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Le travail n'est-il qu'une occupation ?

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Le travail semble être un phénomène contradictoire pour l'homme : d'abord il s'en plaint, on considère que travailler est une activité pénible, une activité dont il aimerait être dispensé la plupart des fois ; on oppose ainsi le travail au divertissement. L'idéal semblerait pouvoir profiter des produits du travail des autres hommes, sans avoir soi-même à travailler. L'idéal serait d'être rémunéré sans avoir à travailler. On peut ainsi penser qu'on ne travail que pour le salaire. En même temps, si le travail est une activité pénible, c'est une activité nécessaire, puisque grâce à leur travail, les hommes produisent toutes sortes de biens utiles à leur existence. De plus, ceux qui ne travaillent pas (quelle qu'en soit la raison : chômage, incapacité physique à effectuer un travail) semblent se plaindre de ne pas travailler. Ainsi, faut-il ne voir dans le travail qu'un fardeau, qu'une contrainte malheureuse pour l'homme ? N'est-il qu'une occupation? Ou, au contraire, est-il un bien pour l'homme ?Nous verrons dans un premier temps en quoi le travail n'est pas une occupation mais une nécessité puis, dans un deuxième temps, nous nous demanderons s'il n'est pas une servitude pour l'homme. Enfin, nous étudierons le fait que le travail n'est pas une simple occupation ni une servitude mais qu'il est l'essence même de l'homme.

« Demande d'échange de corrigé de Myrtille Laura ([email protected]). Sujet déposé : Le travail n'est-il qu'une occupation ? Le travail semble être un phénomène contradictoire pour l'homme : d'abord il s'en plaint, on considère que travailler est une activité pénible, une activité dont il aimerait être dispensé la plupart des fois ; on oppose ainsi le travail au divertissement.

L'idéal semblerait pouvoir profiter des produits du travail des autres hommes, sans avoir soi-même à travailler.

L'idéal serait d'être rémunéré sans avoir à travailler.

On peut ainsi penser qu'on ne travail que pour le salaire.

En même temps, si le travail est une activité pénible, c'est une activité nécessaire, puisque grâce à leur travail, les hommes produisent toutes sortes de biens utiles à leur existence.

De plus, ceux qui ne travaillent pas (quelle qu'en soit la raison : chômage, incapacité physique à effectuer un travail) semblent se plaindre de ne pas travailler.

Ainsi, faut-il ne voir dans le travail qu'un fardeau, qu'une contrainte malheureuse pour l'homme ? N'est-il qu'une occupation? Ou, au contraire, est-il un bien pour l'homme ?Nous verrons dans un premier temps en quoi le travail n'est pas une occupation mais une nécessité puis, dans un deuxième temps, nous nous demanderons s'il n'est pas une servitude pour l'homme.

Enfin, nous étudierons le fait que le travail n'est pas une simple occupation ni une servitude mais qu'il est l'essence même de l'homme. >Dans un premier temps, nous verrons que le travail est pour l'homme une nécessité et non une simple occupation en ce sens où, il doit travailler pour combler ses manques et où il doit produire pour son bien-être personnel.Une occupation signifie un loisir, un divertissement, or le travail n'est pas perçu comme un loisir dans la vie de l'homme ; il est une nécessité.

L'homme doit travailler. Platon, dans Protagoras avec le mythe de Prométhée et Epiméthée, montre que selon Protagoras, un sophiste, l'homme est un oubli de la nature.

En effet, Epiméthée dote tous les êtres vivants de qualités, crocs pour se défendre, pattes palmées pour nager, fourrure pour résister au froid… Mais, il oublie l'homme et le laisse nu, dépourvu de qualités propres.

Il est donc obligé de travailler pour obtenir les qualités lui faisant défaut : manteau pour se protéger du froid, armes pour se défendre, chaussures pour marcher sans se blesser...

Par son travail l'homme va produire tout ce qui est nécessaire à son bien-être ; il va se spécialiser dans une activité pour y être meilleur.

C'est se que Platon appelle la division du travail.

Il s'agit, pour un homme, de se spécialiser en tant que cordonnier, par exemple, qui va produire des chaussures.

Mais, pour cela, il a besoin de l'éleveur de bovin qui lui fournira le cuir.

Et, ce cordonnier aura besoin de manger, il fera, donc, appel au boulanger.

Il faut donc échanger le produit de son travail avec les autres acteurs de la société.

L'homme ne consomme pas tout ce qu'il produit et consomme des choses qu'il ne produit pas.

L'homme ne travaille donc pas pour se divertir, mais par nécessité.

