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Le travail a-t-il plus de valeur que l'oisiveté ?

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Le travail se définit au sens large comme une activité, une tâche, rémunérée ou non. Or le travail apparaît actuellement comme une valeur sociétale. Le travail en effet paraît assurer non seulement une sécurité matérielle mais aussi psychologique en définissant un lien social. Il permet à l'individu d'obte­nir l'indépendance financière et la reconnaissance sociale par laquelle les autres admettent l'utilité et la valeur de son activité et par conséquent de sa personne. Il lui permet donc de se situer dans la société, et de s'y faire reconnaître comme individu libre, autonome, capable de subvenir à ses besoins. Or l'oisiveté semble être au premier abord le contraire du travail :  une certaine paresse, un repos sans fin. Pourtant, l'oisiveté n'est pas non plus l'absence de toute action si l'on comprend généalogiquement ce terme c'est-à-dire comme negotium ou scholé. Dès lors l'oisiveté n'est pas nécessairement non plus improductif notamment en vue de la gouvernance de la cité donc n'est pas un pur repos si un « parasitisme ». On peut voir alors émerger deux valeurs de l'oisiveté : une conception négative et une autre positive. En ce sens, l'oisiveté pourrait être la mère de tous les vices ou bien une notion complémentaire au travail. De plus force est de constater comme le pose Méda que la valeur du travail est une question a part entière quant sa possible disparition en tant que valeur. C'est pourquoi, à l'aune du développement de nos sociétés notamment, il est pertinent de se demander si le travail a plus de valeur que l'oisiveté.             Il faudra alors déterminer cette possible valeur du travail en comparaison de celle de l'oisiveté (1ère partie), mais s'interroger sur la réalité d'une telle valeur à l'aune du travail et du temps aliénés, posant même la question d'une possibilité effective de l'oisiveté ou la comprenant simplement comme critique sociale (2nd partie) montrant alors qu'une complémentarité est possible entre les deux et recherchant alors les causes de cette glorification du travail (3ème partie).

« Introduction : Le travail se définit au sens large comme une activité, une tâche, rémunérée ou non.

Or le travail apparaît actuellement comme une valeur sociétale.

Le travail en effet paraît assurer non seulement une sécurité matérielle mais aussi psychologique en définissant un lien social.

Il permet à l'individu d'obtenir l'indépendance financière et la reconnaissance sociale par laquelle les autres admettent l'utilité et la valeur de son activité et par conséquent de sa personne.

Il lui permet donc de se situer dans la société, et de s'y faire reconnaître comme individu libre, autonome, capable de subvenir à ses besoins.

Or l'oisiveté semble être au premier abord le contraire du travail : une certaine paresse, un repos sans fin.

Pourtant, l'oisiveté n'est pas non plus l'absence de toute action si l'on comprend généalogiquement ce terme c'est-à-dire comme negotium ou scholé.

Dès lors l'oisiveté n'est pas nécessairement non plus improductif notamment en vue de la gouvernance de la cité donc n'est pas un pur repos si un « parasitisme ».

On peut voir alors émerger deux valeurs de l'oisiveté : une conception négative et une autre positive.

En ce sens, l'oisiveté pourrait être la mère de tous les vices ou bien une notion complémentaire au travail. De plus force est de constater comme le pose Méda que la valeur du travail est une question a part entière quant sa possible disparition en tant que valeur.

C'est pourquoi, à l'aune du développement de nos sociétés notamment, il est pertinent de se demander si le travail a plus de valeur que l'oisiveté. Il faudra alors déterminer cette possible valeur du travail en comparaison de celle de l'oisiveté (1 ère partie), mais s'interroger sur la réalité d'une telle valeur à l'aune du travail et du temps aliénés, posant même la question d'une possibilité effective de l'oisiveté ou la comprenant simplement comme critique sociale (2nd partie) montrant alors qu'une complémentarité est possible entre les deux et recherchant alors les causes de cette glorification du travail (3ème partie). I – Valeur intrinsèque et morale du travail a) Kant dans ses Réflexions sur l'Education nous dit qu'« il est de la plus haute importance que les enfants apprennent à travailler.

