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LE TRAVAIL EST-IL UN BESOIN ?

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Moyen d'humanisation en effet car le travail permet de faire des échanges : échanges de produits, de marchandises, voire même d'idée. Avant l'instauration d'une monnaie, l'échange se faisait sous le nom de « troc ». Cet échange commercial, mas aussi de langues  ou encore de cultures a permis et permet toujours d'unir les hommes entre eux. C'est ce que Platon développe dans le deuxième livre de La République. Et cet apport d'autrui , « d'autres cités » peut être nécessaire pour chacun. Mais au sein même des individus, le travail en tant que besoin n'a pas toujours la même place : en effet, pour les Grecs de l'Antiquité, le travail est le fait même des esclaves.

« LE TRAVAIL EST-IL UN BESOIN ? Il est des paradoxes frappants : chaque jour, depuis maintenant plus de vingt ans, la presse s'interroge quant aux remèdes à apporter au mal du temps : le chômage, pandémie que nul jusqu'ici n'est parvenu à enrayer. Parallèlement, on se réjouit d'arriver peu à peu à une société de loisirs, en d'autres termes à une société où le travail se ferait plus discret.

Etrange contradiction… considérer le chômage comme un problème revient en effet à assimiler le travail à un bienfait… celui-ci n'est-il pas pourtant longtemps apparu comme un élément de souffrance et d'asservissement ? Ce paradoxe met en lumière la complexité des relations de l'homme avec le travail.

Est-ce que l'homme perçoit le travail comme une obligation ? une nécessité ? un besoin ? qu'est-ce qui rend l'homme si dépendant et attaché à son travail ? Pour répondre à ces interrogations, nous tâcherons d'analyser tout d'abord le travail comme un besoin au sens où il permet - ou essaie – de répondre aux attentes de l'homme : besoin d'ordre psychologique mais aussi social, il y a dans le travail, derrière le besoin, l'idée de « désir ». Par ailleurs, en faisant du travail une marque de dépendance, l'homme en fait un besoin : besoin car il permet de combler un manque, permet une rémunération ou une transformation même de l'homme, ou encore besoin car l'homme doit se reconnaître dans son travail pour se sentir libre au risque d'être aliéné. Dans une dernière étude, nous verrons que le travail comme moyen d'humanisation fait de lui encore un besoin : l'échange permet d'unir les hommes d'un côté, mais le travail permet aussi d'exploiter les capacités intellectuelles et artisanales de l'individu d'un autre côté.

Nous rendrons alors compte du travail comme étant un besoin dans la mesure où il se distingue de la notion de plaisir. Le besoin peut s'entendre sous deux sens différents : dans un premier temps les besoins innés ou naturels, mais aussi les besoins acquis ou culturels.

Les premiers sont d'ordre physiologique.

Leur mode de satisfaction est uniforme au sein de l'espèce, et leur assouvissement est nécessaire au maintien de la vie.

L'individu, pour combler ses besoins et survivre dans un milieu qui lui est hostile, ne peut s'y soustraire.

Il doit donc transformer la nature pour répondre à ses besoins d'abord vitaux tels que se nourrir, se loger, se vêtir… La pêche, la chasse et la cueillette ne sont pas suffisantes pour répondre à une population croissante aux besoins de plus en plus importants tandis que la terre nourricière prend le nom de « terre marâtre », comme en témoigne le Discours sur l'Inégalité de Rousseau.

Pour répondre à ses besoins donc, l'homme doit travailler la nature, il l'exploite.

De cette manière, le travail apparaît comme un besoin évident pour l'homme : l'homme a besoin du travail pour survivre ; le travail lui permet de survivre donc en plus de se nourrir et de se vêtir…, le travail se présente aussi comme un besoin. Les besoins acquis ou culturels sont eux d'ordre social, psychologique.

Selon leur mode de satisfaction, ils sont variables selon les individus, selon les cultures.

L'assouvissement n'est alors pars strictement nécessaire.

Alors que certains travaillent pour « survivre », d'autres travaillent pour vivre bien et répondre à des besoins superficiels. Marx, dans l'Introduction à une Critique de l'Economie Politique, explique que « la production ne produit pas seulement un objet pour un sujet, mais un sujet pour un objet ».

De cette manière, derrière le besoin, se profile le désire comme manque dont la radicalité ne saurait se satisfaire d'aucun objet.

Et pour répondre à ses besoins ou même ses désirs, l'homme doit fournir un effort, qu'il soit rémunéré ou non : le besoin n'est pas tant ce qui commande le développement économique - sauf peut-être dans les sociétés primaires-, que son résultat. De là, il semble après cette première étude que le travail soit un besoin au sens où il permet, -ou du moins essaie- de répondre aux attentes de l'homme ; de l'individu en société.

Même, il semblerait que le non-travail soit une source servitude.

Aujourd'hui, il existe un droit de travail.

L'homme de plus en plus, même s'il y a une volonté de diminuer le temps de travail ou de privilégier les loisirs, est dépendant du travail, ce qui en fait un besoin. (Mais ce caractère de besoin que peut avoir le travail n'est-il que l'effet d'une dépendance engendrée par une situation sociale ?). »

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