Si occupation signifie divertissement pour passer son temps, ne pas s'ennuyer, se délasser, alors non, le travail n'est pas une simple occupation puisqu'il est essentiel à l'homme pour subvenir à ses besoins. Alors, si le travail n'est pas un divertissement, enferme-t-il l'homme dans une sorte de servitude ? Nous verrons que nous sommes condamnés au travail, mais qu'il serait alors une porte vers le divertissement, cependant, le travail reste perçu comme contrainte.

Le travail tel que le présente Protagoras dans son mythe de Prométhée et d'Epiméthée apparaît comme un fardeau pour l'homme. L'homme a été injustement oublié par la nature, et est condamné au travail du fait d'une négligence.

Si la nature avait été équitable l'homme aurait dispensé de devoir travailler.

L'homme est donc condamné à travailler pour assurer sa survie.

C'est donc quand il a fini de travailler qu'il peut enfin vaquer à d'autres occupations plus divertissantes que le travail.

Le divertissement délasse l'homme du travail.

L'homme ne commencerait à vivre alors que lorsqu'il arrête de travailler.

Le travail est, d'ailleurs, rarement pensé sans une part de divertissement lui faisant suite.

Ainsi, au début de l'ère industriel, la journée de l'employé de l'usine était divisée en trois phases de huit heures : une de travail, auquel lui succédait une de divertissement et loisirs et enfin, une de sommeil.

Le seul but de l'homme dans son travail serait alors le salaire.

Le travail étant tout le contraire d'un divertissement, l'homme ne voudra pas travailler sans contrepartie.

Cette contrepartie servant ensuite à pouvoir se divertir.

Le travailleur exerce son activité, par exemple, pour pouvoir se payer les vacances en Egypte dont il rêve depuis deux ans.

Le mot travail vient étymologiquement des mots latins tripalium et tripaliare.

Ils désignent un instrument de torture destiné aux esclaves insoumis.

Ainsi, le travail porte en son sens même une dimension négative.

Hegel écrit dans sa dialectique du maître et de l'esclave que le premier est heureux dans l'absence de travail : il jouit d'un salaire en quelque sorte sans avoir à travailler.

L'esclave, quant à lui est malheureux : il travaille sans être rétribué pour ce qu'il fait et n'a aucune forme de reconnaissance, ce serait donc la pire condition pour l'homme.

Le travail semble alors introduire une forme de servitude dans la vie de l'homme : la vraie vie serait en dehors du travail, et pourtant l'homme sera par sa nature même condamné à travailler.

Est-il donc condamné à être toujours malheureux ? En réalité, il semble que le travail ne soit ni une simple occupation ni une servitude.

Il serait plutôt l'essence de l'homme, lui donnerait sa finalité.

Pour Marx en travaillant l'homme se transforme lui-même.

Tout travail demande un certain nombre de qualités intellectuelles (méthode, anticipation, ingéniosité, etc.), qualités psychologiques (patience, courage, persévérance, etc.), qualités physique (force, endurance, etc.).

Bref, pour pouvoir transformer la nature le travailleur doit en même temps développer en lui un certain nombre de qualités nécessaires au travail ; en transformant la nature le travailleur se transforme lui-même.

Le travailleur, pour être productif dans son travail, doit apprendre à se discipliner, à se maîtriser, à être ordonné, par le travail on apprend à devenir davantage maître de soi-même, en somme plus libre, moins sauvage.

C'est par le travail que l'homme devient homme, il s'humanise, quitte son état de naissance, capricieux, égoïste, pour apprendre à se discipliner, à dompter sa nature sauvage.

En libérant l'homme de ses besoins primaires nécessaires à son bien-être, le travail permet l'accès à la jouissance que procure l'art, la culture.

En transformant la nature, l'homme lui donne la forme de son intériorité et peut ainsi accéder à une certaine reconnaissance.

En créant quelque chose de stable en dehors de lui-même, l'homme peut surmonter son angoisse de la mort.

Enfin, le travail oblige l'homme à s'extérioriser, il rapproche les êtres les uns des autres dans la poursuite d'un but commun : la conscience d'appartenir à une communauté et de participer à son développement, distinguant ainsi l'homme de l'animal. Ainsi, le travail n'est pas qu'une occupation, au sens d'un simple divertissement parmi d'autre parce qu'il est, selon Marx, l'essence de l'homme.

Il est ce par quoi l'homme s'arrache à sa nature immédiate pour développer toutes les dispositions de sa nature.

Le travail est donc essentiel à l'homme, non simplement pour subvenir à ses besoins, ni non plus pour s'enrichir et mieux dominer les autres en société, mais pour devenir homme. Sujet désiré en échange : Y a-t-il des vérités indubitables. »

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