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L'échange exclut-il toute violence ?

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L’échange désigne une opération par laquelle on donne une chose et on en reçoit une autre en contrepartie. On peut échanger toutes sortes de biens : des marchandises, mais aussi des sourires et des idées. La violence désigne un rapport qui implique l’exercice effectif de la force ou sa menace virtuelle en vue d’ imposer la volonté d’un individu ou d’une instance à celle d’un autre.

Dans la mesure où l’échange implique un intérêt mutuel, voire une dépendance réciproque, on peut affirmer que le concept même d’échange exclut toute violence puisque cette dernière contrevient aux intérêts des intervenants. En instituant une commune mesure, l’échange économique qu’est le commerce empêcherait la violence qui se fonde sur une incommensurabilité. Cependant si l’échange commercial ou économique exclut en lui-même la violence directe qu’est la guerre par exemple, rien ne nous garantit néanmoins que toute violence est exclue du concept d’échange lui-même.

En effet il s’agit d’étudier, non pas seulement la nature de l’objet que l’on échange, mais la forme de l’échange elle-même, sa structure. Or ne nous est-il pas possible, dans une dispute, d’échanger des coups, de feu ou de poing ? Les informations parlent alors de « violents échanges » entre les manifestants et les forces de l’ordre. Allons jusqu’à donner le titre d’un film récent « Violence des échanges en milieu tempéré ». Ainsi on pourrait soutenir que la violence est ce qui par excellence se prête à l’échange. Or si la violence peut se prêter à l’échange, ne doit-on pas radicaliser cette thèse en soutenant que tout échange comporte en lui-même une violence ? Ainsi une société qui se fonde exclusivement sur le libre échange n’engendrera-t-elle pas une violence d’ordre social ? Nous sommes dès lors confrontés à ce problème : l’échange exclut-il toute violence ou bien existe-il une violence propre à l’échange ? Le cas échéant, que devons-nous faire ?

 

 

  • I L’échange exclut toute violence comme ce qui le rend impossible.
  • II L’échange possède sa violence propre.
  • III Tout échange au sein de la société comporte une part de violence

 

 

 

 

 

« Introduction : L'échange désigne une opération par laquelle on donne une chose et on en reçoit une autre en contrepartie.

On peut échanger toutes sortes de biens : des marchandises, mais aussi des sourires et des idées.

La violence désigne un rapport qui implique l'exercice effectif de la force ou sa menace virtuelle en vue d' imposer la volonté d'un individu ou d'une instance à celle d'un autre. Dans la mesure où l'échange implique un intérêt mutuel, voire une dépendance réciproque, on peut affirmer que le concept même d'échange exclut toute violence puisque cette dernière contrevient aux intérêts des intervenants.

En instituant une commune mesure, l'échange économique qu'est le commerce empêcherait la violence qui se fonde sur une incommensurabilité.

Cependant si l'échange commercial ou économique exclut en lui-même la violence directe qu'est la guerre par exemple, rien ne nous garantit néanmoins que toute violence est exclue du concept d'échange lui-même. En effet il s'agit d'étudier, non pas seulement la nature de l'objet que l'on échange, mais la forme de l'échange ellemême, sa structure.

Or ne nous est-il pas possible, dans une dispute, d'échanger des coups, de feu ou de poing ? Les informations parlent alors de « violents échanges » entre les manifestants et les forces de l'ordre.

Allons jusqu'à donner le titre d'un film récent « Violence des échanges en milieu tempéré ».

Ainsi on pourrait soutenir que la violence est ce qui par excellence se prête à l'échange.

Or si la violence peut se prêter à l'échange, ne doit-on pas radicaliser cette thèse en soutenant que tout échange comporte en lui-même une violence ? Ainsi une société qui se fonde exclusivement sur le libre échange n'engendrera-t-elle pas une violence d'ordre social ? Nous sommes dès lors confrontés à ce problème : l'échange exclut-il toute violence ou bien existe-il une violence propre à l'échange ? Le cas échéant, que devons-nous faire ? I L'échange exclut toute violence comme ce qui le rend impossible _L'échange implique le besoin et l'intérêt mutuels.

La société se fonde sur des échanges résultant du besoin.

