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L'Etat fait-il nécessairement usage de la violence ?

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Et la légitimité de son pouvoir est fondée sur cette garantie de sécurité. Pour l?assurer, l?Etat doit être à même de contraindre et de contenir la liberté des individus. Les moyens de cette assurance peuvent bien évidemment passer par la violence ? mais une violence qui, dès lors, sera d?une certaine manière légitime, puisque découlant directement du principe même de l?institution du pouvoir. -          Comment, en effet, faire en sorte de faire respecter le droit, si ce n?est par la menace du châtiment ? La violence d?Etat comme violence pratiquée par les organes du pouvoir, à la différence de la violence de l?état de nature, est une violence qui se veut légitime, puisqu?en dernier recours elle trouve sa justification dans la volonté de mettre fin à une violence non régulée et imprévisible (cf. Weber dans Le Savant et le Politique) Pour lui, la violence est toujours le « moyen spécifique » du pouvoir pour endiguer et contenir une violence peut-être cruelle. L?Etat se présente ainsi comme rationalisation du pouvoir. ·         Si l?Etat fait, de fait, toujours usage de la violence en la rationalisant, cet usage est-il en droit légitime ? L?idée démocratique et républicaine offre-t-elle un modèle, ne serait-ce qu?idéal, d?élimination de la violence ?     II-                Mais de façon non nécessaire : il existe des types d?Etat qui ne font pas usage de la violence     ·         Le contrat social -          L?arrachement à l?état de nature, même lorsqu?il s?agit d?un arrachement consenti pour la sécurité de chacun, peut être considéré comme une violence infligée à l?individu et à l?extension de la liberté de sa volonté.

« Analyse du sujet · Eléments de définition ® Etat = du latin status qui signifie situation, et de stare qui signifie tenir debout. 1. Terme qui apparaît au XVIe siècle pour désigner une institution de type nouveau : le pouvoir politique, de plus en plus autonome par rapport à l'ordre religieux et familial, tendant à gérer la société entière comme un « ordre public ». Dans la société moderne organisée : « regroupement de pouvoirs de caractère institutionnel qui monopolise dans les limites d'un territoire la contrainte physique légitimée comme moyen de domination et dans ce but réunit dans les mains des dirigeants les moyens matériels de gestion.

» (Weber).

L'organisation étatique comprend le gouvernement et l'organisation de la société. Pour les contractualistes (Hobbes De Cive + Léviathan, Spinoza = Traité théologico-politique ch.

XX, Locke = Deuxième traité du gouvernement civil) : résultat d'un pacte ou contrat par lesquels s'unissent les volontés individuelles.

Instance qui personnifie cette union et transcende les volontés, « personne publique qui se forme par l'union de toutes les autres, qui prenait autrefois le nom de Cité, et prend maintenant celui de République, lequel est appelé par ses membres Etat quand il est passif, souverain quand il est actif, puissance en le comparant à ses semblables » Rousseau, Du Contrat Social, LI, ch.

VI, VII + LII, ch.

III, IV + LIII, ch.

IV. Chez Hegel: forme la plus accomplie de la réalisation de l'Esprit s'objectivant dans le monde du droit.

Médiation de l'universel, il ne saurait se réduire à un contrat (Principes de la philosophie, §257-258 + La Raison dans l'histoire) Pour Marx, produit conceptuel typique de l'idéologie universaliste masquant les rapports sociaux de domination (L'idéologie allemande, Manifeste du parti communiste) 2. Dans la sociologie contemporaine : « l'Etat moderne émerge comme une exigence de contrat sur fond de violence et de contrainte.

» ® Violence = Force d'une intensité particulière. 1. Usage illégitime de la force et atteinte à l'intégrité des personnes.

Alain, Définitions, in Les Arts et les dieux. 2. Usage considéré comme légitime de la force : Par une institution, dans le but de faire respecter la loi.

Weber écrit que l'Etat moderne se réserve le monopole de la violence physique légitime.

(Le Savant et le politique). Contre le pouvoir en place et l'autorité existante, afin d'établir un pouvoir plus juste.

Selon Marx, la « violence est l'accoucheuse de l'histoire ». Comme praxis révolutionnaire du colonisé qui, en faisant usage de la force, combat pour sa liberté et reconquiert sa dignité. 3. Selon Eric Weil : refus de la communication, fermeture du discours et de la pratique humaine.

Si la violence est l'autre de la vérité (ce que n'est pas l'erreur qui est encore, en vérité), il y a de la violence en tout discours particulier en tant qu'il est particulier (Logique de la philosophie). · Angles d'analyse ® La question interroge les relations entre Etat et violence.

La question porte ainsi sur l'essence même de L'Etat en tant que pouvoir suprême. ® Il s'agit en réalité de définir la nature même de l'Etat, dans son concept, pour savoir si l'usage de la violence lui est nécessairement corrélatif ou au contraire simple fait accidentel et historique. ®C'est donc une relation de consubstantialité qui est ici mise à la question, ce qui, a fortiori, tend à se demander si la violence, en tant que c'est l'Etat qui en fait l'usage, est légitime ou non. Problématique La violence participe-t-elle de la définition même de l'Etat ? La violence est-elle consubstantielle à l'idée d'Etat ? La violence dont fait preuve l'Etat n'est-elle accidentelle, due à la personnalité de ceux qui ont le pouvoir à tel moment ? Est-ce que l'exercice du pouvoir qui s'accompagne nécessairement une certaine violence ? C'est bien la consubstantialité qui existe entre violence et Etat qui est ici mise à la question. Plan I- Tout Etat s'accompagne de violence · La sortie de l'état de nature : la confiscation de la liberté sans frein La présence d'une forme de pouvoir suppose l'existence d'un état de droit, l'introduction d'une certaine hiérarchie et d'un certain ordre au sein d'une société organisée.

Pour réfléchir à l'absence de tout pouvoir, il faut avoir recours à la fiction de. »

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