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Le malheur nous donne-t-il le droit d'être injuste ?

Publié le 27/02/2008

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La fondation d?un tel droit semble alors se baser sur la conformité à un autre droit, divin, qui apparaît alors à Antigone plus fondamentale que le droit positif de la cité de Créon. C?est pourquoi un droit à l?injustice semble pouvoir être fondé dans la mesure où les termes de justice et d?injustice apparaissent comme relatifs à la loi à laquelle on se conforme. Le malheur semble alors être le ressort de ce droit à l?injustice, Antigone étant alors comme excusée de son geste injuste envers la législation de Créon par le fait qu?elle soit touchée par le malheur de la mort de son frère. §  Cependant, cette injustice qui semble pouvoir être fondée en droit du fait du malheur semble également ouvrir à la sphère de la vengeance qui pourrait être légitimée par un tel droit d?injustice. Il semble dès lors que chacun pourrait se réclamer d?un droit à l?injustice, dans la mesure où ayant été lésé, il est alors dans le malheur. Ce droit d?injustice, qui semble possible dans un premier temps semble alors devoir être remis en cause par le risque de guerre entre les hommes et le risque d?anarchie. En effet, un tel droit reviendrait alors à la mise en place de la loi du Talion, stipulant le droit de rendre à autrui le malheur et l?injustice qu?il a commis envers nous. Mais n?est-ce pas alors l?abolition de toute loi et de toute justice qui est en jeu ?     Peut-on légitimement faire de l?injustice due au malheur un droit, si cela a pour effet la destruction de tout droit et de toute justice ? Le malheur n?est-il pas un fait personnel qui n?entre pas comme tel dans la sphère du droit ?
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« Peut-on légitimement faire de l'injustice due au malheur un droit, si cela a pour effet la destruction de tout droit etde toute justice ? Le malheur n'est-il pas un fait personnel qui n'entre pas comme tel dans la sphère du droit ? II) Le droit d'injustice du au malheur comme intérêt personnel niant l'intérêt commun de la société politique. § Le droit à l'injustice du au malheur semble alors prendre la forme de la vengeance et comme tel il estlui-même violation du droit : un droit à l'injustice serait alors l'abolition même du droit et l'expression« droit d'injustice » apparaît alors comme étant une contradiction dans les termes.

C'est ce quesemble énoncer Hegel, dans les Principes de la philosophie du droit , où il évoque les peuples non civilisés et les compare aux peuples civilisés qui possèdent une loi et un droit : « Dans cette sphèrede l'immédiateté du droit, la suppression du crime est sous sa forme primitive vengeance.

Selon soncontenu, la vengeance est juste, dans la mesure où elle est la loi du talion.

Mais, selon sa forme, elleest l'action d'une volonté subjective, qui peut placer son infinité dans toute violation de son droit etqui, par suite, n'est juste que d'une manière contingente, de même que, pour autrui, elle n'est qu'unevolonté particulière, la vengeance devient une nouvelle violation du droit: par cette contradiction, elles'engage dans un processus qui se poursuit indéfiniment et se transmet de génération en génération,et cela, sans limite...[...]Addition: Le châtiment prend toujours la forme de la vengeance dans un état de la société, oùn'existent encore ni juges ni lois.

La vengeance reste insuffisante, car elle est l'action d'une volontésubjective et, de ce fait, n'est pas conforme à son contenu.

(…).

C'est pourquoi celui qui a été ainsilésé peut être sans mesure quand il use de représailles, ce qui peut conduire à une nouvelle violationdu droit.

La vengeance est perpétuelle et sans fin chez les peuples non civilisés.

» L'hommemalheureux suite à une injustice ne peut pas lui-même commettre légalement une injustice, dans lamesure où c'est violer la loi en vigueur.

Il ne peut donc pas y avoir de droit d'injustice, l'injusticeétant elle même une négation du droit.

Un tel droit serait le retour à une société sans lois ni justiceoù chacun se fait son propre juge et son propre défenseur.

Le malheur et la volonté d'être injusteenvers autrui du fait de ce malheur sont entièrement subjectifs et individuels et nient par là toutintérêt commun qui est le but de la justice et de la communauté politique qui vise l'exister ensemble.Réclamer un droit d'injustice à cause du malheur qui nous touche, c'est donc faire passer sa proprepersonne avant la communauté à laquelle on appartient.

L'injustice ne peut donc pas être fondée endroit. § Outre l'impossibilité légale et juridique de faire de l'injustice un droit, il apparaît que faire de notremalheur la source d'un prétendu droit d'injustice n'est pas moralement tenable.

En effet, c'est làencore faire de notre faculté inférieure de désirer, source des passions et sentiments purementsubjectifs, le fondement de notre agir.

Or, dans les Fondements de la métaphysique des mœurs , Kant montre que la faculté inférieure de désirer doit se soumettre à la raison pure pratique et à la loimorale qui doit lui dicter sa conduire morale.

Le sujet moral est celui qui se soumet à l'objectivité desmotifs moraux que sont les maximes morales et non à ses mobiles empiriques qui viennent de lafaculté inférieure de désirer et qui font passer les passions subjectives de l'homme avant l'objectivitéet l'universalité de la loi morale.

Aussi la loi morale est-elle raisonnable et légale du point de vue de laraison pratique, là où les mobiles empiriques subjectifs tels que le malheur ne sont pas légitimes dupoint de vue moral, au sens où ils ne sont pas fondés en raison.

Il apparaît donc que tant du point devue légal de la loi juridique que de celui de la loi morale, le malheur ne puisse donner lieu à un droitd'injustice. Plus loin alors, le malheur n'est-il pas ce qui est contraire à la justice au sens de ce qui l'empêche et toute justicene doit-elle pas à l'inverse être liée au bonheur ? III) Le malheur n'est-il pas ce qui empêche la justice, cette dernière devant être coextensive du bonheur : la justice comme condition même du bonheur. § Le malheur semble bien être un obstacle à la justice, au sens où, se fondant sur des principespersonnels voire égoïstes, il induit une réaction toujours renouvelée contre le pouvoir et les lois.

Eneffet, c'est bien le bonheur et le malheur qui sont le ressort du contentement ou non des citoyensface aux lois qui les régissent, et de fait, le malheur semble bien alors aller de paire avec la tentativede contester le pouvoir des lois et du droit.

Le malheur apparaît alors comme un obstacle à la justice,comme ce qui l'empêche de s'épanouir et de se développer.

Comment le malheur pourrait-il alors êtrela source de la revendication d'un droit quelconque s'il est en même temps la source d'unecontestation de tout droit ?. »

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