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Le bonheur est-il dans le travail pour tous ?

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Le bonheur est-il dans le travail pour tous ?

Nous n’avons pas coutume de dire qu’un fleuve qui charrie des cailloux ou qu’un castor qui construit un barrage travaille au sens propre du terme. Seul l’homme semble travailler, et le travail se présente en ce sens comme une activité spécifiquement humaine. Si l’être humain est un homo faber, c’est-à-dire un être qui se caractérise par son activité de fabrication, le travail est-il essentiel à son bonheur ? Dans nos sociétés, le chômage est source de dépression et de mal-être, et il détériore également les conditions de vie. Mais si l’on pouvait vivre sans travailler, le travail serait il encore indispensable à notre bonheur ? Pour répondre à la question « Le bonheur est-il dans le travail pour tous ? », il s’agit de comprendre le rôle du travail dans notre bien-être et celui de la société.

« Introduction : Nous n'avons pas coutume de dire qu'un fleuve qui charrie des cailloux ou qu'un castor qui construit un barrage travaille au sens propre du terme.

Seul l'homme semble travailler, et le travail se présente en ce sens comme une activité spécifiquement humaine.

Si l'être humain est un homo faber, c'est-à-dire un être qui se caractérise par son activité de fabrication, le travail est-il essentiel à son bonheur ? Dans nos sociétés, le chômage est source de dépression et de mal-être, et il détériore également les conditions de vie.

Mais si l'on pouvait vivre sans travailler, le travail serait il encore indispensable à notre bonheur ? Pour répondre à la question « Le bonheur est-il dans le travail pour tous ? », il s'agit de comprendre le rôle du travail dans notre bien-être et celui de la société. 1ère partie : Tous le monde ne trouve pas de bonheur à travailler. - Etymologiquement, travailler vient de « tripaliare », torturer : le travail est donc une tâche douloureuse, qui nous est imposée et qui nous conduit plus au mal-être qu'au bonheur.

Dans le film documentaire Chronique d'un été de Jean Rouch, tous les personnages interrogés associent le travail à la souffrance, au malheur, et affirme que le bonheur ne se trouve pas dans le travail. - Souvent, l'homme ne n'aime pas travailler, mais il est obligé de travailler pour satisfaire ces besoins vitaux.

Le travail représente un « asservissement à la nécessité » : l'homme est dépourvu de tout à l'état naturel et doit produire ses conditions d'existence, trouver les moyens de ses nourrir, de se protéger, etc.

Il est donc soumis à des impératifs biologiques auxquels il ne peut se soustraire, et qui se transforme en nécessité sociale, tout aussi asservissante et nécessaire. - Il est vrai que certains aiment leur travail, et s'épanouissent même dans leur activité professionnelle.

Cependant, tous les métiers ne sont pas satisfaisants, et parler de « travail pour tous » implique que dans tous les travaux impartis, certains soient pénibles, ingrats, et ne rendent pas heureux.

Platon explique en effet dans la République que une société repose sur la division du travail, c'est-à-dire sur une répartition du travail à chacun par spécialité.

Il y a alors une hiérarchie entre ceux qui ont des métiers à responsabilité et ceux qui ont des tâches subalternes.

Le bonheur de la société est peut-être assuré, mais le bonheur individuel dépend du travail particulier que l'on a.

Celui qui est artisan maître d'ouvrage est sans doute heureux de son sort, mais celui qui est éboueur ou fossoyeur ne l'est pas.

Or le travail pour tous, c'est la répartition de toutes les tâches aux individus d'une société. 2ème partie : Le bonheur collectif est dans le travail pour tous. - Si les hommes travaillent, c'est parce qu'ils désirent vivre au-dessus de la condition animale.

Ils ne souhaitent pas seulement survivre et perpétuer l'espèce comme les animaux, qui ne travaillent pas mais satisfont seulement leurs besoins vitaux.

Les êtres humains désirent repousser les limites de leur condition naturelle, et pour cela ils travaillent à transformer la nature, à faire évoluer leurs conditions de vie, en innovant toujours, en créant des outils, en fabriquant des objets qui vont améliorer leur existence.

On travaille donc en vue d'un bien supérieur.

En ce sens, on peut admette que le travail procure le bonheur, car il permet aux hommes de se procurer des richesses. - Non seulement le bonheur est dans le travail pour le confort matériel qu'il apporte, mais encore pour le statut social qu'il offre aux hommes.

En effet, le travail pour tous est le fondement de la société, car c'est parce que chacun a une fonction spécifique qui apporte quelque chose à l'ensemble de la communauté (c'est la division du travail, décrite par Platon dans La République) qu'il y a une cité possible. - Le travail crée donc du lien social, et participe au bien-être des individus, qui ne s'épanouissent qu'en société. Aristote explique ainsi dans Le politique que « l'homme est un animal politique », c'est-à-dire un être sociable, qui ne se construit que par la vie en communauté.

Le travail pour tous dans une société participe donc au bonheur collectif et individuel. - Le travail apporte alors une reconnaissance à l'individu, qui acquiert un statut, et qui est considéré dans la société selon sa fonction.

Le travail plus généralement valorise l'être humain qui peut être fier de pouvoir créer, de pouvoir mettre sa force et son intelligence au service d'une œuvre pour sa propre utilité comme pour l'utilité commune. - Selon Karl Marx le travail résulte d'une représentation « idéale » que l'homme se fait, et qui le conduit à se mettre à l'œuvre.

Le travail est une finalité humaine.

L'homme qui travaille se représente ses fins de manière consciente et réfléchie.

S'il agit sur la nature, c'est de façon délibérée, en soumettant son libre vouloir à un dessein déterminé par lui.

Le travail témoigne donc de l'activité intellectuelle et consciente de l'homme, qui réfléchit à son action. L'homme se distingue de l'animal de nombreuses façons : il est doté d'une conscience, a le sens de la religion, est capable de pensée et de paroles, etc.

Il suffit de considérer qu'il produit ses moyens d'existence pour le différencier radicalement de l'animal.

Produisant ses moyens d'existence, il produit sa vie matérielle.

Le travail est une relation de l'homme à la nature, par rapport à laquelle l'homme joue lui-même le rôle d'une puissance naturelle.

Utilisant son corps pour assimiler des matières, il leur donne une forme utile à sa propre vie.

Et modifiant la nature extérieure, il modifie en retour sa propre nature et développe ses facultés par l'exercice du travail.

Les animaux, eux aussi, "travaillent" lorsqu'ils accomplissent des opérations semblables à celles des artisans : l'araignée tisse sa toile comme un tisserand, et l'abeille confectionne les cellules de sa ruche comme nul architecte ne saurait le faire.

"Mais ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche." Le propre du travail humain est d'être l'aboutissement de ce qui préexistait idéalement en lui.

Le travail n'est pas une simple transformation, un changement de forme dans la matière naturelle, c'est la réalisation d'un but ou d'un projet dont on a préalablement conscience, et qui constitue la loi de l'action à laquelle on subordonne durablement sa volonté.

Tout travail exige un effort, une tension constante de la volonté, d'autant plus que le travail est moins attrayant, et que l'homme ne peut y réaliser ses forces génériques.. »

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