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Le sens de la justice se fonde-t-il sur des idées ?

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Il y a un autre type de justice, la justice commutative qui consiste en la rectitude d'une égalité arithmétique devant la loi appliquée aux personnes et aux biens. Cette justice doit s'appliquer aux échanges. On voit que la notion de justice s'élabore selon de modèles d'égalité mathématique, de façon purement rationnelle donc. Avec Platon, on peut dire que le sens de la justice dérive la connaissance du bien. Pour Platon, le bien est une idée et rappelons qu'il ne considère pas les idées comme des représentations mais comme les causes de la réalité. L'idée de bien n'est donc pas une valeur relative mais une idée existant en soi et par soi qui fonde la possibilité de toutes les valeurs, c'est en connaissant cette idée que l'homme peut réaliser une cité juste. Transition: Le sens de la justice est fondé sur des idées qui formalisent une juste répartition des biens, mais si la cause en en est une idée au sens platonicien que l'on ne rencontre que dans une certaine expérience, ce n'est pas une idée au sens moderne de représentation abstraite. Il faut donc parler de l'expérience concrète de la justice en tant qu'elle est vécue dans un sentiment. II : Fondement affectif du sens de la justice Le sens de la justice est avant tout enraciné dans les sentiments. L'envie de justice naît de l'expérience de l'injustice dans laquelle l'homme subit un mal qu'il n'a pas mérité.

« Le sens de la justice se fonde-t-il sur des idées? Introduction : La justice désigne à la fois l'institution du droit et à la fois une reconnaissance d'autrui en sa personne, un respect qui se manifeste par un comportement approprié à chacun, qui rend à chacun ce qui lui est du, du point de vue matériel comme du point de vue moral. L'expression « sens de la justice » désigne deux choses: tout d'abord une capacité à entrer en rapport avec la justice comme les sens nous permettent de rentrer en contact avec les objets.

Ce serait donc une capacité innée ou acquise, mais sur quoi se fonderait elle? Le sens de la vue par exemple se fonde sur les organes de la vision, mais sur quoi se fonde le sens de la justice? C'est la question de la nature du sens de la justice.

Est elle une idée, c'est à dire un ensemble de concepts rationnels, ou plutôt un instinct mis en nous par la sélection naturelle? D'autre part, l'expression « sens de la justice » peut désigner l'effectuation de cette faculté, c'est à dire la capacité à faire la justice, à la reconnaître, à mener une vie juste.

Est ce que dans la pratique, on reconnaît la justice grâce à des idées ou grâce à une évaluation immédiate, intuitive? Problématique : Le sens de la justice est il rationnel ou instinctif? I : La justice est une exigence de la raison 1.

Le sens de la justice manifeste la raison humaine.

C'est en effet le propre de l'homme en tant qu'animal doué de raison de penser ses rapports avec ses semblables selon la justice.

En effet, tandis que les sociétés animales sont seulement régulées par l'instinct, les sociétés humaines peuvent aussi être organisées par la raison.

La justice est le rapport rationnel de l'individu et de la société.

On peut dire que le sens de la justice vient de la faculté rationnelle de l'homme, c'est à dire de la raison, faculté des idées. 2.

Aristote distingue deux grands types de justice.

Il y a une justice qui prend en compte la statut social des individus, c'est la justice distributive, elle est sur le modèle de l'égalité géométrique, pas une égalité stricte mais elle est équitable.

Pour Aristote, c'est ce type de justice qui doit être appliquée dans la répartition des distinctions et des honneurs.

Il y a un autre type d e justice, la justice commutative qui consiste en la rectitude d'une égalité arithmétique devant la loi appliquée aux personnes et aux biens.

Cette justice doit s'appliquer aux échanges.

O n voit que la notion d e justice s'élabore selon d e modèles d'égalité mathématique, d e façon purement rationnelle donc. 3.

Avec Platon, on peut dire que le sens de la justice dérive la connaissance du bien.

Pour Platon, le bien est une idée et rappelons qu'il ne considère pas les idées comme des représentations mais comme les causes de la réalité.

L'idée de bien n'est donc pas une valeur relative mais une idée existant en soi et par soi qui fonde la possibilité de toutes les valeurs, c'est en connaissant cette idée que l'homme peut réaliser une cité juste. Transition: Le sens de la justice est fondé sur des idées qui formalisent une juste répartition des biens, mais si la cause en en est une idée au sens platonicien que l'on ne rencontre que dans une certaine expérience, ce n'est pas une idée au sens moderne de représentation abstraite.

Il faut donc parler de l'expérience concrète de la justice en tant qu'elle est vécue dans un sentiment. II : Fondement affectif du sens de la justice 1.

Le sens de la justice est avant tout enraciné dans les sentiments.

L'envie de justice naît de l'expérience de l'injustice dans laquelle l'homme subit un mal qu'il n'a pas mérité.

Le sens d e la justice naîtrait d e l'indignation devant un mal, pour devenir ensuite l'indignation devant le mal en général. 2.

L'enjeu de la justice est la reconnaissance d e la personne, le fondement du sens de la justice serait donc la reconnaissance.

La reconnaissance est un concept de Hegel qui désigne le processus par lequel les consciences se reconnaissent dans leur dignité de consciences libres.

La justice est fondée sur une exigence de reconnaissance de l'homme en sa personne, le sens de la justice peut donc être considéré comme partant de la reconnaissance.

Hegel illustre par exemple la dialectique de la reconnaissance par le célèbre passage du maître et de l'esclave: l'esclave assouvit le désir du maître et pour ce faire, il répudie le sien et travail, mais cela coupe le maître du monde et l'esclave acquiert des compétences qui l'élèvent au dessus du maître, cette supériorité est reconnue lorsqu'il renverse le maître. 3.

On peut voir un fondement biologique au sens d e la justice, l'homme ne pouvant survivre sans se réunir en société, la sélection naturelle recrute les traits qui forment un instinct social.

Il y aurait en l'homme un instinct qui le pousse vers le bien de son espèce et qu'il exprimerait à travers l'idée de justice. Transition : La justice n'est donc pas simplement une idée abstraite, elle vient d'une expérience négative de l'injustice qui fait naître un désir de reconnaissance et d'un sentiment positif déterminé par l'instinct.

Maintenant voyons comment ce sens de la justice s'effectue en tant que savoir faire pratique. III : Le sens pratique de la justice 1.

Le travail des juges suppose un certain sens de la justice, il ne consiste pas seulement à rapporter un cas particulier à une règle générale, chaque cas est singulier.

Il doit donc évaluer en tenant en compte de nombreux paramètres qui ne peuvent pas tous être rapportés à des normes et cependant rester impartial.

Cela suppose un savoir faire pratique du genre de celui que nous appliquons quand nous cherchons à être juste et que nous devons évaluer nous mêmes la justice dans la situation. 2.

Le sens de la justice commence là où s'arrêtent les normes, mais il n'est pas un simple sentiment puisqu'il cherche un jugement impartial.

Il repose donc sur le débat d'idées qui cherche à atteindre la solution la plus juste pour un problème donné, en examinant à fond les solutions possibles. 3.

Le sens de la justice peut aussi être entendu dans le sens antique d'une éthique qui cherche le comportement le plus apte à mettre sur la voie de la justice.

Comme nous l'avons vu avec Platon, c'est la connaissance du bien qui met l'homme dans le sens de la justice. Conclusion: Le sens de la justice nous semble provenir d'un sentiment, mais ce sentiment ne déboucherait jamais sur la justice sans être éclairé par la lumière d'une idée.

Nous dirons donc que le sens de la justice se fonde sur des idées.. »

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