciable puisque s'y trouve « déposé le germe génial de la nouvelle conception du mode ». Etape décisive dans la maturation de la pensée de Marx, cet ensemble d'aphorismes, en dépit de son apparente limpidité, ne peut être compris indépendamment de ce qui précède et de ce qui suit le moment de sa rédaction. Nul texte, en ce sens, ne se prête davantage au commentaire, alors même, paradoxalement, que cette onzième thèse semble dénier toute légitimité à l'activité d'interpréter. »

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