Si les hommes échangent, c'est que les individus ne peuvent subvenir eux-mêmes à leur besoin : ce sont donc les nécessités de la survie qui poussent les hommes à s'assembler car ils ont besoin les uns des autres pour garantir leur survie.

Pour survivre, les hommes ont besoin d'assouvir une pluralité de besoins.

Or la nature n'a donné à chacun qu'une seule disposition pour un besoin.

Aussi si les hommes ne possédant qu'une seule disposition pour satisfaire un besoin, veulent satisfaire tous leurs besoins, ils sont contraints de s'associer avec les autres.

C'est ce que l'on peut soutenir avec Platon au livre II de la République 369b-370e ) : « l'Etat doit sa naissance à l'impuissance où l'individu se trouve de se suffire à lui-même et au besoin qu'il éprouve de mille choses ».

Par conséquent, l'échange se fonde sur l'interdépendance des besoins. _ Si l'échange sert des intérêts mutuels, il exclut la violence comme un moyen inadéquat pour obtenir le but visé.

En effet comment se déroule l'échange ? Je donne à l'autre un objet qui ne me manque pas et dont il a besoin, et en contrepartie, il me donne un objet dont le manque ne lui est pas préjudiciable et dont il a besoin.

Aussi s'il m'est possible de m'emparer de ses marchandises sans marchandise, cela est tout à mon avantage comme le montrent les pillages survenant dans les guerres.

Mais lorsque je n'ai pas à intérêt à voler, c'est-à-dire à prendre sans contrepartie, l'échange est le seul moyen adéquat pour obtenir ce que je veux de l'autre sans qu'il cherche à son tour à me prendre ce que je possède.

Ainsi en lui-même l'échange exclut la violence comme ce qui l'anéantit. Partout où il y a violence, il n'y a pas échange, mais vol et pillage et partout où il y a échange, il n'y a pas violence. _ L'échange économique qu'est le commerce exclut non seulement la violence en lui-même, mais il contribue à la faire disparaître et à œuvrer indirectement pour la paix.

En effet si deux Etats n'ont aucune dépendance réciproque, ils tenteront de servir leur propre intérêt au détriment du voisin au moyen de la guerre.

En revanche, deux pays dont les économies sont soudées par des liens de dépendance réciproque seront empêchés ou du moins freinés dans leur intention belliqueuse.

C'est ce que l'on peut soutenir avec Montesquieu dans l'Esprit des lois II, XX, chapitre II : « l'effet naturel du commerce est de porter à la paix.

Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une a intérêt à acheter, l'autre a intérêt à vendre; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels ».

Pour preuve, afin d'éviter que se recommence une énième fois les guerres entre l'Allemagne et la France, les deux pays après la seconde guerre mondiale, fondèrent la CECA communauté européenne du charbon et de l'acier, berceau de l'actuelle communauté européenne. En instituant une commune mesure, celle de l‘intérêt économique, l'échange économique qu'est le commerce empêcherait la violence qui se fonde sur une incommensurabilité.

Cependant si l'échange commercial ou économique exclut en lui-même la violence directe qu'est la guerre par exemple, rien ne nous garantit néanmoins que toute violence est exclue du concept d'échange lui-même.

En effet il s'agit d'étudier, non pas seulement la nature de l'objet que l'on échange, mais la forme de l'échange elle-même, sa structure.

Or ne nous est-il pas possible, dans une dispute, d'échanger des coups, de feu ou de poing ? II L'échange possède sa violence propre _ La violence légitime contenue dans l'appareil de l'Etat garantit les échanges.

En effet on ne voit pas comment l'on pourrait soutenir que l'échange exclut en lui-même toute violence dans la mesure où le respect de ses conditions et son existence même dépendent d'une violence étatique comprise comme virtualité.

Tant que l'Etat n'assure pas cette violence fondatrice du droit, aucun échange n'est possible pour deux raisons.

D'une part, les hommes à l'état de nature ont l'esprit trop occupé à se maintenir en vie pour échanger et d'autre part, s'ils tentaient d'échanger, leurs échanges dépourvus d'une fore assez puissante pour punir les manquements aux conditions prévues pour l'échanges risqueraient fort de ne pas être respectés.

C'est ce que l'on peut soutenir avec Hobbes dans le chapitre. »

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