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Les mythes ne sont-ils que des superstitions destinées à s'effacer devant la raison ?

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MYTHE (gr. muthos)

Gén. Récit fabuleux d'origine populaire, où les différentes forces de la nature sont représentées sous la forme de créatures les personnifiant.

Phi. S'oppose à logos, discours rationnel. En grec, muthos désigne une parole formulée; et plus précisément les mythes sont des discours sacrés. Or, le logos n'est plus simplement la parole : dans la forme, il est démonstration contrairement au muthos qui est narratif; sur le fond, les abstractions du philosophe s'opposent aux puissances divines dont le mythe narre les aventures. Surtout, la magie incantatoire de la parole mythique tranche avec la rigueur rationnelle qui caractérise pour les Grecs l'usage du logos.

RAISON (lat. ratio, calcul; faculté de calculer, de raisonner) Ce terme connaît deux grandes acceptions : soit il désigne la faculté de penser, la « raison humaine », soit il désigne un principe d'explication, la « raison des choses ». En tant que faculté de penser, la raison peut se définir encore en plusieurs sens, soit : 1. la faculté de raisonner discursive, de combiner concepts et propositions par opposition à la faculté de connaître intuitive (la ratio par opposition à l'intellectus chez saint Thomas, ou la raison par opposition au coeur chez Pascal); 2. la faculté de bien juger (comme chez Descartes) ou l'entendement qui « s'appelle raison en tant qu'il dirige au vrai et au bien », selon Bossuet. En ce sens s'oppose classiquement à la folie et à la passion qui consiste à raisonner mal, contrairement aux lois logiques ; 3. la connaissance naturelle par opposition à la connaissance révélée, la lumière» naturelle par opposition aux lumières de la foi» ; 4. un système de principes a priori dont la vérité ne dépend pas de l'Expérience . En ce sens, les vérités de la raison se distinguent du témoignage des sens autant que des révélations de la foi, si bien que Pascal voyait là trois ordres distincts de connaissance; 5. dès lors, toute une tradition définira usuellement la raison comme l'esprit humain en tant qu'il porte en lui les notions innées lui permettant de comprendre le monde, définition critiquée par les empiristes, et transformée par Kant; 6. la raison est pour Kant la faculté supérieure qui ramène à l'unité les règles de l'entendement» comme celui-ci fait la synthèse des éléments sensibles. Connaissance a priori et connaissance par la raison sont une même chose, et se distinguent ici de la connaissance par l'entendement (contrairement au sens 2 qu'on trouve par ex. chez Descartes). Le nom de Raison est réservé à un degré supérieur de synthèse des connaissances : si l'Entendement est la faculté des règles, la Raison est la faculté des principes. Elle est théorique lorsqu'elle fonde la science (et concerne uniquement la connaissance); pratique lorsqu'elle est considérée comme contenant le principe a priori de l'action morale. En tant que principe d'explication, soit : 1. au sens théorique, ce qui rend compte d'un effet. Signifie alors plutôt raison d'être d'une chose à distinguer de sa cause simplement antécédente. Ainsi, se confond souvent avec la cause finale; 2. au sens normatif, le motif légitime d'un acte, sa justification (comme dans l'expression « non sans raison »). D'où : argument destiné à prouver qu'on a raison (« donner ses raisons »).

DESTIN (lat. destinare, fixer, assujettir)

Le destin est assimilé à une puissance providentielle qui par avance aurait déterminé, de façon irréversible, le cours des choses et de l'histoire humaine. L'existence du destin implique l'impuissance des hommes à décider du futur. Destin et liberté sont donc nécessairement contradictoires ( fatalisme; à ne pas confondre avec déterminisme).

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