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l'Etat a-t-il besoin de l'estime des citoyens ?

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BESOIN

Gén. Nécessité naturelle ayant une cause physiologique; par ex., le besoin de manger. Il faut ici distinguer besoin et désir (désir de manger du fromage plutôt qu'un dessert). Le désir privilégie toujours un objet plutôt qu'un autre, et implique donc un choix là où le besoin manifeste une nécessité. Phi. Il est difficile cependant de faire du besoin une catégorie strictement naturelle. Nos besoins sont inséparables de notre histoire psychologique (Freud) et sociale (Marx) ou bien sont dits culturels ; dans tous les cas, ils échappent à une détermination objective. Ainsi, parler de besoins vitaux reste délicat : où se termine la survie ? Où commence l'abondance ? Les frontières du besoin semblent donc poreuses.

CITOYEN (lat. civis, membre d'une cité)

Gén. A l'origine, celui qui jouit des privilèges des habitants de la cité. Aujourd'hui, membre d'une communauté, détenteur de droits politiques, tels que le droit de vote, et soumis à des devoirs envers la nation et l'État. Pol. On est citoyen d'une république ou dans une démocratie, alors qu'on est un sujet dans une monarchie absolue. Phi. Le citoyen est égal en droit à tout autre, quelles que soient ses caractéristiques empiriques, naturelles (son sexe, sa force physique...) ou culturelles (sa religion, sa langue...). Le citoyen n'est donc pas un individu empirique (qu'on rencontre dans l'Expérience) mais un sujet de droit Ainsi, idéalement, la vraie citoyenneté est cosmopolite; le vrai citoyen du monde, défini universellement, c.-à-d. abstraction faite de l'origine nationale (caractéristique empirique). Cependant, citoyenneté et nationalité restent liées puisqu'on est d'abord citoyen d'un État.

ÉTAT

Gén. L'État (É majuscule) doit d'abord être distingué de la société, puisqu'il existe des sociétés sans État. Il désigne une société organisée ayant une administration politique et juridique autonome, mais également, au sens strict, l'ensemble de ces administrations. Il est ainsi un pouvoir distinct, qui s'incarne dans des institutions et s'exerce sur l'ensemble de la société. Monopole de la législation et occupation permanente d'un territoire caractérisent par ailleurs l'État, qu'on peut définir avec Max Weber comme la communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé, revendique avec succès, pour son propre compte, le monopole de la violence physique légitime. Phi. pol. C'est dans la raison d'être de l'État que réside son essence : l'homme a inventé l'État pour ne pas obéir à l'homme. L'État est l'artifice qui permet de détacher les rapports d'autorité des relations personnelles de chef à sujet. Ceux qui exercent le pouvoir n'en sont pas propriétaires mais dépositaires. L'État est le bien de tous (res publica) et les institutions qui l'incarnent l'expression de la volonté générale.

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