L'homme est le seul animal qui doit travailler.

» En effet, le travail définit l'homme : c'est l'obéissance mais aussi la reconnaissance du poids du monde à travers l'effort notamment.

Le travail quant à lui est un concept synthétique liant obéissance et liberté, contrainte et violence.

Le travail apparaît alors chez Kant comme ce qui peut réellement fonder l'éducation.

Le travail ainsi est transformation de la matière.

Mais cette transformation est tant extérieure qu'intérieure, c'est-à-dire que le travail est un travail tant sur la matière extérieure qu'un travail sur soi et c'est en ce sens sans doute que l'on peut parler d'une discipline du travail, donc un rôle éducatif, ce qui en fait sa valeur.

Par la notion de travail, l'éducation, en découvrant son unité, se relie encore une fois intimement à la philosophie de l'histoire.

La grande leçon de l'Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique est que le sens concret de l'homme – ce qui le sépare de tout le reste de la création, est le travail : « Ce devrait être son œuvre propre dit Kant parlant de l'homme, que d'inventer ses moyens d'existence, son habillement, sa sécurité et sa défense extérieure, tous les divertissements qui peuvent rendre la vie agréable, son intelligence, sa sagesse même, et jusqu'à la bonté de son vouloir ». b) Dans le travail, comme formation de l'homme, la raison apparaît historique. Dans le travail aussi, comme formation du monde, l'histoire apparaît rationnelle.

Modifiant le monde, l'homme se modifie aussi lui-même ; il cultive le monde et du même coup se cultive.

La philosophie de l'éducation découvre son principe au plus profond de la pensée de l'histoire : l'homme est œuvre de soi.

Le travail est donc une valeur de moralisation de l'homme : « Il est de la plus haute importance que les enfants apprennent à travailler.

L'homme est le seul animal qui doit travailler.

Il lui d'abord beaucoup de préparation pour en venir à jouir de ce qui est supposé par sa conservation.

La question est de savoir si le Ciel n'aurait pas pris soin de nous avec plus de bienveillance, en nous offrant toutes les choses déjà préparées, et telle sorte que nous ne serions pas obligés de travailler, doit assurément une réponse négative : l'homme, en effet, a besoin d'occupations et mêmes de celles qui impliquent une certaine contraire.

Il est tout aussi faux de s'imaginer que si Adam et Eve étaient demeurés au Paradis, ils n'auraient rien fait d'autres que d'être assis ensemble, chanter des chants pastoraux, et de contempler la beauté de la nature.

L'ennui les eût torturés tous aussi bien que d'autres hommes dans une situation semblable.

L'homme doit être occupé de telle manière qu'il soit rempli par le but qu'il a devant les yeux, si bien qu'il ne sente plus lui-même et que le meilleur repos soir pour lui celui qui suit le travail.

Ainsi l'enfant doit être habitué à travailler ».

(Réflexions sur l'éducation).

Pour Kant, dans ses Réflexions sur l'éducation, le travail n'est pas seulement un devoir moral, une obligation pénible.

Il insiste au contraire sur la dimension positive de cette contrainte.

Elle est un bienfait pour l'Homme : pour l'espèce humaine comme pour chaque individu ; et cela pour trois raisons : dans la perspective d'une philosophie de l'histoire, l'impossibilité de vivre sans travailler apparaît comme le moyen par lequel la Providence assure le développement des facultés humaines.

En ce sens, l'homme est condamner au progrès ; à au progrès qui par le travail développe une discipline qui est donc un facteur de moralisation en tant que travail sur soi.

D'un point de vue métaphysique, le travail est le moyen d'échapper à l'ennui.

Le travail donne donc sens à l'existence humaine.

Dans une perspective anthropologique, le travail est le moyen de mieux jouir de la vie.

En ce sens, si l'oisiveté est le contraire du travail, sa valeur est alors inverse et négative.

Un tel individu agirait non seulement contre lui-même et le devoir qu'il a. »

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