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Le but de la science est-il la réussite technique ?

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« Introduction : La science est de manière général l'ensemble des savoirs. Elle regroupe les sciences pratiques et théoriques etc. La technique peut se définir comme usage ou l'emploi d'une habileté particulière : d'un certain art de faire en vue de produire quelque chose de façon plus efficace et plus rapide. En ce sens, la notion de technique a principalement un aspect économique : économie de temps, de moyens etc. La technique est effectivement l'ensemble des procédés ou méthodes d'un art, d'une activité ; mais aussi l'ensemble des applications de la science dans le domaine de la production. On peut donc dégager deux compréhensions globales de ce qu'est la technique : soit un savoir-faire, une habilité soit une application de la science. Or c'est bien cette dernière acception qui nous intéresse ici. La question est donc de savoir si la science a pour but principal la technique c'est-à-dire le développement des moyens de contrôler la nature et d'assouvir nos besoins. Si la science se comprend comme la tentative pour l'homme de contrôler la nature alors on peut dire que la technique est essentielle (1 ère partie), néanmoins n'y a-t-il pas un risque d'aliéner la science à la technique si cette dernière devient son but ultime (2 nd partie), bien plus n'est-ce pas condamner la science à servir l'esprit d'utilité et réduire à néant de nombreuses sciences (3ème partie). I – La science comme moyen a) Si la science a pour but le développement technique c'est bien parce que la science est le moyen pour nous de produire la technique qui nous permettra d'assurer la satisfaction de nos besoins. Ainsi, le but de la science est bien la technique qui est ce par quoi la nature peut être tournée en notre faveur. C'est pourquoi, à la manière de Descartes dans le Discours de la méthode, « il faut se rendre comme maître et possesseur de la nature » : « elles m'ont fait voir qu'il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie ; et qu'au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices, qui feraient qu'on jouirait sans aucune peine des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s'y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ; car même l'esprit dépend si fort du tempérament et de la disposition des organes du corps, que, s'il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont été jusque ici, je crois que c'est dans la médecine qu'on doit le chercher ». b) Or selon la formule de Bacon dans le Novum organum lorsqu'il dit qu'il faut « vaincre la nature » on peut comprendre que nous devons utiliser les moyens que nous offre la science pour produire les techniques nécessaires à la contrôler. Ainsi, « L'homme, interprète et ministre de la nature, n'étend ses connaissances et son action qu'à mesure qu'il découvre l'ordre naturel des choses, soit par l'observation, soit par la réflexion ; il ne sait et ne peut rien de plus. La main seule et l'entendement abandonné à lui-même n'ont qu'un pouvoir très-limité ; ce sont les instruments, et les autres genres de secours qui font presque tout, secours et instruments non moins nécessaires à l'esprit qu'à la main ; et de même que les instruments de la main excitent ou règlent son mouvement, les instruments de l'esprit l'aident à saisir la vérité ou à éviter l'erreur. La science et la puissance humaine se correspondent dans tous les points et vont au même but ; c'est l'ignorance où nous sommes de la cause qui nous prive de l'effet ; car on ne peut vaincre la nature qu'en lui obéissant ; et ce qui était principe, effet ou cause dans la théorie, devient règle, but ou moyen dans la pratique ». Le lien science – technique est alors indéfectible. Ils se fécondent l'un l'autre. c) Dès lors, si l'homme développe la science et la technique afin de satisfaire ses besoins alors on peut dire que l'homme se manifeste effectivement par sa faculté de conception, de production notamment d'outil alors il faut remarquer avec Bergson dans l'Evolution créatrice que l'homme n'est pas tant « homo sapiens » qu'« homo faber », c'est-à-dire producteur d'outils extérieurs qui sont comme des appendices de son être ; tant en remarque que le premier outil de l'homme est bien sa main même. La technique est la manifestation de l'intelligence or cette dernière a pour but premier, au sein d'une théorie de l'évolution, de maintenir en vie l'espèce c'est pourquoi par la technique elle assure la subsistance fondamentale aux individus de cette espèce et lui ouvre différentes perspective, creusant de nouveaux sillons pour l'élan vital. Transition : Ainsi la science a bien pour objectif d'avoir une implication technique c'est-à-dire de passer de la théorie à la pratique et ainsi de montrer la valeur de la science, ou si l'on peut dire prouver son utilité. Pourtant ne serait pas alors renverser le rapport technique – science ? II – Le risque d'une techno-science a) En effet, faire de la technique dans son développement le but de la recherche scientifique c'est risquer de renverser le rapport entre la science et la technique. Si l'on doit rechercher si des implications pratiques peuvent être produites à partir des connaissances de la science. Faire de la réussite technique le but de la science se serait condamner la science à ne viser que l'utile économiquement ce qui aboutirait à l'abandon de nombreuses sciences. Et c'est ce que l'on pourrait voir sous le nom de techno-science. Hottois définit dans Philosophies des sciences, »

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