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LE SENS (cours de philosophie)

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Le problème du sens, sur lequel insiste la philosophie contemporaine, est essentiel à toute philosophie, s'il est vrai que toutes les questions philosophiques se ramènent, directement ou indirectement, à celle du sens de la vie humaine.

  • I. DÉFINITIONS

- A - Différents sens du mot sens.

Le mot sens présente des acceptions diverses que l'on peut ranger en trois grands groupes :

1) l'idée première est celle de sentir (sensation, sentiment,

etc . . .) à laquelle se rattachent les expressions qui font du sens une manière de penser ou de juger (le bon sens, le sens moral, un homme sensé, etc . . .) ;

 

2) l'homme sensé est un homme dont les discours et les actions ont un sens, c'est-à-dire une signification positive (quel est le sens de ? = que veut dire ?);

3) les signes dont on comprend le sens orientent notre pensée ou notre action (cf. l'expression: aller dans le sens de quelqu'un) à la manière de la flèche qui indique un sens unique.

- B - Le non sens.

L'expression «sens dessus dessous» fait une sorte de synthèse de ces différentes acceptions, puisqu'elle indique une mauvaise organisation spatiale qui est dépourvue de signification et choque le bon sens. L'essentiel, ce serait donc l'idée de signification et même de signification correcte: le faux sens, le contresens, le non sens, dans une traduction, sont autant d'erreurs. Toutefois, en philosophie, le non sens pose un problème particulier. Il est, en effet, facile de concevoir et même d'expliquer qu'on se trompe plus ou moins sur le sens, mais peut-on admettre l'absence de sens? L'homme ne serait-il pas nécessairement désorienté (ne sachant dans quel sens aller) s'il se trouvait dans un monde dépourvu de sens (sans signification)?

« Le problème du sens, sur lequel insiste la philosophie contemporaine, est essentiel à toute philosophie, s'il est vrai que toutes les questions philosophiques se ramènent, directement ou indirectement, à celle du sens de la vie humaine. I.

DÉFINITIONS - A - Différents sens du mot sens. Le mot sens présente des acceptions diverses que l'on peut ranger en trois grands groupes : 1) l'idée première est celle de sentir (sensation, sentiment, etc .

.

.) à laquelle se rattachent les expressions qui font du sens une manière de penser ou de juger (le bon sens, le sens moral, un homme sensé, etc .

.

.) ; 2) l'homme sensé est un homme dont les discours et les actions ont un sens, c'est-à-dire une signification positive (quel est le sens de ? = que veut dire ?); 3) les signes dont on comprend le sens orientent notre pensée ou notre action (cf.

l'expression: aller dans le sens de quelqu'un) à la manière de la flèche qui indique un sens unique. - B - Le non sens. L'expression «sens dessus dessous» fait une sorte de synthèse de ces différentes acceptions, puisqu'elle indique une mauvaise organisation spatiale qui est dépourvue de signification et choque le bon sens.

L'essentiel, ce serait donc l'idée de signification et même de signification correcte: le faux sens, le contresens, le non sens, dans une traduction, sont autant d'erreurs.

Toutefois, en philosophie, le non sens pose un problème particulier.

Il est, en effet, facile de concevoir et même d'expliquer qu'on se trompe plus ou moins sur le sens, mais peut-on admettre l'absence de sens? L'homme ne serait-il pas nécessairement désorienté (ne sachant dans quel sens aller) s'il se trouvait dans un monde dépourvu de sens (sans signification)? - C - L'homme à la recherche du sens. Il est certain que l'homme, être sensé, cherche à donner un sens à toute chose.

Dans le monde humain où il fait ses premières expériences, tout a un sens, puisque tout est fait par l'homme en vue de certaines fins, et il est normal que nous commencions par concevoir le monde sur ce modèle et que nous cherchions la signification de tout: c'est l'état théologico-métaphysique dont parle Comte et la philosophie renonce difficilement à cette vision d'un univers plein de sens. Comte lui-même ne se satisfait pas de la «synthèse objective»: la loi des trois états et l'ordre des sciences ne prennent tout leur sens que dans la «synthèse subjective», c'est-à-dire lorsqu'on les envisage par rapport à l'Humanité. II.

PROBLÈMES - A - Le sens de l'existence. Comte a bien montré, pourtant, qu'à la question «pourquoi», si naturelle à l'homme, la science ne répondait pas.

Aux yeux de l'entendement, tout ce qui est est par quelque chose et pour rien.

La raison peut bien s'efforcer de donner un sens à l'existence, ses tentatives sont condamnées à l'échec parce qu'elles traduisent des exigences subjectives auxquelles le réel demeure indifférent et n'expriment jamais que des « points de vue ».

On le voit bien, par exemple, avec la théorie biologique de l'évolution : on peut en conclure que l'homme donne un sens à l'histoire des êtres vivants, mais on peut aussi en conclure, avec Nietzsche, que l'homme n'est qu'«un passage et un déclin» et que le sens de l'évolution c'est le Surhumain. - B - Le sens de l'histoire. On peut en dire autant pour l'histoire des hommes eux-mêmes: Comte et Marx parlent tous deux d'un sens de l'histoire, mais ce n'est pas le même.

Et si ce sens n'est pas imposé par quelque Providence, il reste que l'histoire sera ce que les hommes la feront, ce qui ne suffit pas à lui donner un sens.

Car ce que Valéry disait des civilisations (« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles») est peut-être vrai de l'humanité tout entière.

Mais la fin du monde donnerait-elle un sens à son existence ? Rien n'a de sens que pour un être qui sait dans quel sens il marche, et la seule certitude de l'homme, en ce domaine, est qu'il marche à la mort. - C - Le sens de la vie. Faudrait-il donc donner un sens à la mort pour donner un sens à la vie ? C'est revenir toujours à l'état théologicométaphysique.

Il reste à l'esprit positif d'accepter l'existence comme un pur donné qui n'a de sens que par lui et pour lui. L'homme est peut-être, selon le mot de J.-P.

Sartre.

«une passion inutile» (cf.

Camus et le Mythe de Sisyphe).

Même s'il existe une nature humaine qui incline tous les hommes à donner un même sens à l'existence (cf.

la notion de sens commun), c'est à chacun de prendre en charge sa propre destinée et de faire que «l'aventure humaine» (J.

Château) à laquelle il participe ne demeure pas vide de signification.

Comme le disait Platon: «Chacun est responsable de son choix. Dieu n'est pas responsable ». CONCLUSION La fin considérée comme un terme détruit le sens que donne la fin considérée comme un but.

Condamné à mourir, l'homme ne peut ordinairement donner un sens à sa vie qu'en vivant comme s'il était immortel.. »

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