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Le travail a-t-il une valeur indépendamment de ce qu'il produit ?

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Le travail est la façon dont les hommes produisent de quoi satisfaire leurs besoins. En ce sens le travail doit être considéré comme un simple moyen de transformation de la nature destinée à satisfaire ses besoins vitaux comme le logement, la nourriture, le fait de se vêtir. Il vaut par sa capacité à nous obtenir de quoi nous satisfaire, mais si nous pouvions les obtenir par un autre moyen ue le travail nous le ferions. C'est la preuve que le travail ne pourrait avoir valeur en lui-même, c'est à dire de fin en soi : il se réduit à un moyen nécessaire et pénible qui n'a pas de valeur indépendamment de ce qu'il produit cependant en exploitant la nature par le travail, nous ne faisons pas que transformer la nature, mais nous nous transformons nous-mêmes. Or si cette transformation de soi par soi ne peut advenir par le travail, ne pourrait-on pas alors affirmer que le travail possède une valeur intrinsèque, indépendamment de ce qu'il produit. Nous sommes dès lors confrontés à ce problème : le travail se réduit-il à un moyen pénible de satisfaire nos besoins dont nous nous passerions volontiers si cela était possible ou bien possède t-il une valeur en lui-même indépendamment de toute production  ?  

« Introduction : Le travail est la façon dont les hommes produisent de quoi satisfaire leurs besoins.

En ce sens le travail doit être considéré comme un simple moyen de transformation de la nature destinée à satisfaire ses besoins vitaux comme le logement, la nourriture, le fait de se vêtir.

Il vaut par sa capacité à nous obtenir de quoi nous satisfaire, mais si nous pouvions les obtenir par un autre moyen ue le travail nous le ferions.

C'est la preuve que le travail ne pourrait avoir valeur en lui-même, c'est à dire de fin en soi : il se réduit à un moyen nécessaire et pénible qui n'a pas de valeur indépendamment de ce qu'il produit cependant en exploitant la nature par le travail, nous ne faisons pas que transformer la nature, mais nous nous transformons nous-mêmes.

Or si cette transformation de soi par soi ne peut advenir par le travail, ne pourrait-on pas alors affirmer que le travail possède une valeur intrinsèque, indépendamment de ce qu'il produit.

Nous sommes dès lors confrontés à ce problème : le travail se réduit-il à un moyen pénible de satisfaire nos besoins dont nous nous passerions volontiers si cela était possible ou bien possède t-il une valeur en lui-même indépendamment de toute production ? I la valeur du travail se réduit à ce qu'il produit _ Le travail n'a de valeur qu'à proportion de ce qu'il produit les moyens nécessaires pour satisfaire nos besoins.

Il est un moyen en vue de satisfaire cette fin qui constitue la situation idéale à laquelle aspire l'être humain, c'est-à-dire la satisfaction immédiate de tous ses besoins.

En effet le besoin est la conscience d'un manque provenant de notre condition animale : s'il est un être spirituel, l'homme est également constitué par un corps qui réclame sans cesse de la nourriture, des vêtements, un toit pour s'abriter.

En ce sens le travail ne constitue qu'un moyen pénible de transformation de la nature qui inscrit l'homme dans la nécessité naturelle au même titre que les animaux.

On peut en effet se référer au mythe de la Genèse dans la Bible pour comprendre la malédiction attachée au travail.

Dans la Genèse, c'est parce que Adam et Eve ont commis le péché originel que Dieu les chasse de l'Eden avec pour châtiment respectif le travail et l'enfantement.

Avant de devoir « gagner son pain à la sueur de son front », Adam n'avait pas à travailler car il vivait au sein d'une nature généreuse offrant d'elle-même de quoi satisfaire tous ses besoins.

La satisfaction des besoins n'exigeait pas la médiation pénible du travail qui ne s'est avéré nécessaire que lorsque il fut chassé du paradis. _ Le mot travail provient du mot latin du XIII ème siècle « trepalium » qui désigne à l'origine un instrument de torture.

