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Le destin de l'homme est-il de rompre avec son animalité en conservant et en augmentant ses connaissances ?

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L?homme d?alors est certes proche de l?animal, mais il connaît un bonheur que ne restreint ni la société civile, ni l?exercice de son libre arbitre. -          L?homme est alors forcément juste, car dans son c?ur parle sa conscience, cet « instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu » ainsi qu?il l?écrit dans le livre IV de l?Emile. -          Pour ces raisons, on peut affirmer avec Rousseau que le destin de l?homme n?est pas de rompre avec son animalité en conservant et en augmentant ses connaissances, car cet état de fait n?est pas souhaitable, ce n?est pas un bien mais un mal et il aurait mieux fallu que cela n?arrive pas.     Mais c?est aussi une fatalité.   -          Toutefois, Rousseau assure que cette chute malheureuse de l?homme dans l?état social (état où l?homme use de sa raison et perd son animalité de nature) était une fatalité. -          Elle était une fatalité car l?homme se distingue des autres animaux par ce qu?il appelle la « perfectibilité ». La perfectibilité désigne une aptitude de l?homme à développer, en fonction des circonstances, les facultés proprement dites (imagination, sensibilité active, raison) que sa nature ne contient d?abord qu?au titre de pures virtualités : on peut donc la définir comme une « faculté qui, à l?aide des circonstances, développe successivement toutes les autres, et réside parmi nous tant dans l?espèce, que dans l?individu, au lieu qu?un animal est, au bout de quelques mois, ce qu?il sera toute sa vie, et son espèce, au bout de mille ans, ce qu?elle était la première année de ces milles ans » (Rousseau, Discours sur l?origine et les fondements de l?inégalité parmi les hommes, première partie) -          En effet pour Rousseau, l?homme est un être doué de liberté, ce qui signifie qu?il est capable d?échapper au diktat de l?instinct naturel et de se perfectionner : « la nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l?homme concourt aux siennes en qualité d?agent libre. » (Rousseau, Discours sur l?origine et les fondements de l?inégalité parmi les hommes) -          Pour cette raison, il était fatal que l?homme, tôt ou tard, échappe à l?emprise de la nature et se perfectionne dans ce sens. -          En ce sens là, on peut donc dire que le destin de l?homme est bien de rompre avec son animalité en conservant et en augmentant ses connaissances.     Le destin de l?homme n?est cependant pas encore accompli.

« Analyse du sujet : - - - L'hypothèse du destin implique deux idées : celle de nécessité et celle de but. Celle de nécessité car le destin est, à strictement parler, une fatalité qui s'abat sur l'homme quoi qu'il fasse. Celle de but parce qu'on attache aussi à l'idée de destin l'idée de finalité, comme si notre destin devait être notre dessein.

En effet, le destin, c'est ce à quoi nous sommes destinés.

Ainsi dit-on qu'il y a ceux qui « accomplissent » leur destin, et ceux qui le « manquent.

» Dans ce second sens, l'idée de destin rime avec celle de bien, car le bien, c'est ce qui est désirable, et qu'est-ce qui pourrait être plus désirable que ce à quoi nous sommes destinés ? On a en tout cas tendance à considérer que le destin de l'homme serait de rompre avec son animalité, sous prétexte qu'il serait un être de raison capable de s'extirper du déterminisme sensible, alors que l'animal ne serait qu'un être instinctuel. On peut cependant se demander si cette raison est véritablement un bien pour l'homme : ne serait-ce pas manquer son destin que de devenir un être dépourvu de toute animalité ? Problématisation : Répondre par l'affirmative à la question posée par le sujet poserait problème, car si tel était vraiment le cas, il faudrait rendre compte du fait que cohabitent chez certains hommes la bestialité et la connaissance.

Ce faisant, donner une réponse négative soulève d'autres questions, car il nous faudrait alors trouver un autre destin à l'homme, mais quel autre destin semble plus probable que celui proposé par le sujet ? Peut-on imaginer vocation plus providentielle pour l'homme que celle-ci ? Proposition de plan : 1.

L'homme est voué au savoir. - D'après Aristote, « l'intellect est la meilleure partie de nous-mêmes », ainsi qu'il l'écrit dans le chapitre 7 du livre X de l'Ethique à Nicomaque.

Or, il se trouve que l'activité privilégiée de l'intellect est la science. Comme l'excellence de l'homme passe par l'accomplissement le plus parfait de ses capacités, et notamment de sa capacité la plus haute, son excellence passe par la culture de son intellect. Dès lors, conserver et augmenter ses connaissances ne constitueraient pas seulement un désir désincarné, mais également une vertu vers laquelle la nature nous pousse. D'où l'affirmation d'Aristote selon laquelle « tous les hommes désirent naturellement savoir.

» (Métaphysique, A, 1, 980a) Le fait que cela soit naturel implique pour Aristote que telle est la vocation que la nature a choisie pour l'homme. On peut donc affirmer que tel est son destin. D'autre part, ce qui distingue l'homme du reste des animaux est le fait que « l'homme est un animal rationnel » (Aristote, Politiques, I, 2, 1253a). En conséquence, on pourrait en déduire que cultiver son intellect, c'est pour l'homme dépasser son animalité. C'est pourquoi on peut affirmer le destin de l'homme est de rompre avec son animalité en conservant et en augmentant ses connaissances. 2.

Cette vocation est une déchéance. - Cependant, ne pourrait-on considérer que le progrès de la raison est pour l'homme une catastrophe ?. »

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