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Le sens de notre existence est-il indéfiniment réinterprétable ?

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Le moi essaye de satisfaire à la fois le ça et le surmoi, c'est-à-dire qu?il essaye de faire en sorte que les désirs profonds soient assouvis, mais sans que cette réalisation ne transgresse les lois humaines. Mais certains désirs que ne peut accepter le surmoi sont chassés de la conscience, ce que montre par exemple le phénomène des rêves. Dans L?interprétation des rêves, Freud explique en effet que dans le rêve, des désirs inconscients sont réalisés symboliquement (par exemple je déteste sans le savoir une personne donnée, et je rêve que je la tue). Or une bonne partie de nos comportements est guidée par ces désirs inconscients dont nous ne prenons conscience que peu à peu, par l?interprétation de nos propres conduites ou de nos rêves. Dans Introduction à la psychanalyse, Freud explique qu?interpréter une conduite, c?est trouver le sens caché qui la motive, c'est-à-dire l?intention à laquelle elle sert, et la place qu?elle occupe dans la série psychique (par exemple si j?ai été agressif à tel moment, face à telle personne, c?est peut être parce que cette personne me rappelle mon père et a déclenché en moi un besoin de révolte face à l?image paternelle). Dans cette mesure le sens de notre existence est bien indéfiniment réinterprétable, car nous ne finissons jamais d?interpréter les motifs inconscients qui guident notre conduite.       III. le sens de notre existence est indéfiniment réinterprétable, car le sens du passé n?est compréhensible qu?à partir du sens que nous donnons à l?avenir               Le problème que pose la conception freudienne, est qu?elle semble faire de l?homme un pantin entièrement déterminé par son inconscient. Or l?existence humaine semble bien se caractériser d?abord par la liberté essentielle de l?homme. On peut même penser que c?est au fond cette liberté essentielle, et non le déterminisme psychique (Freud) qui rend le sens de l?existence indéfiniment réinterprétable.

« Réinterpréter c'est élaborer une nouvelle interprétation qui vient en remplacer une plus ancienne.

Si cette nouvelle interprétation est préférée, c'est 1) soit parce que l'on juge que l'ancienne était fausse (par exemple interpréter les cultures dites primitives comme moins développées que les nôtres est aujourd'hui reconnu comme faux, car l'ethnologie a montré que ces cultures sont simplement différentes), 2) soit parce que l'évolution du cours des choses fait que ce qui était vrai à un moment donné a cessé de l'être (par exemple il était vrai qu'un homme voulait être docteur quand il avait 5 ans, mais il ne veut plus l'être à 20 et il est devenu faux de le soutenir).

Si l'on pense que l'homme a une nature définie, on peut penser que le sens de son existence découle de cette nature, et qu'il n'est donc pas indéfiniment réinterprétable (au sens 1).

Mais on remarque aussi que les hommes ont la capacité d'évoluer, de changer au cours de leur existence, et l'on peut donc penser que le sens qu'ils donnent eux-mêmes à leur existence évolue également.

Dans cette perspective (au sens 2) on peut penser que le sens de l'existence est indéfiniment réinterprétable. I.

Le sens profond de notre existence dépend de ce qui nous constitue de façon essentielle, il n'est donc pas indéfiniment réinterprétable Lorsque l'on parle de l'existence d'un être humain, on remarque immédiatement qu'elle se démarque de celle des autres animaux, car l'homme est un être rationnel, qui a la capacité de raisonner sur le vrai et le faux, et d'en débattre avec ses semblables, à travers le langage.

Dès lors ne peut-on pas penser que le sens de l'existence humaine est largement déterminé par l'essence de l'homme.

C'est ce que pense Aristote dans l'Ethique à Nicomaque.

Le sens de l'existence d'un homme dit Aristote, c'est le bonheur, parce que le bonheur est la seule fin humaine que l'on cherche à réaliser pour elle-même (on peut vouloir s'enrichir, mais ce sera toujours pour devenir heureux, donc pour atteindre le bonheur).

Or le bonheur de l'homme est selon Aristote déterminé par son essence.

Puisque l'homme est un être rationnel, le bonheur consistera à vivre selon la partie qui caractérise l'homme en propre, la raison (la partie rationnelle de son âme).

Dans cette perspective, le sens de notre existence n'est pas indéfiniment réinterprétable, il est donné une fois pour toutes : il s'agit d'essayer d'être heureux, et de l'être à la manière proprement humaine, c'est-à-dire en vivant conformément à la raison. II.