La pénibilité et la négativité marquée par cette origine étymologique prouve que le travail n'est qu'un pis aller dénué de toute valeur intrinsèque.

Si nous travaillons, c'est que nous y sommes contraints.

Si nous pouvions obtenir de quoi satisfaire nos besoins sans en passer par la médiation du travail, il est évident que nous ne choisirions pas de continuer à souffrir en travaillant.

C'est ce qu'on peut soutenir en se référant à la sixième partie du Discours de la méthode de Descartes.

: si l'homme doit partir à la conquête du monde par le savoir en étant « comme maître et possesseur de la nature », c'est que le programme cartésien a deux finalités : la conservation de la vie par la santé, et une moins grande pénibilité.

En effet ce second objectif consisterait à remplacer une transformation de la nature par les hommes eux-mêmes par des machines.

La technique désigne l'invention de moyens humains permettant d'exploiter plus efficacement la nature que par les forces humaines.

Les machines travailleraient à notre place et nous permettraient d'économiser nos forces.

Ainsi la technique nous sauverait du travail. Cependant en exploitant la nature par le travail, nous ne faisons pas que transformer la nature, mais nous nous transformons nous-mêmes.

Or si cette transformation de soi par soi ne peut advenir par le travail, ne pourrait-on pas alors affirmer que le travail possède une valeur intrinsèque, indépendamment de ce qu'il produit ? II Le travail possède une valeur intrinsèque _ Le travail est une médiation entre nous et la satisfaction de nos besoins.

Or s'il nous semble souvent que nous nous passerions très bien de travailler si nous pouvions obtenir de manière immédiate la satisfaction de nos besoins, nous pourrions alors nous demander de quoi notre vie serait faite .

Ainsi par rapport aux animaux qui ne produisent pas, mais qui se contentent de jouir, les hommes se considèrent parfois comme plus malheureux que les bêtes. L'homme serait le seul animal voué au travail.

Or nous pouvons nous interroger avec Kant dans ses Réflexions sur l'éducation à la page 110 en édition Vrin : « le Ciel n'aurait-il pas plus pris soin de nous avec plus de bienveillance en nous offrant toutes es choses déjà préparées ? » Il nous suffit de nous représenter la situation d'Adam et Eve qui n'auraient pas commis le péché originel et n'auraient pas été chassés du paradis : loin de jouir de la vie, ils n'auraient fait que s'ennuyer.

Or l'ennui est le malheur de ceux qui n'ont rien à faire.

Sans travail, les hommes seraient donc torturés d'ennui.

Ce ne serait ainsi plus le travail qui serait une torture, mais l'ennui et le travail serait le remède certes pénible qui nous sauverait d'un mal plus pénible encore la torture de l'ennui.

Ainsi le travail remplit la vacuité intérieure de l'homme et permet d'oublier sa propre existence en l'occupant à un projet. _ Mais le travail ne se limite pas à un remède au mal, il constitue en lui-même une véritable positivité.

En effet en transformant la nature pour satisfaire nos besoins, nous nous contentons pas de transformer la nature, mais nous nous transformons nous-mêmes.

Le travail nous demande en effet un effort qui ne se réduit pas à l'énergie que nous consacrons à la production d'un bien, mais implique le choix de différer une satisfaction immédiate.

Différer cette satisfaction, nous permet par le travail de prendre conscience de nous-mêmes et de nous humaniser.

C'est ce ue l'on peut soutenir avec Hegel au chapitre Iv de la Phénoménologie de l'esprit à la section « maîtrise et servitude ». Le maître est celui ui ne travaille pas tandis que l'esclave travaille pour produire ce dont le maître a besoin pour se satisfaire; Or nous assistons au renversement de l'aliénation.

Malgré les apparences, c'est le maître qui va se. »

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