Le sens de notre existence est indéfiniment réinterprétable, car nous ne cessons de découvrir les motivations profondes de nos actions La conception aristotélicien du sens de l'existence humaine repose sur le présupposé que l'homme se définit en définitive par sa rationalité (puisque de tous les animaux seul l'homme a la raison).

Or on peut mettre ce présupposé en question.

En effet la raison relève de la sphère de la vie consciente, or Freud explique que la conscience n'est qu'une partie du psychisme humain, qui est composé du ça, du moi, et du surmoi.

Le ça correspond à l'activité inconsciente et pulsionnelle du sujet (c'est-à-dire l'ensemble des désirs dont on n'a pas conscience).

Le surmoi c'est l'ensemble des interdits sociaux (ne pas tuer, ne pas voler).

Le moi essaye de satisfaire à la fois le ça et le surmoi, c'est-à-dire qu'il essaye de faire en sorte que les désirs profonds soient assouvis, mais sans que cette réalisation ne transgresse les lois humaines.

Mais certains désirs que ne peut accepter le surmoi sont chassés de la conscience, ce que montre par exemple le phénomène des rêves.

Dans L'interprétation des rêves, Freud explique en effet que dans le rêve, des désirs inconscients sont réalisés symboliquement (par exemple je déteste sans le savoir une personne donnée, et je rêve que je la tue).

Or une bonne partie de nos comportements est guidée par ces désirs inconscients dont nous ne prenons conscience que peu à peu, par l'interprétation de nos propres conduites ou de nos rêves.

Dans Introduction à la psychanalyse, Freud explique qu'interpréter une conduite, c'est trouver le sens caché qui la motive, c'est-à-dire l'intention à laquelle elle sert, et la place qu'elle occupe dans la série psychique (par exemple si j'ai été agressif à tel moment, face à telle personne, c'est peut être parce que cette personne me rappelle mon père et a déclenché en moi un besoin de révolte face à l'image paternelle).

Dans cette mesure le sens de notre existence est bien indéfiniment réinterprétable, car nous ne finissons jamais d'interpréter les motifs inconscients qui guident notre conduite. III.

le sens de notre existence est indéfiniment réinterprétable, car le sens du passé n'est compréhensible qu'à partir du sens que nous donnons à l'avenir Le problème que pose la conception freudienne, est qu'elle semble faire de l'homme un pantin entièrement déterminé par son inconscient.

Or l'existence humaine semble bien se caractériser d'abord par la liberté essentielle de l'homme.

On peut même penser que c'est au fond cette liberté essentielle, et non le déterminisme psychique (Freud) qui rend le sens de l'existence indéfiniment réinterprétable.

En effet dans L'Etre et le néant, Sartre explique que si l'on peut envisager que toute chose créée a pu l'être à partir d'une essence qui lui préexiste (comme un menuisier façonne une chaise à partir d'un concept de chaise préexistant), l'homme, parce qu'il se définit par une liberté radicale, est cet être pour qui l'existence précède l'essence (c'est-à-dire pour qui aucun concept ne préexiste à son existence comme il l'invente à chaque instant).

Ce qui définit le sens de l'existence humaine, c'est alors ce que Sartre appelle le projet de chaque homme, c'est-à-dire ce qu'il veut faire de sa vie.

Et c'est à partir de ce projet tourné vers l'avenir que le passé même d'une être humain prend sens.

Par exemple avoir raté le baccalauréat est un échec pour un homme qui veut devenir médecin, mais si cette homme évolue et veut devenir menuisier, ce ne sera plus un échec, parce que l'on na pas besoin du baccalauréat pour devenir menuisier.

On comprend donc que le sens de notre existence peut être intégralement réinterprétable, et ce de façon indéfinie, parce que ce sens dépend de notre projet existentiel, et que ce projet lui-même évolue en permanence. Conclusion Si le sens de notre existence peut sembler ne pas être réinterprétable indéfiniment dans ses grandes lignes, c'est parce que le fait même d'être un homme peut paraître suffire pour donner d'emblée un sens à notre existence (celui de réaliser notre essence d'homme justement).

Mais une telle conception manque la complexité du psychisme humain, qui se déroule aussi sur un plan inconscient, dont le sens ne nous est pas d'emblée donné, mais doit faire l'objet d'une interprétation permanente.

Pourtant ce qui fait que l'existence humaine est réinterprétable indéfiniment, c'est surtout le fait que l'homme est un être libre, qui ne cesse d'inventer en permanence ce qu'il est, en donnant un sens nouveau à sa vie.

Ce sens doit donc être réinterprété sans cesse.. »

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